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Des abeilles recueillent les plastiques polyuréthane et polyéthylène comme nouveaux matériaux de nidification.
Des abeilles recueillent les plastiques polyuréthane et polyéthylène comme nouveaux matériaux de nidification.
Introduction à l'article
L'urbanisation et d'autres changements d'utilisation des terres se répercutent sur les espèces, en affectant notamment leur comportement. Il est possible que ces espèces trouvent de nouveaux usages aux matériaux que l'Homme implante dans la nature, ce qui leur apporterait un avantage adaptatif qui aboutirait à une utilisation généralisée, après plusieurs essais fructueux.
Le plastique est devenu un des composés les plus envahissants observés dans l'environnement. Il est principalement choisi car peu coûteux, résistant et durable, mais pourtant jeté une fois utilisé. Certaines espèces sont capables de le coloniser, de le consommer, et de l'utiliser comme matériau de nidification. Ainsi, ce papier se propose d'étudier deux espèces d'abeilles (Megachile rotundata_et _Megachile campanulae) qui utilisent des composés du plastique (respectivement, le polyéthylène des sacs en plastiques et le polyuréthane de mastic extérieur) comme nouveaux matériaux de nidification.
L'urbanisation et d'autres changements d'utilisation des terres se répercutent sur les espèces, en affectant notamment leur comportement. Il est possible que ces espèces trouvent de nouveaux usages aux matériaux que l'Homme implante dans la nature, ce qui leur apporterait un avantage adaptatif qui aboutirait à une utilisation généralisée, après plusieurs essais fructueux.
Le plastique est devenu un des composés les plus envahissants observés dans l'environnement. Il est principalement choisi car peu coûteux, résistant et durable, mais pourtant jeté une fois utilisé. Certaines espèces sont capables de le coloniser, de le consommer, et de l'utiliser comme matériau de nidification. Ainsi, ce papier se propose d'étudier deux espèces d'abeilles (Megachile rotundata_et _Megachile campanulae) qui utilisent des composés du plastique (respectivement, le polyéthylène des sacs en plastiques et le polyuréthane de mastic extérieur) comme nouveaux matériaux de nidification.
Expériences de l'article
Les deux espèces d'abeilles étudiées, Megachile rotundata et Megachile campanulae, ont pu être observées grâce à l'utilisation de « trap nests » ou nid formant un piège, à Toronto en 2012. Les « trap nests » constituent une alternative de nidification aux cavités pour ces abeilles. Les galeries créées par les abeilles ont été ouvertes et les larves élevées individuellement jusqu'au stade adulte. C'est lors d'un de ces relevés que des matériaux non-naturels ont été observés chez ces deux espèces. L'analyse de ces composés s'est fait, pour Megachile campanulae, grâce à la spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier, et à la microscopie électronique à balayage à émission de champ. Pour Megachile rotundata, les cellules étaient partiellement construites avec des fragments de sac plastiques. Il a été admis que la source était la même pour chaque cellules construites. L'article ne stipule pas comment il a été déterminé qu'il s'agissait du polyéthylène.
Les deux espèces d'abeilles étudiées, Megachile rotundata et Megachile campanulae, ont pu être observées grâce à l'utilisation de « trap nests » ou nid formant un piège, à Toronto en 2012. Les « trap nests » constituent une alternative de nidification aux cavités pour ces abeilles. Les galeries créées par les abeilles ont été ouvertes et les larves élevées individuellement jusqu'au stade adulte. C'est lors d'un de ces relevés que des matériaux non-naturels ont été observés chez ces deux espèces. L'analyse de ces composés s'est fait, pour Megachile campanulae, grâce à la spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier, et à la microscopie électronique à balayage à émission de champ. Pour Megachile rotundata, les cellules étaient partiellement construites avec des fragments de sac plastiques. Il a été admis que la source était la même pour chaque cellules construites. L'article ne stipule pas comment il a été déterminé qu'il s'agissait du polyéthylène.
