The question whether or not “viruses are alive” has caused considerable debate over many years. Yet, the
question is effectively without substance because the answer depends entirely on the definition of life or
the state of “being alive” that is bound to be arbitrary. In contrast, the status of viruses among biological
entities is readily defined within the replicator paradigm. All biological replicators form a continuum
along the selfishness-cooperativity axis, from the completely selfish to fully cooperative forms. Within
this range, typical, lytic viruses represent the selfish extreme whereas temperate viruses and various
mobile elements occupy positions closer to the middle of the range. Selfish replicators not only belong to
the biological realm but are intrinsic to any evolving system of replicators. No such system can evolve
without the emergence of parasites, and moreover, parasites drive the evolution of biological complexity
at multiple levels. The history of life is a story of parasite-host coevolution that includes both the
incessant arms race and various forms of cooperation. All organisms are communities of interacting,
coevolving replicators of different classes. A complete theory of replicator coevolution remains to be
developed, but it appears likely that not only the differentiation between selfish and cooperative rep-
licators but the emergence of the entire range of replication strategies, from selfish to cooperative, is
intrinsic to biological evolution.
Titre de la review
Les virus sont-ils vivant ? Le paradigme du réplicateur éclaire une question ancienne mais trompeuse.
Les virus sont-ils vivant ? Le paradigme du réplicateur éclaire une question ancienne mais trompeuse.
Résumé de la review
Le but de l'article est de mettre fin à la question non productive des virus. En effet, selon les auteurs, savoir si les virus sont vivants ou non implique de définir le vivant. Or cette définition est subjective, et peut donc varier d'un auteur à l'autre. Cela implique par conséquent une pluralité d'hypothèses qui ne peuvent être réfutées car valides dans leur propres paradigmes. L'inconvénient de cette approche est de "paralyser" la recherche, car aucune nouveauté ne peut aboutir.
Pour palier ce problème, les auteurs proposent un nouveau paradigme, celui du réplicateur. La théorie du réplicateur est une théorie proposée initialement par Dawkins en 1976 dans son ouvrage "le gène égoïste".
L'article propose ici une application concrète de cette théorie. Le réplicateur concerne l'information génétique (ARN ou ADN), qui sont des unités partiellement autonomes et distinctes. Le concept est lié à celui du réplicon et du génome.
On peut alors distinguer différents types de réplicateurs, en fonction de la stratégie évolutive choisie. Les auteurs font une première distinction, en utilisant un axe égoïsme-altruisme. Les réplicateurs les plus égoïstes dépendent de formes plus altruistes pour se multiplier. Ils sont alors vus comme des parasites non autonomes. C'est le cas par exemple des virus lytiques, qui se répliquent rapidement, et tuent leur hôte. Les formes les plus altruistes quant à elles, sont aussi les plus autonomes. C'est le cas des cellules, qui peuvent être exploitées par des formes plus égoïstes. Entre ces deux pôles extrêmes, une multitude de formes sont possibles.
Ainsi, en faisant une distinction entre les formes égoïstes ou altruistes, et autonomes ou dépendantes, les auteurs arrivent à mettre en valeur différents groupes. La première figure de l'article met ainsi en évidence un groupe viral, représenté en bleu.
Par la suite, une deuxième distinction est effectuée, entre les éléments mobiles, et les différents types de véhicules possible. Plus un élément est mobile, plus il a facilement accès à des ressources. Ainsi, les éléments les plus égoïstes sont également ceux qui ne sont pas véhiculés, et ont donc besoin des plus altruistes pour l'accès à ces ressources.
Ces deux notions présentées mènent à une compétition entre les deux grands types de formes. On assiste ici à une course à l'armement entre les hôtes et les parasites. Cette course aurait pour origine un monde pré-cellulaire, et mène à la diversité de formes observée actuellement. Ainsi, le paradigme du réplicateur réintroduit pleinement les virus, mais également d'autres formes au sein de la biologie. Il devient alors possible d'étudier l'évolution des virus, non plus parce qu'ils seraient des être vivants, mais parce qu'en étant des réplicateurs, le phénomène d'évolution peut agir. Ainsi soumis à l'évolution, ils subissent donc les mêmes loi de sélection et de variation que d'autres entités biologiques, comme les entités cellulaires.
Le but de l'article est de mettre fin à la question non productive des virus. En effet, selon les auteurs, savoir si les virus sont vivants ou non implique de définir le vivant. Or cette définition est subjective, et peut donc varier d'un auteur à l'autre. Cela implique par conséquent une pluralité d'hypothèses qui ne peuvent être réfutées car valides dans leur propres paradigmes. L'inconvénient de cette approche est de "paralyser" la recherche, car aucune nouveauté ne peut aboutir.
Pour palier ce problème, les auteurs proposent un nouveau paradigme, celui du réplicateur. La théorie du réplicateur est une théorie proposée initialement par Dawkins en 1976 dans son ouvrage "le gène égoïste".
L'article propose ici une application concrète de cette théorie. Le réplicateur concerne l'information génétique (ARN ou ADN), qui sont des unités partiellement autonomes et distinctes. Le concept est lié à celui du réplicon et du génome.
