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Titre de l'article

Comparaison des inventaires de poissons dans les aires marines protégées de Méditerranée : influence de la surface et de l’ancienneté

Introduction à l'article

L’augmentation de l’urbanisation sur les littoraux de la Méditerranée impacte depuis plusieurs années les écosystèmes marins. Pour éviter le déclin de la biodiversité locale, des aires protégées (AP) marines permettent le suivi des états des écosystèmes ainsi que le contrôle de pêche. Les AP sont reconnues comme des moyens de gestion efficaces pour la conservation et l’augmentation de l’abondance des populations de poissons (Allison et al., 1998 ; Salm et al., 2000). Cependant les indices de diversité classique (nombre d’espèces, indice de Shannon) ne permettent pas de comparer les richesses spécifiques entre zones protégées par le biais des méthodes d'échantillonnage. On cherche alors à analyser les relations pouvant exister entre richesse spécifique et différentes variables des AP marines de Méditerranée. L'objectif de cet article est donc de comprendre quels sont les facteurs influençant la pérennité des aires protégées marines à partir de biotopes semblables.

Expériences de l'article

Dans un premier temps, il est question de lister toutes les espèces de poissons de Méditerranée afin de déterminer le peuplement total.
8 aires protégées marines sont étudiées en Méditerranée (Port-Cros, Scandola, les Lavezzi, les Mèdes, Monaco, Torre Guaceto, Tremiti et Porto Cesareo). Ces aires ont des biotopes comparables mais des dates de création et des surfaces différentes. Les inventaires des espèces de poissons trouvés de chaque zone sont répertoriés et mis régulièrement à jour par plusieurs méthodes d'échantillonnages différentes. Des paramètres descriptifs sont retenus pour analyser les facteurs influençant la diversité tels que l'âge de l'aire protégée, l'ancienneté de l'inventaire et la date de création de l'aire protégée. Afin de comparer les diversités de population entre les 8 AP marines, la diversité taxinomique moyenne et la variance de la diversité taxinomique sont calculées. Ces indices sont ensuite corrélés avec les âges des AP ainsi que leur superficie.

Résultats de l'article

La diversité taxinomique du peuplement total est de 331 espèces réparties en 94 familles.
Concernant les AP, 215 espèces sont reportées pour Port-Cros, 198 pour Scandola, 191 pour les Lavezzi, 136 pour les Mèdes, 108 pour Monaco, 105 pour Torre Guaceto, 75 pour Tremiti et Porto Cesareo. Port Cros, Scandola et les Lavezzi correspondent à la diversité attendu et comptent le plus grand nombre d'espèces des 8 AP. La diversité taxinomique moyenne est maximale à Port-Cros. Les AP des Lavezzi et Scandola sont également proches et à la limite de l’encadrement à 95% de la diversité taxinomique du peuplement total. Pour la variance de la diversité taxinomique, elle ne diffère pas de la valeur calculée pour le peuplement total.
Concernant les résultats des coefficients de corrélation non paramétriques de Spearman, la richesse spécifique ou la diversité taxinomique ne sont pas significativement corrélées à la surface mais sont fortement corrélées à l’ancienneté de la zone et de l’inventaire.

Rigueur de l'article

Les différentes méthodes d’inventaires utilisées pourraient influencer les résultats (relevés visuels en plongée sous-marine, anesthésiques, empoisonnements, captures par filets ou lignes).
L’état des zones périphériques des zones protégées ne sont également pas pris en compte et pourraient à long terme altérer les résultats car ces zones périphériques pourraient avoir une influence sur la diversité des populations de poissons.

Ce que cet article apporte au débat

Le degré de surveillance et la pérennité des zones protégées sont donc plus importants que la surface de la réserve pour abriter un peuplement de poissons riches en nombre d’espèce. Bien que les aires protégées permettent la conservation des espèces, des facteurs peuvent influencer la diversité spécifique. Les indices de diversité calculés ont permis de mesurer l’efficacité des zones protégées des écosystèmes marins de Méditerranée et ne sont pas biaisés par la stratégie d’échantillonnage. La taille d’une zone n’a donc pas d’influence sur la diversité taxinomique des poissons pour les zones de 500 ha ou plus. Les réserves les plus anciennes ont une richesse spécifique très importante ainsi qu’une diversité taxinomique plus forte que les aires récentes. Il est donc important de privilégier le développement de zones pérennes et convenablement surveillées, à des aires de grande surface.

Publiée il y a plus de 5 ans par M. Tauzin et M. Champagne.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Article : Comparaison des inventaires de poissons dans les aires marines protégées de Méditerranée : influence de la surface et de l’ancienneté
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  • Auteurs
    Florence DUFOUR, Paolo GUIDETTI & Patrice FRANCOUR
  • Année de publication
    2007
  • Journal
    ResearchGate
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Les inventaires réalisés dans 8 réserves marines de Méditerranée ont été comparés statistiquement après avoir été complétés : Port-Cros (France), Lavezzi et Scandola (Corse, France), Monaco, Mèdes (Espagne), Termiti, Torre Guace- to et Porto Cesareo (Italie). Ces aires marines protégées présentent des biotopes comparables, mais des dates de création (1963, Port-Cros à 1997, Porto Cesareo) et des surfaces différentes (418 ha, Mèdes, à 16600 ha à Porto Cesareo). Les inventaires, réalisés avec des méthodes variées (relevés visuels en plongée sous-marine, anesthésiques, empoisonnements, captures par filets ou lignes), ont été comparés à l’aide des indices développés par Clarke et Warwick (diversité taxino- mique moyenne et sa variance). Au total, 215 espèces sont reportées pour Port-Cros, 198 pour Scandola, 191 pour les Lavezzi, 136 pour les Mèdes, 108 pour Monaco, 105 pour Torre Guaceto, 75 pour Tremiti et Porto Cesareo, à comparer aux 331 espèces retenues pour le peuplement théorique en Méditerranée (sous-espèces, espèces profondes ou lessepsiennes exclues). Le nombre d’espèces trouvées à Port-Cros, à Scandola ou aux Lavezzi correspond à la diversité attendue en Méditerranée. La variance de la diversité taxinomique des zones convenablement protégées correspond aussi à celle qui est attendue en Méditerranée. La richesse spécifique et la diversité taxinomique sont corrélées à l’ancienneté des aires proté- gées, mais pas à leur taille. En terme de mise en place de nouvelles aires protégées, cela signifie que le degré de surveillan- ce et la pérennité des zones protégées sont plus importants que la surface de la réserve pour abriter un peuplement de pois- sons riche en nombre d’espèces.

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    Les aires protégées permettent-elles la conservation de la biodiversité ?
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