Beekeepers in Europe, North America and other parts of the world have repeatedly been afflicted by elevated and sometimes unexplained colony losses. Multiple factors have been considered in connection with increased winter losses. In addition to national programmes investigating possible causes for increased honey bee mortality, scientists collaborate at an international level on different aspects of bee health within the COLOSS network. Within this network, Working Group 4 explores aspects of genetic diversity in relation to the vitality and health of honey bee populations. In this paper, we briefly review the genetic diversity of honey bees in Europe, discuss the effects of beekeeping and selective breeding on honey bee populations under the aspect of genetic diversity and bee health, and review the current status of EU legislation with respect to protection of native bee populations. We introduce and discuss recent approaches in honey bee selective breeding to improve disease resistance by introducing traits related to colony vitality. Finally, we present the aims of WG4 within the COLOSS network and briefly introduce our experimental approach.
Titre de la review
Conserver la diversité et la vitalité des colonies lors de la sélection
Conserver la diversité et la vitalité des colonies lors de la sélection
Résumé de la review
Dans un contexte de forte perte des colonies d'abeilles l'Union Européenne a financé en 2009 le réseau COLOSS (prevention of COlony LOSSes), un réseau de scientifiques qui collaborent sur les différents aspects de la santé des colonies d'abeilles. Au sein de ce réseau 4 groupes de travail couvrent les différents aspects de la santé des abeilles : suivis et diagnostics, ravageurs et pathogènes, environnement et apiculture, diversité et vitalité. Ce dernier groupe a réalisé cette revue pour comprendre la santé des colonies d'abeilles en prenant en compte la variabilité génétique des abeilles et leurs adaptations locales.
Premièrement ils brossent un rapide portrait de la diversité génétique des abeilles domestiques en Europe. Pour cela ils effectuent un résumé de l'article de De la Rua et al. (2009) analysé dans notre controverse.
Ensuite ils explorent les effets de l'apiculture et de la sélection sur la diversité génétique et la santé des populations d'abeilles. Aujourd'hui toutes les populations d'Apis mellifera présentes en Europe sont gérées par les apiculteurs, il n'y a plus réellement de populations sauvages. Cela est probablement dû à la destruction des habitats naturels et à la propagation de Varroa destructor. De plus l'importation dans toute l'Europe de reines d' A. m. carnica et A. m. ligustica qui sont commercialement plus intéressantes modifie la génétique des sous-espèces locales. Des introgressions de sous-espèces non-locales sont constatées dans de nombreuses régions en Europe. Cela a pour conséquence la perte de diversité génétique par la perte des traits caractéristiques aux sous-espèces locales. De plus, les populations Européennes sont assez petites et de faible densité rendant les efforts de conservation assez difficiles.
En ce qui concerne le statut législatif européen pour la protection des populations locales d'abeilles, la règle générale est celle du libre échange en Europe. Cependant en 2001, la cour européenne a établit que la conservation des populations locales pouvait être prioritaire sur le libre-échange. La seule directive qui existe en faveur des races locales est en agriculture biologique où les apiculteurs sont encouragés à utiliser des races locales.
L’adaptation locale signifie que certaines colonies se portent mieux que les autres au fil des générations car elles s'adaptent à leur environnement (et à ses pathogènes). Le processus d'adaptation peut se réaliser naturellement en l'absence d'introduction d'abeilles non-locales (sélection naturelle) et il peut aussi être encouragé par l'apiculteur. Cependant, les techniques actuelles d'apiculture tendent plutôt à réduire la vitalité et l'adaptation des colonies en les protégeant des pressions de sélection. Les auteurs proposent une prise en compte des traits de vitalité de la colonie dans les programmes de sélection pour favoriser les traits de résistance et non pas seulement les traits de productivité. Ces traits de vitalité pourraient être par exemple : le comportement hygiéniste, le développement réduit de varroa, la capacité à survivre à l'hiver. Cela apporterait un compromis où l'on considère aussi bien les traits importants pour les apiculteurs, que ceux importants à la survie de la colonie lors des programmes de sélection. L'idée de base est donc d'introduire des éléments de sélection naturelle dans les protocoles de sélection plutôt que d'empêcher le processus de sélection naturelle d'avoir lieu.
En conclusion l'objectif du groupe de travail "diversité et vitalité" du projet COLOSS est de réduire la dépendance des agriculteurs pour les traitements contre les pathogènes et d'améliorer la santé des colonies d'abeilles en incluant la notion de vitalité dans la sélection. Pour cela ils vont développer des indicateurs de vitalité, établir des méthodes pour évaluer les colonies avec ces indicateurs et étudier le rôle des interactions génétique environnement pour la vitalité des colonies (cf. Büchler et al. 2014 pour les résultats de l'étude).
