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Titre de la review

État de l'art du développement et du fonctionnement de l'éolien sur la faune terrestre non-volante et la faune marine à l'échelle des installations.

Résumé de la review

Les éoliennes sont souvent bien perçues car elles sont considérées comme faisant partie d'un mode de développement indépendant et alternatif aux énergies fossiles qui ont des conséquences environnementales directes par la pollution et leur fonctionnement et indirectes par le réchauffement climatique. Cependant le développement de l'énergie éolienne ne se fait pas non plus sans impact sur l'environnement et notamment sur la faune sauvage. Les impacts sur la faune volante sont bien documentés mais cette review met en avant autant qu'elle comble la lacune d'études sur les conséquences des éoliennes sur la faune non-volante.

Mortalité directe :
Le tassement du sol par les engins de chantier lors de l'installation des éoliennes est très nocif pour la faune et microfaune du sol jusqu'à 60 cm de profondeur. Les carcasses des animaux morts de collision peuvent attirer des prédateurs qui peuvent d'une part augmenter la pression sur leurs proies présentes dans la zone, et d'autre part être eux-même impactés négativement par les éoliennes.

Destruction et fragmentation d'habitat :
Les parcs d'éoliennes ont une emprise au sol importante par rapport à l'énergie produite, en comparaison des autres énergies.
Les éoliennes augmentent l'érosion du sol principalement en terrain montagneux. De plus même si l'emprise réelle au sol des éoliennes ne représente que 1 à 10 % du parc éolien, les infrastructures permettant la construction et l'entretien comme les routes, engendrent une perte de surface ainsi qu'une fragmentation de l'habitat. Pour certains clades comme les amphibiens, l'impact des routes, le bruit par exemple, ont une répercussion qui ne se limite pas à la surface de la route mais s'étend jusqu'à 1 km de la chaussée. Pour d'autres espèces dont les ressources se trouvent en bordure d'habitat, la fragmentation augmente le périmètre de l'habitat donc les ressources. Cependant les dangers d'écrasement notamment pose la question du ratio bénéfice-avantage pour ces espèces.

Impacts hors du site éolien :
Du béton, du fer, du cuivre et du néodyme, (élément faisant partie des terres rares) nécessitent des mines et des transformations qui ont des effets négatifs sur l'environnement local de ces installations. De plus l'industrie du néodyme engendre des déchets radioactifs.

Perturbation de l'habitat :
Par l'activité humaine : La maintenance induit une activité humaine même après la phase de construction et cela a une influence négative sur certaines espèces comme les grands ongulés qui vont éviter les zones perturbées.
Par le bruit : la phase de construction et la maintenance engendrent une pollution sonore importante mais le fonctionnement même des éoliennes produit du bruit. Ce bruit peut nuire aux capacités communicationnelles de certaines espèces terrestres et modifier leur comportement mais l'impact principal est sur les espèces marines. En effet chez les mammifères marins, l'écholocation est nécessaire à la fois pour la communication, la recherche de nourriture et l'orientation. Le risque de surdité se rajoutant à la pollution sonore pour ces espèces, elles sont donc très vulnérables aux éoliennes côtières. Les infrasons sont aussi à prendre en compte chez certaines espèces très sensibles comme perturbateur potentiel du comportement.
Par la lumière : le reflet du soleil sur les pales des éoliennes et l'ombre de ces dernières pourraient aussi avoir un effet négatif non négligeable mais qui n'a pas encore été étudié.
Par le champ magnétique : physiologiquement le champs magnétique pourrait avoir des effets sur les systèmes nerveux, cardiaque, reproductif et immunitaire mais cela reste sujet à débat. L'orientation et donc la migration d'un certain nombre d'espèces marines et terrestres étant basée sur le champs magnétique terrestre, ces espèces pourraient en pâtir.
Par la formation de microclimats : que ce soit dans le domaine du vent ou de la température qui est tamponnée par la présence d'éoliennes.
Par l'augmentation du risque de feu.

Publiée il y a plus de 8 ans par S. Rigal et F. Gaveriaux.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Review : Assessing the state of knowledge of utility-scale wind energy development and operation on non-volant terrestrial and marine wildlife.