Résultats de l'article
Chez M. campanulae, les analyses ont pu déterminer le composé : du polyuréthane (sûrement prélevé sur du mastic extérieur). La résine végétale est le composé habituel pour que ces abeilles forment leurs nids. Elle a été retrouvée derrière et devant le plastique. Ainsi, il semblerait que ces insectes ne manquaient pas de ressources et l'usage du plastique était accidentel. Chez M. rotundata, les cellules de la structure sont composées de fragments de sacs plastique en polyéthylène. Les feuilles (composant originel de la structure) n'étaient pas le facteur limitant, ce qui pousse à dire que l'usage n'est pas intentionnel. A noter que les deux types de plastique ont la même structure que les composés utiles à la nidification. Il se pourraient qu'il y ait un avantage à utiliser le plastique (ex: contre les parasites) mais il inhibe aussi la diffusion de l'humidité, affectant la survie. Le plastique présent dans les paysages pourrait être un nouveau facteur de pression de sélection.
Chez M. campanulae, les analyses ont pu déterminer le composé : du polyuréthane (sûrement prélevé sur du mastic extérieur). La résine végétale est le composé habituel pour que ces abeilles forment leurs nids. Elle a été retrouvée derrière et devant le plastique. Ainsi, il semblerait que ces insectes ne manquaient pas de ressources et l'usage du plastique était accidentel. Chez M. rotundata, les cellules de la structure sont composées de fragments de sacs plastique en polyéthylène. Les feuilles (composant originel de la structure) n'étaient pas le facteur limitant, ce qui pousse à dire que l'usage n'est pas intentionnel. A noter que les deux types de plastique ont la même structure que les composés utiles à la nidification. Il se pourraient qu'il y ait un avantage à utiliser le plastique (ex: contre les parasites) mais il inhibe aussi la diffusion de l'humidité, affectant la survie. Le plastique présent dans les paysages pourrait être un nouveau facteur de pression de sélection.
Rigueur de l'article
Il semblerait que ces abeilles n'étaient pas étudier à cet escient à la vue du Matériel et Méthode, ce qui pourrait affecter la rigueur de l'expérience. De même, cette partie donne l'impression que les auteurs font part de leurs résultats.
Il semblerait que ces abeilles n'étaient pas étudier à cet escient à la vue du Matériel et Méthode, ce qui pourrait affecter la rigueur de l'expérience. De même, cette partie donne l'impression que les auteurs font part de leurs résultats.
Ce que cet article apporte au débat
Cette étude permet d'avoir un nouvel aspect du plastique qui peut être utilisé par les espèces pour réaliser un habitat. Il se pourrait qu'il donne un avantage adaptatif aux espèces qui savent l'utiliser. Dans le cas de ces abeilles, il est dit que la structuration de ces plastiques étaient identiques (ou presque) aux composés naturels. Le plastique pourrait alors être pris pour un autre matériau, ce qui peut avantager l'espèce ou l'impacter grandement. En effet, ici le plastique ne laisse pas bien passer l'humidité dans le nids. Si le plastique recouvrait une surface plus grande il se pourrait qu'il puisse affecter le développement des larves, bien que ce ne soit qu'une hypothèse non vérifiée. Ainsi, le plastique pourrait jouer un rôle dans la sélection naturelle, notamment à cause de son omniprésence dans les paysages.
Cette étude permet d'avoir un nouvel aspect du plastique qui peut être utilisé par les espèces pour réaliser un habitat. Il se pourrait qu'il donne un avantage adaptatif aux espèces qui savent l'utiliser. Dans le cas de ces abeilles, il est dit que la structuration de ces plastiques étaient identiques (ou presque) aux composés naturels. Le plastique pourrait alors être pris pour un autre matériau, ce qui peut avantager l'espèce ou l'impacter grandement. En effet, ici le plastique ne laisse pas bien passer l'humidité dans le nids. Si le plastique recouvrait une surface plus grande il se pourrait qu'il puisse affecter le développement des larves, bien que ce ne soit qu'une hypothèse non vérifiée. Ainsi, le plastique pourrait jouer un rôle dans la sélection naturelle, notamment à cause de son omniprésence dans les paysages.
