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Titre de l'article

Les lumières artificielles nocturnes (ALAN) modifient la composition en espèces et la floraison des espèces végétales de prairies.

Introduction à l'article

Les pairies sont de vastes surfaces essentiellement de graminées. Ces écosystèmes sont parfois éclairés la nuit ( dans les parcs ou en zone péri-urbaine par exemple. L'objectif de cette étude est de comparer la composition en espèce d'une prairie éclairée ou non la nuit. Le phénotype de floraison (date) et la densité de population (biomasse et surface recouverte par les graminées) sont également observés. Durant l'expérience, seules 3 espèces dominent le milieu (96% de la couverture totale): Agrostis tenuis,Anthoxanthum odoratum et_ Holcus lanatus _. C'est alors leur abondance, leur floraison ainsi que la part de la couverture végétale qu'elle occupe sont mesurées durant 4 années.

Expériences de l'article

Dans une prairie, 30 parcelles de 4×4m avec un espace de 1m entre parcelles. Puis attribuées à 1 des traitements simulant l'éclairage en bord de route (6 répétitions/traitement):
(1) Éclairage de nuit totale lumière blanche de haute intensité, avec de nombreuses Led monté à 1 m au-dessus du sol au centre de la parcelle
(2) Éclairage de nuit totale lumière blanche de faible intensité, comme pour THI mais avec moins de LED tel que TFI= 1/2 THI en éclairement de surface
(3) Éclairage partiel de nuit a faible intensité, comme pour TFI mais avec une minuterie qui éteint les lumières de 00h00 à 04h 00 (4) Éclairage de nuit totale à lumière orange, comme pour TFI mais avec des LED presque monochromatiques orange
(5) Pas de lumière (témoin)
Chaque année sur 4 ans, les espèces (sur 90 cm ), la couverture végétale(sur 50 cm) et la biomasse (tige et feuilles) ont été enregistrées 1 fois au centre de chaque parcelle. Enfin d'avril à septembre, le nombre d'inflorescence est compté toutes les 2 semaines sur 1m2

Résultats de l'article

-Espèces présente : Identiques les premières années mais au bout de la 2ème année, changement dans les traitements ALAN. H. lanatus_ et A. odoratum_connaissent diminution dans le (5) et reste constant dans (1) et (4). En revanche, la couverture de A. tenuis est significativement plus faible sous (4).

- Couverture du sol : elle diminue dans le traitement témoin et reste maintenu sous ALAN, surtout chez H. lanatus dans (4).

- Floraison : Aucune différence de la densité annuelle totale des fleurs mais des retards de floraison se sont produit chez toutes les espèces bien que limité chez_ A. tenuis dans (1) et (4). À l'inverse, _A. odoratum avait dans (4) et_ A. tenuis _dans (3) présentaient un retard accentué.

**- Biomasse : **Différences entre les trois espèces de graminées dominantes entre éclairages légers mais pas sur la biomasse globale. A. tenuis est plus faible dans (2) en 2014 et dans (2),(3) et (4) en 2015._ A. odoratum_ est quant à lui, plus élevée dans (4), tandis que _ H. lanatus _est plus élevée sous (4) et (1).

Rigueur de l'article

Le protocole mis en place est rigoureux, et le journal de publication fiable. Aucun condit d'intérêts n'apparaît. Cependant, les données ne sont pas relevées quand dans 1 prairie et pour la biomasse et les espèces présentent, seulement 1 fois par an. Il aurait été intéressant de voir les différences entre parcelles plus éloignées ( d'autres types de sol ou de luminosité naturelle). Un suivi plus régulier permettrait également de voir des variations sont présentes au cours de l'année (différentes saisons, donc différentes conditions environnementales, prédation, pollinisation ...)

Ce que cet article apporte au débat

Effet sur le long terme. Durant les premières années, pas de différence entre les lieux éclairés ou non en biomasse, recouvrement du sol ou en composition spécifique. Cependant, après plusieurs années, les espèces dominantes disparaissent sans éclairage nocturne et sont maintenue dans les zones ALANs. Certaines espèces semble apprécier l'éclairage artificiel en particulier lorsque celui-ci est orange. Les éclairages dans les tons chauds semblent donc bénéfiques à la plupart des graminées présentes. Cependant, leur floraison est retardée (dans tous les traitements mais en particulier dans les éclairages le plus fort) excepté pour A. tenuis qui limite son retard de floraison dans les éclairages orange et blanc à forte intensité. Ces changements modifient t-il la pérennité des espèces ? Leur dynamique ? L'étude de l'impact d'un retard de floraison pourrait être approfondi.

Publiée il y a plus de 5 ans par C. Sanchez.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Article : Artificial light at night alters grassland vegetation species composition and phenology
  • 1 1
  • Auteurs
    Jonathan Bennie, Thomas W. Davies, David Cruse, Fraser Bell, Kevin J. Gaston
  • Année de publication
    2017
  • Journal
    Journal of Applied Ecology
  • Abstract (dans sa langue originale)
    1. Human settlements and transport networks are growing rapidly worldwide. Since the early 20th century their expansion has been accompanied by increasing illumination of the environment at night, a trend that is likely to continue over the decades to come. Consequently, a growing proportion of the world’s ecosystems are exposed to artificial light at night, profoundly altering natural cycles of light and darkness. While in recent years there have been advances in our understanding of the effects of artificial light at night on the behaviour and physiology of animals in the wild, much less is known about the impacts on wild plants and natural or seminatural vegetation composition. This is surprising, as effects of low-intensity light at night on flowering, phenology and growth form are well known in laboratory and greenhouse studies.
    2. In a long-term experimental field study we exposed a semi-natural grassland to artificial light at intensities and wavelengths typical of those experienced by roadside vegetation under street lighting.
    3. We found that lighting affected the trajectory of vegetation change, leading to significant differences in biomass and plant cover in the dominant species.
    4. Changes in flowering phenology were variable between years, with grass species flowering between 4 days earlier and 12 days later under artificial light.
    5. Policy implications. Our results demonstrate that artificial light, at levels equivalent to those in street-lit environments, can affect species composition in semi-natural vegetation. This highlights the importance of considering artificial light as a driver of vegetation change in urban, suburban and semi-natural ecosystems, and where possible, of minimising or excluding artificial light from habitats of conservation importance.
  • Identifiant unique
    10.1111/1365-2664.12927
  • Accès libre
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    La pollution lumineuse néfaste pour les plantes ?
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