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Titre de l'article

Comparaison de la variation phénotypique entre les souris consanguines et non-consanguines

Introduction à l'article

La souris de laboratoire est le sujet expérimental le plus utilisé en recherche biomédicale. Pendant de nombreuses décennies, les souches de souris consanguines, telles que C57BL/6 et BALB/c, ont été préférées aux souches non-consanguines. Les souris consanguines sont utilisées lors d’études immunologiques, de cartographies génétiques des populations et d'études de génétique moléculaire. Ce fait est basé sur l’hypothèse selon laquelle que, chez les souches consanguines, la variabilité phénotypique (Vp) = la variabilité environnementale (Ve), alors que chez les animaux non-consanguins (Vg) + (Ve) = la variabilité des gènes environnementaux (Vge). Néanmoins, l'hétérogénéité génétique semble conduire dans certaines expériences à une plus grande variabilité phénotypique. Les auteurs ont donc cherché à tester leur hypothèse selon laquelle la variabilité phénotypique d’une souche diffère selon le type de souche et pourrait affecter leur utilité relative en tant que sujets expérimentaux.

Expériences de l'article

Les auteurs ont classé les souches dans l’un des deux « types de souches » : consanguines (I) ou non-consanguines (O). Pour évaluer si les lignées "I" et "O" présentent plus de variabilité phénotypique, ils ont passé en revue la littérature et comparé la variabilité des souris consanguines et non-consanguines testées simultanément pour le même caractère.
Ils ont tout d'abord trié des données extraites afin de sélectionner des données comparables entre elles. Ils ont ainsi étudié, chez les mâles et les femelles, différents paramètres comme la fécondité, la taille des souris, le développement ainsi que d'autres caractères comme la réponse au stress, l'anxiété…

Résultats de l'article

La littérature montre que les souches "O" ne sont pas plus phénotypiquement variables que les souche "I" dans les mêmes expériences. La variabilité phénotypique démontrée chez les souris consanguines peut refléter la condition inhabituelle d'états alléliques fixes et d'interactions alléliques. En réponse à une perturbation environnementale, la souris consanguine possède une réponse unique au stress, tandis que l'organisme non-consanguin possède plusieurs variantes alléliques impliquées dans des voies biologiques.
Ils en ont donc conclu que les souris non-consanguines sont plus appropriées dans de nombreuses applications de recherches sauf dans les cas d'études d'une régulation génotypique par exemple. L'utilisation d'une population diversifiée de souris et donc préférable lorsque les conclusions se veulent généralistes.

Rigueur de l'article

Cet article est en format particulier car, c'est un "nature méthod". Les auteurs ont donc extrait leurs données de la littérature en réalisant au préalable des recherches bibliographiques et, de ce fait, ont effectué un tri dans les données récoltées. Ils ont par exemple dû limiter les données extraites à trois mesures par articles afin d'éviter le sur-échantillonnage des données, mais également en excluant certaines données disponibles présentes dans 48 articles pour cause de format non adapté ou autre. Ils ont également choisi de catégoriser les données, ce qui est nécessaire aux analyses statistiques mais cela introduit également des biais d'analyses. Leurs arguments de classifications semblent cependant solides.

Ce que cet article apporte au débat

Cet article met en lumière le fait que la consanguinité peu éventuellement affecter les résultats de recherche et, que dans la mesure du possible, les souches non-consanguines restent à privilégier afin de généraliser les hypothèses. Il est donc essentiel de se renseigner sur la nature du modèle et sur les caractéristiques des souches au préalable, afin de trouver un modèle optimal.

Remarques sur l'article

Les auteurs ont observé que la consanguinité affecte l'utilité de telle ou telle souris en tant que sujet d'expériences. En effet, on observe pour les souris consanguines, une réduction de la fécondité, du nombre de petits par portées et de la taille alors que les souris non consanguines ont globalement des comportements plus agités et stressés que les souris consanguines.

En raison de la forte sélection d'allèles non létaux à l'état homozygote, le développement de souris consanguines peut avoir conduit à un relâchement de la pression de sélection sur des gènes liés à l'aptitude physique et de réponse au stress.

Publiée il y a plus de 5 ans par MaudLaffitte et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Article : Comparing phenotypic variation between inbred and outbred mice
  • 1
  • Auteurs
    Alexander H. Tuttle, Vivek M. Philip, Elissa J. Chesler, Jeffrey S. Mogil
  • Année de publication
    2018
  • Journal
    Nature Methods
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Inbred mice are preferred over outbred mice because it is assumed that they display less trait variability. We compared coefficients of variation and did not find evidence of greater trait stability in inbred mice. We conclude that contrary to conventional wisdom, outbred mice might be better subjects for most biomedical research.

  • Identifiant unique
    10.1038/s41592-018-0224-7
  • Accès libre
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  • Apparait dans la controverse
    L'impact de la consanguinité et la dépression hybride sur les populations.
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