Publiée il y a plus de 7 ans
par
T. Monfort.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Article : Bees collect polyurethane and polyethylene plastics as novel nest materials
Titre de l'article
Des abeilles recueillent les plastiques polyuréthane et polyéthylène comme nouveaux matériaux de nidification.
Des abeilles recueillent les plastiques polyuréthane et polyéthylène comme nouveaux matériaux de nidification.
Introduction à l'article
L'urbanisation et d'autres changements d'utilisation des terres se répercutent sur les espèces, en affectant notamment leur comportement. Il est possible que ces espèces trouvent de nouveaux usages aux matériaux que l'Homme implante dans la nature, ce qui leur apporterait un avantage adaptatif qui aboutirait à une utilisation généralisée, après plusieurs essais fructueux.
Le plastique est devenu un des composés les plus envahissants observés dans l'environnement. Il est principalement choisi car peu coûteux, résistant et durable, mais pourtant jeté une fois utilisé. Certaines espèces sont capables de le coloniser, de le consommer, et de l'utiliser comme matériau de nidification. Ainsi, ce papier se propose d'étudier deux espèces d'abeilles (Megachile rotundata_et _Megachile campanulae) qui utilisent des composés du plastique (respectivement, le polyéthylène des sacs en plastiques et le polyuréthane de mastic extérieur) comme nouveaux matériaux de nidification.
L'urbanisation et d'autres changements d'utilisation des terres se répercutent sur les espèces, en affectant notamment leur comportement. Il est possible que ces espèces trouvent de nouveaux usages aux matériaux que l'Homme implante dans la nature, ce qui leur apporterait un avantage adaptatif qui aboutirait à une utilisation généralisée, après plusieurs essais fructueux.
Le plastique est devenu un des composés les plus envahissants observés dans l'environnement. Il est principalement choisi car peu coûteux, résistant et durable, mais pourtant jeté une fois utilisé. Certaines espèces sont capables de le coloniser, de le consommer, et de l'utiliser comme matériau de nidification. Ainsi, ce papier se propose d'étudier deux espèces d'abeilles (Megachile rotundata_et _Megachile campanulae) qui utilisent des composés du plastique (respectivement, le polyéthylène des sacs en plastiques et le polyuréthane de mastic extérieur) comme nouveaux matériaux de nidification.
Expériences de l'article
Les deux espèces d'abeilles étudiées, Megachile rotundata et Megachile campanulae, ont pu être observées grâce à l'utilisation de « trap nests » ou nid formant un piège, à Toronto en 2012. Les « trap nests » constituent une alternative de nidification aux cavités pour ces abeilles. Les galeries créées par les abeilles ont été ouvertes et les larves élevées individuellement jusqu'au stade adulte. C'est lors d'un de ces relevés que des matériaux non-naturels ont été observés chez ces deux espèces. L'analyse de ces composés s'est fait, pour Megachile campanulae, grâce à la spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier, et à la microscopie électronique à balayage à émission de champ. Pour Megachile rotundata, les cellules étaient partiellement construites avec des fragments de sac plastiques. Il a été admis que la source était la même pour chaque cellules construites. L'article ne stipule pas comment il a été déterminé qu'il s'agissait du polyéthylène.
Les deux espèces d'abeilles étudiées, Megachile rotundata et Megachile campanulae, ont pu être observées grâce à l'utilisation de « trap nests » ou nid formant un piège, à Toronto en 2012. Les « trap nests » constituent une alternative de nidification aux cavités pour ces abeilles. Les galeries créées par les abeilles ont été ouvertes et les larves élevées individuellement jusqu'au stade adulte. C'est lors d'un de ces relevés que des matériaux non-naturels ont été observés chez ces deux espèces. L'analyse de ces composés s'est fait, pour Megachile campanulae, grâce à la spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier, et à la microscopie électronique à balayage à émission de champ. Pour Megachile rotundata, les cellules étaient partiellement construites avec des fragments de sac plastiques. Il a été admis que la source était la même pour chaque cellules construites. L'article ne stipule pas comment il a été déterminé qu'il s'agissait du polyéthylène.
