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Titre de l'article

C'est le climat et les traits foliaires, non la latitude, qui expliquent la variation des interactions plante-herbivore des espèces.

Introduction à l'article

Aux latitudes les plus basses, les interactions abiotiques facilitent la croissance des populations et la spéciation. Les interactions entre espèces sont alors intensifiées ce qui résulte en une augmentation de l’herbivorie et une plus grande sélection pour les traits de défense des plantes. Les facteurs abiotiques jouent un rôle majeur dans l’abondance des plantes et des insectes herbivores. Le climat local peut influencer directement le phénotype de la plante, des ses feuilles et le type de dommage liés à l'herbivorie (les précipitation et la présence d'insectes mineurs sont corrélées). Les plantes dans des milieux pauvres en ressource investissent plus dans la défense de leurs feuilles coûteuses à produire, alors que des plantes dans des milieux riches investissent moins dans la défense car les feuilles sont plus faciles à produire.

Expériences de l'article

Les auteurs ont voulu déterminer si les dommages causés par l’herbivorie et les traits de défenses des feuilles variaient significativement avec la latitude. Pour cela ils ont étudié des populations naturelles de Quercus garryana (Chêne de Garry) et des populations en expérience de jardin commun le long de leur gradient latitudinal: nord de la Californie-Colombie-Britannique. Ils ont mesuré la surface foliaire spécifique, la densité de trichome et échantillonné la communauté d’insecte par arbre. Ils ont mesuré des feuilles jeunes et matures. Dans chaque population les arbres mesurés étaient choisis au hasard de même que les feuilles mesurées sur chaque arbre (10 arbres par population et 30 feuilles par arbre). Ils ont réalisé un modèle linéaire mixte pour répondre à la question posée : identifier la communauté d’insectes et les traits foliaires qui contribuent le plus à l’expression des traits de défense et les dommages foliaires, la population étant l’effet aléatoire.

Résultats de l'article

Les résultats de l’étude sont les suivants : les dommages causés par l’herbivorie sont liés à la maturité de la feuille (les plus jeunes y sont plus sensibles), la différence entre les deux traits foliaires mesurés (SLA élevée, densité de trichome faible), le climat local joue un rôle significatif et majoritaire sur le taux de dommages causé par l’herbivorie. En effet il n’y a pas eu de différence entre les expériences au champ et en jardin commun. Seul le taux de précipitation printanier local influence significativement les dommages causé par l’herbivorie et non le gradient latitudinal. Un printemps sec favorise l’herbivorie (ce qui est en contradiction avec l’étude de Leckey 2014). Une des explications possible à ce phénomène est un compromis dans l’allocation des ressources en cas de stress hydrique, une autre est que les trichomes ont une fonction secondaire de résistance à la sécheresse en limitant la transpiration foliaire.

Rigueur de l'article

C'est un article rigoureux, qui a suivit le taux d'herbivorie via les dommages causés par celle ci sur tout le gradient latitudinal d'une espèce ligneuse le long d'une saison de croissance. Peu d'article ont abordé cet aspect temporel de l'évolution des interactions aux cours des saisons. Ils ont tenu compte des incohérences mises en avant par Anstett en 2016 sur les études portant sur le gradient latitudinal d'herbivorie. Cependant ils n'ont mesuré que deux traits : la densité de trichomes (défense) et la surface spécifique foliaire (croissance) ce qui est peu. Notamment si des traits ont plusieurs fonctions (comme l'hypothèse qu'ils émettent sur les trichomes) et il y a d'autre moyen de défense chez une plante. En outre ils concluent sur des variations des interactions au cours de la saison de croissance mais comme ils le font remarquer l'expérience n'a eu lieu que sur une seule saison, il faudrait répéter temporellement cette expérience.

Ce que cet article apporte au débat

Cet article démontre que le climat local influence sur l'herbivorie et les défenses contre l'herbivorie de manière significative contrairement à la latitude. L'un des facteurs qui influence le plus la présence des insectes herbivores sont les précipitations printanières (positivement corrélé). L'étude est intéressante car elle porte sur toute la répartition latitudinale naturelle d'une espèce d'arbre et elle est l'une des seule à mesurer la différence entre feuille mature et jeune. Si le manque de répétition temporelle ne permet pas de conclure sur l'évolution des interactions au cours de la saison de croissance, l'article permet de soulever ce point intéressant. Il oublie cependant de parler des écosystèmes tropicaux et des conséquences d'un climat local saisonnier avec des saisons de forte précipitation sur le gradient latitudinal d'herbivorie et de réponse à l'herbivorie.

Publiée il y a plus de 6 ans par J. Floret.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Article : Climate and leaf traits, not latitude, explain variation in plant– herbivore interactions across a species’ range
  • 1
  • Auteurs
    Deirdre Loughnan | Jennifer L. Williams
  • Année de publication
    2018
  • Journal
    Journal of ecology
  • Abstract (dans sa langue originale)
    1. Spatial variation in abiotic and biotic factors creates local contexts that influence the intensity of plant–herbivore interactions. Some previous studies have accounted for the complexity of these interactions with latitudinal clines, while the absence of such clines in many other systems suggests other, often unknown, local community factors may instead explain the variation in herbivory across populations.
    2. We investigated plant–herbivore interactions across the entire range of a longlived tree (Quercus garryana), evaluating the relative importance of climate, latitude, population size, and insect feeding guilds in determining leaf phenotype and the extent and variation in insect herbivory. In this ecosystem, rain shadows create a nonlinear relationship between climate and latitude, allowing us to disentangle the effects of environmental factors. By performing similar analyses on trees grown in a common garden, we were able to assess the relative importance of environmental factors to leaf defence traits and herbivory.
    3. Total herbivory varied significantly among populations, and was best explained by variation in spring precipitation, leaf traits, and tree population size, but not latitude. The relative importance of each of these factors changed over the growing season and with insect feeding guild. Conversely, damage in the common garden did not vary among trees from different origins when grown in a constant environment, leading us to believe variation in damage in natural populations is more likely the result of the local environments.
    4. Leaf traits (trichome density and specific leaf area) varied significantly among populations, but neither showed an effect of latitude. Variation in both traits was best explained by tree size, and seasonal temperatures or precipitation. We found no variation in insect diversity among field populations, but abundance varied with mean summer precipitation and population size.
    5. Synthesis. Seasonal precipitation consistently explained the geographical variation in the extent of herbivory to Q. garryana, while latitude and winter temperatures, factors that are commonly associated with latitudinal gradients in the intensity of species interactions, did not. Our findings highlight the importance of local climates and functional traits in shaping biotic interactions and intraspecific variation in plant–insect interactions across large spatial scales.
  • Identifiant unique
    10.1111/1365-2745.13065
  • Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    Existe-il un gradient latitudinale d’herbivorie et de réponse à l’herbivorie ?
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