On peut alors distinguer différents types de réplicateurs, en fonction de la stratégie évolutive choisie. Les auteurs font une première distinction, en utilisant un axe égoïsme-altruisme. Les réplicateurs les plus égoïstes dépendent de formes plus altruistes pour se multiplier. Ils sont alors vus comme des parasites non autonomes. C'est le cas par exemple des virus lytiques, qui se répliquent rapidement, et tuent leur hôte. Les formes les plus altruistes quant à elles, sont aussi les plus autonomes. C'est le cas des cellules, qui peuvent être exploitées par des formes plus égoïstes. Entre ces deux pôles extrêmes, une multitude de formes sont possibles.
Ainsi, en faisant une distinction entre les formes égoïstes ou altruistes, et autonomes ou dépendantes, les auteurs arrivent à mettre en valeur différents groupes. La première figure de l'article met ainsi en évidence un groupe viral, représenté en bleu.
Par la suite, une deuxième distinction est effectuée, entre les éléments mobiles, et les différents types de véhicules possible. Plus un élément est mobile, plus il a facilement accès à des ressources. Ainsi, les éléments les plus égoïstes sont également ceux qui ne sont pas véhiculés, et ont donc besoin des plus altruistes pour l'accès à ces ressources.
Ces deux notions présentées mènent à une compétition entre les deux grands types de formes. On assiste ici à une course à l'armement entre les hôtes et les parasites. Cette course aurait pour origine un monde pré-cellulaire, et mène à la diversité de formes observée actuellement. Ainsi, le paradigme du réplicateur réintroduit pleinement les virus, mais également d'autres formes au sein de la biologie. Il devient alors possible d'étudier l'évolution des virus, non plus parce qu'ils seraient des être vivants, mais parce qu'en étant des réplicateurs, le phénomène d'évolution peut agir. Ainsi soumis à l'évolution, ils subissent donc les mêmes loi de sélection et de variation que d'autres entités biologiques, comme les entités cellulaires.
Rigueur de la review
Le travail de la review est clair et accessible. En développant le problème du débat sur les virus, ils mettent en avant les limites de cette approche. Le développement de leur théorie se fait ensuite par étapes, elle est basée sur une approche à la fois épistémologique (influence des paradigmes de Khun ainsi que de l'approche popperienne des sciences) mais également biologique (grâce à l'impulsion de Dawkins et des travaux en virologie). Les éventuelles limites de leur approche sont ensuite déconstruites dans une dernière partie, légitimant leur paradigme et la rendant fonctionnelle.
Cependant, le terme de paradigme employé dans l'article est fort. Un paradigme en sciences est une manière de voir les choses. Changer de paradigme est une étape longue et violente car menant à des frictions. C'est donc avec recul que l'on peut les définir.
Le travail de la review est clair et accessible. En développant le problème du débat sur les virus, ils mettent en avant les limites de cette approche. Le développement de leur théorie se fait ensuite par étapes, elle est basée sur une approche à la fois épistémologique (influence des paradigmes de Khun ainsi que de l'approche popperienne des sciences) mais également biologique (grâce à l'impulsion de Dawkins et des travaux en virologie). Les éventuelles limites de leur approche sont ensuite déconstruites dans une dernière partie, légitimant leur paradigme et la rendant fonctionnelle.
Cependant, le terme de paradigme employé dans l'article est fort. Un paradigme en sciences est une manière de voir les choses. Changer de paradigme est une étape longue et violente car menant à des frictions. C'est donc avec recul que l'on peut les définir.
Ce que cette review apporte au débat
L'article ne prend pas part au débat, et réoriente la problématique. En effet, peu de recherche expérimentale appuyait ce débat, qui est principalement alimenté par des réflections et des points de vue soumis à subjectivité. Ce type d'arguments ne peuvent être réfutés par nature, et bloque le débat. Ainsi, en réorientant la problématique, les auteurs proposent une solution à ce problème de subjectivité. Le paradigme du réplicateur permet ainsi d'étudier les virus dans un contexte évolutif, au sein d'un cadre scientifique plus neutre. La démarche expérimentale pouvant être effectuée, il devient alors possible d'apporter de nouveaux arguments, et peut être, s'approcher d'une réponse plus consensuelle.
L'article ne prend pas part au débat, et réoriente la problématique. En effet, peu de recherche expérimentale appuyait ce débat, qui est principalement alimenté par des réflections et des points de vue soumis à subjectivité. Ce type d'arguments ne peuvent être réfutés par nature, et bloque le débat. Ainsi, en réorientant la problématique, les auteurs proposent une solution à ce problème de subjectivité. Le paradigme du réplicateur permet ainsi d'étudier les virus dans un contexte évolutif, au sein d'un cadre scientifique plus neutre. La démarche expérimentale pouvant être effectuée, il devient alors possible d'apporter de nouveaux arguments, et peut être, s'approcher d'une réponse plus consensuelle.
Figure
En haut : classification des réplicateurs en fonction de leur autonomie et de leur stratégie (en bleu sont représentés les virus et en vert les cellules)
En bas : la mobilité des réplicateurs en fonction de l'accès aux ressources
source : Koonin et Starokadomskyy, 2016
En haut : classification des réplicateurs en fonction de leur autonomie et de leur stratégie (en bleu sont représentés les virus et en vert les cellules)
En bas : la mobilité des réplicateurs en fonction de l'accès aux ressources
source : Koonin et Starokadomskyy, 2016
Dernière modification il y a plus de 5 ans.