Résultats de l'article
Chez M. campanulae, les analyses ont pu déterminer le composé : du polyuréthane (sûrement prélevé sur du mastic extérieur). La résine végétale est le composé habituel pour que ces abeilles forment leurs nids. Elle a été retrouvée derrière et devant le plastique. Ainsi, il semblerait que ces insectes ne manquaient pas de ressources et l'usage du plastique était accidentel. Chez M. rotundata, les cellules de la structure sont composées de fragments de sacs plastique en polyéthylène. Les feuilles (composant originel de la structure) n'étaient pas le facteur limitant, ce qui pousse à dire que l'usage n'est pas intentionnel. A noter que les deux types de plastique ont la même structure que les composés utiles à la nidification. Il se pourraient qu'il y ait un avantage à utiliser le plastique (ex: contre les parasites) mais il inhibe aussi la diffusion de l'humidité, affectant la survie. Le plastique présent dans les paysages pourrait être un nouveau facteur de pression de sélection.
Chez M. campanulae, les analyses ont pu déterminer le composé : du polyuréthane (sûrement prélevé sur du mastic extérieur). La résine végétale est le composé habituel pour que ces abeilles forment leurs nids. Elle a été retrouvée derrière et devant le plastique. Ainsi, il semblerait que ces insectes ne manquaient pas de ressources et l'usage du plastique était accidentel. Chez M. rotundata, les cellules de la structure sont composées de fragments de sacs plastique en polyéthylène. Les feuilles (composant originel de la structure) n'étaient pas le facteur limitant, ce qui pousse à dire que l'usage n'est pas intentionnel. A noter que les deux types de plastique ont la même structure que les composés utiles à la nidification. Il se pourraient qu'il y ait un avantage à utiliser le plastique (ex: contre les parasites) mais il inhibe aussi la diffusion de l'humidité, affectant la survie. Le plastique présent dans les paysages pourrait être un nouveau facteur de pression de sélection.
Rigueur de l'article
Il semblerait que ces abeilles n'étaient pas étudier à cet escient à la vue du Matériel et Méthode, ce qui pourrait affecter la rigueur de l'expérience. De même, cette partie donne l'impression que les auteurs font part de leurs résultats.
Il semblerait que ces abeilles n'étaient pas étudier à cet escient à la vue du Matériel et Méthode, ce qui pourrait affecter la rigueur de l'expérience. De même, cette partie donne l'impression que les auteurs font part de leurs résultats.
Ce que cet article apporte au débat
Cette étude permet d'avoir un nouvel aspect du plastique qui peut être utilisé par les espèces pour réaliser un habitat. Il se pourrait qu'il donne un avantage adaptatif aux espèces qui savent l'utiliser. Dans le cas de ces abeilles, il est dit que la structuration de ces plastiques étaient identiques (ou presque) aux composés naturels. Le plastique pourrait alors être pris pour un autre matériau, ce qui peut avantager l'espèce ou l'impacter grandement. En effet, ici le plastique ne laisse pas bien passer l'humidité dans le nids. Si le plastique recouvrait une surface plus grande il se pourrait qu'il puisse affecter le développement des larves, bien que ce ne soit qu'une hypothèse non vérifiée. Ainsi, le plastique pourrait jouer un rôle dans la sélection naturelle, notamment à cause de son omniprésence dans les paysages.
Cette étude permet d'avoir un nouvel aspect du plastique qui peut être utilisé par les espèces pour réaliser un habitat. Il se pourrait qu'il donne un avantage adaptatif aux espèces qui savent l'utiliser. Dans le cas de ces abeilles, il est dit que la structuration de ces plastiques étaient identiques (ou presque) aux composés naturels. Le plastique pourrait alors être pris pour un autre matériau, ce qui peut avantager l'espèce ou l'impacter grandement. En effet, ici le plastique ne laisse pas bien passer l'humidité dans le nids. Si le plastique recouvrait une surface plus grande il se pourrait qu'il puisse affecter le développement des larves, bien que ce ne soit qu'une hypothèse non vérifiée. Ainsi, le plastique pourrait jouer un rôle dans la sélection naturelle, notamment à cause de son omniprésence dans les paysages.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.