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Titre de l'article

Les espèces envahissantes sont elles les conductrices ou les passagères du changement dans les écosystèmes dégradés ?

Introduction à l'article

Cet article tente de répondre à la question suivante : les espèces envasives doivent elles être considérées comme motrices ou comme passagères des changements d'un écosystème dégradé ? Les auteurs se concentrent sur la notion de dominance qui caractérise entre autre ces espèces. La compréhension des mécanismes intrinsèques à cette domination comporterait, selon eux, des réponses. En effet, les auteurs suggèrent ici que la dominance d'une espèce peut s’effectuer de deux façons : meilleures aptitudes ou absence de concurrence.
Ces deux mécanismes mènent au même succès mais de manière très différente. Tant et si bien que l’espèce envahissante pourrait se trouver être moins actrice que ce que laisse l’entendre son nom. Il se pourrait en effet que ces espèces connaissent une domination qui soit moins imputable à la capacité de compétition mais qui soit davantage liée à d’autres processus faisant d’elles de simple passagères de la dégradation de l’écosystème (e.g : Changement env.).

Expériences de l'article

Les auteurs ont basé leur expérience sur l'idée suivante : si le succès de dominance d'un envahisseur ne se trouve pas être lié à ses meilleures capacités de compétition mais à la disponibilité d'une niche écologique due à une perturbation, son retrait n'aura que peu d'impacts dans le système en question. L'expérience a ainsi consisté ici à observer l'évolution de la communauté végétale après la tonte ou le désherbage et avec un ajout de semence de graminées vivaces dominantes et subordonnées, de deux espèces exotiques dominantes du système que sont Poa pratensis et Dactylis glomerata. Ces observations ont été effectuées dans les savanes d'herbacées du sud-ouest de la Colombie britanique au cours de deux saisons (été ou automne) et dans des conditions de sols peu ou très profonds via diverses mesures comme le pourcentage de couverture, la production de litière végétale, le nombre de fleurs par plant ou encore la richesse spécifique.

Résultats de l'article

Les effets nets de ces espèces dominantes exotiques sont négatifs pour plusieurs variables mesurées ici (production de biomasse etc). Cependant la compétition semble être insuffisante pour justifier la rareté de certaines espèces. Il semble que d’autres processus engageant des contraintes démographiques liées à la rareté (e.g faible nombre de graines) soient davantage des facteurs explicatifs au phénomène. Dans cette expérience, les résultats montrent également que les dominantes exotiques au fort impact concurrentiel ne se distinguent pas, sur le plan morphologique ou fonctionnel, de leurs homologues natifs. Ainsi les herbes dominantes exotiques semblent seulement être passagères de l’évolution du système considéré. Finalement, les graminées exotiques présentes ici auraient même un impact positif sur le fonctionnement de cette savane en supprimant l’invasion de plantes ligneuses qui détruisent cet écosystème et en facilitant la survie des juvéniles après une perturbation modérée.

Ce que cet article apporte au débat

Cet article montre que les fortes capacités à la compétition des espèces exotiques envahissantes ne suffisent pas à expliquer leur dominance. Il met en avant l'opportunisme de ces espèces, qui peuvent assurer des fonctions similaires à celles assurées par des espèces natives sans pour autant, bien que réduisant significativement leur abondance, les exclure complètement du système. Ces informations viennent appuyer l'idée selon laquelle il est important de considérer les espèces exotiques envahissantes au cas par cas et probablement reconsidérer des décisions et méthodes utilisées pour nombre d’entre elles. Car, comme il a été mis en avant dans ce papier, ces espèces ne sont pas nécessairement moteur des dégradation d’un écosystème et leur suppression pourrait bien n’avoir que peu d’impact ou bien même des impacts négatifs indirects pour le système hôte !

Publiée il y a plus de 7 ans par M. Corbin et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Article : ARE INVASIVE SPECIES THE DRIVERS OR PASSENGERS OF CHANGE IN DEGRADED ECOSYSTEMS?
  • 2
  • Auteurs
    Andrew S. MacDougall, Roy Turkington
  • Année de publication
    2005
  • Journal
    ESA
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Few invaded ecosystems are free from habitat loss and disturbance, leading to uncertainty whether dominant invasive species are driving community change or are passengers along for the environmental ride. The ‘‘driver’’ model predicts that invaded communities are highly interactive, with subordinate native species being limited or excluded by competition from the exotic dominants. The ‘‘passenger’’ model predicts that invaded communities are primarily structured by noninteractive factors (environmental change, dispersal limitation) that are less constraining on the exotics, which thus dominate. We tested these alternative hypotheses in an invaded, fragmented, and fire-suppressed oak savanna. We examined the impact of two invasive dominant perennial grasses on community structure using a reduction (mowing of aboveground biomass) and removal (weeding of above- and belowground biomass) experiment conducted at different seasons and soil depths. We examined the relative importance of competition vs. dispersal limitation with experimental seed additions. Competition by the dominants limits the abundance and reproduction of many native and exotic species based on their increased performance with removals and mowing. The treatments resulted in increased light availability and bare soil; soil moisture and N were unaffected. Although competition was limiting for some, 36 of 79 species did not respond to the treatments or declined in the absence of grass cover. Seed additions revealed that some subordinates are dispersal limited; competition alone was insufficient to explain their rarity even though it does exacerbate dispersal inefficiencies by lowering reproduction. While the net effects of the dominants were negative, their presence restricted woody plants, facilitated seedling survival with moderate disturbance (i.e., treatments applied in the fall), or was not the primary limiting factor for the occurrence of some species. Finally, the species most functionally distinct from the dominants (forbs, woody plants) responded most significantly to the treatments. This suggests that relative abundance is determined more by trade-offs relating to environmental conditions (longterm fire suppression) than to traits relating to resource capture (which should most impact functionally similar species). This points toward the passenger model as the underlying cause of exotic dominance, although their combined effects (suppressive and facilitative) on community structure are substantial.

  • Identifiant unique
    10.1890/04-0669
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  • Apparait dans la controverse
    Doit-on lutter contre les espèces exotiques envahissantes  ?
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