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Titre de l'article

Les Mones de Campell concatènent leurs vocalisations afin d'obtenir des séquences dépendantes d'un contexte spécifique.

Introduction à l'article

Lors d'une précédente étude, il a été montré que les Mones de Campell pouvaient produire six vocalisations singulières permettant de communiquer différentes informations [1]. Ces vocalisations sont, cependant, en nombre très limité ce qui contraint fortement les messages pouvant être transmis entre les individus. De ce fait, ce type de communication paraît encore bien loin de la complexité du langage humain [2].
Toutefois, des résultats provenant d'une étude sur les chimpanzés ont montré que ces derniers utilisaient plusieurs vocalisations à la suite dans un ordre non aléatoire. Cela pourrait représenter un niveau de complexité supérieur chez certaines espèces animales, leur permettant, à partir d'un faible nombre de vocalisations, d'exprimer et/ou de préciser différentes informations. C'est pour d'approfondir la présence possible de ce niveau de complexité supplémentaire chez les Mones de Campell qu’Ouattara et al. ont réaliser cette étude en 2009.

Expériences de l'article

Les observations ont été réalisées entre janvier 2006 et septembre 2007 pour un total 224 séquences de cris d'alarme. Les auteurs ont suivi quatre singes mâles adultes observés directement et qui étaient dans trois groupes différents. A chaque fois que les mâles émettaient une vocalisation, les auteurs relevaient les éléments du contexte. Les mâles étaient aussi confrontés à leurs prédateurs naturels (léopards et aigles couronnés) soit lors de réelles rencontres (assez rare N=3 pour les léopards ; N=11 pour les aigles) soit représenté grâce à des répliques visuelles ou en diffusant leurs cris au travers de hauts parleurs. La position de chaque mâle face à l'élément induisant la vocalisation a également été enregistrée. Des études statistiques ont ensuite été menées afin de discriminer chaque vocalisation de la séquence, le nombre de vocalisations qui compose les séquences ainsi que la place de chaque vocalisation dans la séquence en prenant en compte le contexte de ces cris d'alarme.

Résultats de l'article

Les résultats ont montré que les Mones de Campell sont capables de faire des séquences de vocalisations spécifiques à une situation particulière (voir figure) et d’enchaîner les vocalisations au sein d'une séquence de façon non aléatoire. Les différences entre les séquences de vocalisation dépendent du type de perturbation (prédateur, autres singes, arbres ou branches qui tombent), du type de prédateur (léopard ou aigle couronné) mais aussi de la façon dont les mâles ont acquis l'information (observation directe du prédateur ou de sa silhouette, alarme donnée par d'autres singes, reconnaissance du cri du prédateur...).
Il apparaît donc que les Mones de Campell arrivent à passer outre la limitation de communication liée au faible nombre de vocalisations réalisables en les combinant pour former des séquences donnant de nouvelles informations.

Ce que cet article apporte au débat

Cet article à montrer permit de mettre en exergue un système de communication plutôt complexe chez les Mones de Campell. À partir d'un faible nombre de vocalisations, ces singes sont capables de transmettre un grand nombre d'informations sur leur environnement. Le nombre limité de vocalisations réalisables, à cause de contraintes morphologiques ou cognitives, semble être dépassé par la combinaison des différentes vocalisations. Ainsi, de nombreux niveaux de complexités peuvent s'ajouter pour former un système permettant une large gamme d'information communiquée. Il semblerait donc que cette étude montre une sorte de "proto-syntaxe" dirigée par des règles régissant la succession des vocalisations, pour formuler différents renseignements.
Cette étude rapproche un peu plus la communication animale du langage humain qui est gouverné par de nombreuses règles de syntaxe. Cependant, le langage humain se distingue tout de même toujours par son incroyable complexité.

Remarques sur l'article

Etude réaliser avec le même jeu de donnée que Ouattara et al., PLoS One, 2009.

Figure
Légende :

Tirée de l'étude d'Ouattara et al., PNAS, 2009

Publiée il y a plus de 10 ans par Léo Pierre.
Dernière modification il y a plus de 10 ans.
Article : Campbell’s monkeys concatenate vocalizations into context-specific call sequences
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  • Auteurs
    Karim Ouattara, Alban Lemasson, and Klaus Züberbuhler
  • Année de publication
    2009
  • Journal
    Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS)
  • Accès libre
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  • Apparait dans la controverse
    Les animaux ont-ils un langage ?
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