Dans un contexte de forte perte des colonies d'abeilles l'Union Européenne a financé en 2009 le réseau COLOSS (prevention of COlony LOSSes), un réseau de scientifiques qui collaborent sur les différents aspects de la santé des colonies d'abeilles. Au sein de ce réseau 4 groupes de travail couvrent les différents aspects de la santé des abeilles : suivis et diagnostics, ravageurs et pathogènes, environnement et apiculture, diversité et vitalité. Ce dernier groupe a réalisé cette revue pour comprendre la santé des colonies d'abeilles en prenant en compte la variabilité génétique des abeilles et leurs adaptations locales.
Premièrement ils brossent un rapide portrait de la diversité génétique des abeilles domestiques en Europe. Pour cela ils effectuent un résumé de l'article de De la Rua et al. (2009) analysé dans notre controverse.
Ensuite ils explorent les effets de l'apiculture et de la sélection sur la diversité génétique et la santé des populations d'abeilles. Aujourd'hui toutes les populations d'Apis mellifera présentes en Europe sont gérées par les apiculteurs, il n'y a plus réellement de populations sauvages. Cela est probablement dû à la destruction des habitats naturels et à la propagation de Varroa destructor. De plus l'importation dans toute l'Europe de reines d' A. m. carnica et A. m. ligustica qui sont commercialement plus intéressantes modifie la génétique des sous-espèces locales. Des introgressions de sous-espèces non-locales sont constatées dans de nombreuses régions en Europe. Cela a pour conséquence la perte de diversité génétique par la perte des traits caractéristiques aux sous-espèces locales. De plus, les populations Européennes sont assez petites et de faible densité rendant les efforts de conservation assez difficiles.
En ce qui concerne le statut législatif européen pour la protection des populations locales d'abeilles, la règle générale est celle du libre échange en Europe. Cependant en 2001, la cour européenne a établit que la conservation des populations locales pouvait être prioritaire sur le libre-échange. La seule directive qui existe en faveur des races locales est en agriculture biologique où les apiculteurs sont encouragés à utiliser des races locales.
L’adaptation locale signifie que certaines colonies se portent mieux que les autres au fil des générations car elles s'adaptent à leur environnement (et à ses pathogènes). Le processus d'adaptation peut se réaliser naturellement en l'absence d'introduction d'abeilles non-locales (sélection naturelle) et il peut aussi être encouragé par l'apiculteur. Cependant, les techniques actuelles d'apiculture tendent plutôt à réduire la vitalité et l'adaptation des colonies en les protégeant des pressions de sélection. Les auteurs proposent une prise en compte des traits de vitalité de la colonie dans les programmes de sélection pour favoriser les traits de résistance et non pas seulement les traits de productivité. Ces traits de vitalité pourraient être par exemple : le comportement hygiéniste, le développement réduit de varroa, la capacité à survivre à l'hiver. Cela apporterait un compromis où l'on considère aussi bien les traits importants pour les apiculteurs, que ceux importants à la survie de la colonie lors des programmes de sélection. L'idée de base est donc d'introduire des éléments de sélection naturelle dans les protocoles de sélection plutôt que d'empêcher le processus de sélection naturelle d'avoir lieu.
En conclusion l'objectif du groupe de travail "diversité et vitalité" du projet COLOSS est de réduire la dépendance des agriculteurs pour les traitements contre les pathogènes et d'améliorer la santé des colonies d'abeilles en incluant la notion de vitalité dans la sélection. Pour cela ils vont développer des indicateurs de vitalité, établir des méthodes pour évaluer les colonies avec ces indicateurs et étudier le rôle des interactions génétique environnement pour la vitalité des colonies (cf. Büchler et al. 2014 pour les résultats de l'étude).
Rigueur de la review
Cette review est rigoureuse et bien référencée. Elle met clairement en place les objectifs du groupe de travail 4 du projet COLOSS et apporte des perspectives sur les pratiques actuelles en apiculture.
Cette review est rigoureuse et bien référencée. Elle met clairement en place les objectifs du groupe de travail 4 du projet COLOSS et apporte des perspectives sur les pratiques actuelles en apiculture.
Ce que cette review apporte au débat
Cette review est importante pour le débat car elle apporte des suggestions pour améliorer les programmes de sélection afin d'intégrer des traits de résistance dans les schémas de sélection au même titre que les traits de productivité ou de comportement. Cela nous semble être une piste importante pour enrayer la perte de diversité qu'impliquent les pratiques de sélection actuelle. C'est un bon compromis pour trouver une solution durable à la lutte contre les pathogènes tels que Varroa destructor.
Cette review est importante pour le débat car elle apporte des suggestions pour améliorer les programmes de sélection afin d'intégrer des traits de résistance dans les schémas de sélection au même titre que les traits de productivité ou de comportement. Cela nous semble être une piste importante pour enrayer la perte de diversité qu'impliquent les pratiques de sélection actuelle. C'est un bon compromis pour trouver une solution durable à la lutte contre les pathogènes tels que Varroa destructor.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.