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Titre de la méta-analyse

Les oiseaux et leur habitat : Quels sont les risques liés à l'exposition à l'industrie éolienne?

Introduction à la méta-analyse

Il a été démontré que la présence de l’industrie éolienne sur des zones de migration ou d'autres environnements sensibles pour les oiseaux était responsable de l’augmentation du taux de mortalité et participait à la fragmentation de l’habitat. Actuellement, il y a encore de grosses lacunes concernant les connaissances en lien avec l’impact total de l’industrie éolienne et des infrastructures associées (routes, lignes de transmissions, station de transformateur) sur la biodiversité. Et il semble peu avisé de ne pas essayer de prendre en compte ces préoccupations sous prétexte de manque de données, car les répercussions pourraient être catastrophiques et irréversibles (principalement dans les zones humides, de nidification et les couloirs de migration). En outre, les projets de conservations peuvent être mis à mal par l’existence de directives gouvernementales promulguant l’implantation de champs d’éoliennes et par la rareté des directives incitant à la prise en compte de la biodiversité.

Expériences de la méta-analyse

Les auteurs ont compilé les données provenant de différents articles, d'interviews, de discours et d'articles de chercheurs, d'associations de la conservation, d'industriels et de politiciens pour faire un point sur l'état actuel des connaissances sur l'impact négatif de l'industrie éolienne sur la biodiversité des oiseaux.

Résultats de la méta-analyse

La plupart des collisions avec les éoliennes surviennent la nuit et concerneraient 1 oiseau passant à proximité d’une éolienne sur 40, ce qui peut être exacerbé en cas de migration ou de mauvais temps. De plus, d’autres facteurs perturbent les oiseaux, comme les basses fréquences ou l'effet "clignotant" perturbent l’orientation (retour au nid) et la communication (essentiel pour la reproduction, la grégarité, l’avertissement de danger ou encore la recherche alimentaire) des oiseaux. L’industrie éolienne est aussi responsable de la diminution du taux de reproduction, du taux de survies (abandon de nids), de la fragmentation de l’habitat (moins d’accès au site de nourrissage, isolation des populations) ou de la perte/dégradation des habitats. Le manque de directives gouvernementales concernant l’emplacement des champs éoliens par rapport à la protection des oiseaux et de leur habitat est aussi alarmant. La conclusion est donc que le principe de précaution est à l'ordre du jour.

Rigueur de la méta-analyse

Cet article cherchait à démontrer l’impact négatif des éoliennes et des autres infrastructures associées sur les oiseaux. Les auteurs, bien que visiblement engagés dans la cause, arrivent à une conclusion qui semble raisonnable et raisonnée. Cependant, il y a une petite contradiction dans l'article concernant les directives gouvernementales. En effet, aucune directive à l'époque (ou peu ) ne prenait en compte l'aspect conservation dans sa politique de multiplication des champs d'éoliennes. En revanche, suite à la mort d'aigles royaux (232 ente 2007 et 2011) et d'autres oiseaux migrateurs suite à des collisions avec des éoliennes du site PacifiCorp dans les Rocheuses, la compagnie a du payer 10.5 millions $ pour avoir tué des espèces protégées à l'échelle nationale et étatique.

Ce que cette méta-analyse apporte au débat

Les auteurs sont parvenus à mettre en évidence que l'éolien, présenté comme une source d'énergie "verte"(émissions de GAS, pollution), n'était pas tellement conscient environnementalement de son impact sur la biodiversité dans la proximité directe des champs. Et que des actions auraient pu être prises depuis les années 90, au moins, pour minimiser les menaces sur la biodiversité. Et malgré cela, beaucoup de directives gouvernementales promulguent l'implantation de nouveaux champs d'éoliennes sans prendre en compte les préoccupations pour la biodiversité. Malgré un manque de données de nos jours, il existe déjà une quantité d'informations suffisante pour mettre en application le principe de précaution pour éviter des répercutions dramatiques et irréversibles. L'interdiction de construction dans des zones où vivent des espèces rares, longévives, avec une grande diversité aviaire, dans des corridors de migration, des habitats fragiles (zones humides, de nidification, de nourrissage).

Remarques sur la méta-analyse

Les espèces les plus sensibles à ces champs d'éoliennes semblent être les rapaces qui ont de grands territoires, un cycle de vie long (et ont donc des populations peu nombreuses), volent en altitude et apprécient les zones ventées. Ces espèces sont donc toutes désignées pour être les plus impactées par les éoliennes. Et une petite augmentation de leur taux de mortalité associée à une petite diminution de leur taux de reproduction est bien plus alarmante que ce que les chiffres bruts ne le laissent penser. En effet, aux Etats-Unis, cela représente entre 75 000 et 275 000 oiseaux par an contre 1.4 à 3.7 milliards d'oiseaux tués par les chats par an.

Publiée il y a plus de 5 ans par I. Le gouëllec frohnmaier et Jérémy QD.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Méta-analyse : Birds and Bird Habitat