Le Sahel, au cours de ces dernières décennies, a connu deux crises majeures de sécheresse presque contiguës. Actuellement, et depuis le début des années 1990, la tendance pluviométrique montre un retour vers les normes antérieures aux années 1970 avec, cependant, une intensité des pluies nettement plus importante et une longueur de la saison des pluies qui semble ne pas s’améliorer par rapport aux décennies de sécheresse.
Par ailleurs, depuis la moitié du 20esiècle, la population sahélienne a plus que triplé et les prévisions pour 2050 avancent un facteur de croissance de l’ordre de 10. Les taux décroissance urbaine sont encore plus impressionnants et entraînent chaque jour d’importants bouleversements environnementaux. Une telle pression anthropique engendre un déboisement incontrôlé pour satisfaire les besoins en énergie des populations, la demande en bois d’œuvre et l’expansion agricole. En outre, le cheptel toujours plus nombreux et devant se satisfaire de parcours continuellement réduits engendre un surpâturage. Le tout provoque donc une dégradation de la couverture végétale du sol, une diminution constante des rendements des cultures, mais également une forte réduction de la biodiversité. L’une des conséquences se marque dans la réactivation des dunes anciennes mises en place au cours du dernier inter pluvial (18 000 BP).
L’article fait le point sur la controverse actuelle qui entoure les processus de désertification avant de conclure que si les crises de sécheresse des années 1970 et 1980 ont été catastrophiques pour les populations du Sahel, les croissances anthropiques actuelle et future vont engendrer une désertification grandissante dans la bordure sud du Sahara.
Titre de l'article
Désertification au Sahel : crise climatique ou anthropique ?
Désertification au Sahel : crise climatique ou anthropique ?
Introduction à l'article
Le phénomène de désertification est considéré comme l’une des problématiques environnementales les plus préoccupante du 21e siècle (World Bank 2003). La désertification menacerait 34% des terres mondiales associées à près de deux milliards d’individus (MEA 2005) et a des pertes financières de près de 42 milliards de dollars par an (Dregne & Chou 1992).
Cependant, l'absence de réels, robustes et pertinents indicateurs de mesure ou de suivi de ce phénomène fait débat dans la communauté scientifique et biaise les études à ce sujet. Plus particulièrement, la nature de l'origine de ces changements climatiques observés, majoritairement en Afrique de l'Ouest, sont encore controversées.
Cet article se veut de faire le point sur l'état des connaissances et résultats scientifiques obtenus concernant les changements climatiques dans le but de déterminer si les causes de la désertification sont d'origines naturelles ou anthropiques et si ces processus sont en expansion ou en déclin.
Le phénomène de désertification est considéré comme l’une des problématiques environnementales les plus préoccupante du 21e siècle (World Bank 2003). La désertification menacerait 34% des terres mondiales associées à près de deux milliards d’individus (MEA 2005) et a des pertes financières de près de 42 milliards de dollars par an (Dregne & Chou 1992).
Cependant, l'absence de réels, robustes et pertinents indicateurs de mesure ou de suivi de ce phénomène fait débat dans la communauté scientifique et biaise les études à ce sujet. Plus particulièrement, la nature de l'origine de ces changements climatiques observés, majoritairement en Afrique de l'Ouest, sont encore controversées.
Cet article se veut de faire le point sur l'état des connaissances et résultats scientifiques obtenus concernant les changements climatiques dans le but de déterminer si les causes de la désertification sont d'origines naturelles ou anthropiques et si ces processus sont en expansion ou en déclin.
Expériences de l'article
L'intérêt de l'Afrique de l'Ouest comme site d'étude concernant le phénomène de désertification, et plus particulièrement à la région du Sahel, est lié au fait que cette région a toujours connu une alternance entre périodes sèches et humides, mais qu'actuellement celle-ci connait le déficit de pluviométrie le plus intense jamais enregistré depuis le 20ème siècle (Dai et al 1998)
Des données de mesure de pluviométrie au Niger ont été récupérées et analysées et un « indice d’anomalie pluviométrique » a été calculé afin d'observer l'évolution de la pluviométrie au cours du temps. L'article repose sur l'analyse de cet indice puis sur une analyse de l'évolution anthropique de la région, basée sur différentes données tels que la démographie et le niveau de déboisement et de pâturage de la région, est réalisée.
Dans une dernière partie, l'auteur présente différents articles et les analyses afin de mettre en évidences certains biais méthodologiques pouvant affecter les conclusions énoncées.
L'intérêt de l'Afrique de l'Ouest comme site d'étude concernant le phénomène de désertification, et plus particulièrement à la région du Sahel, est lié au fait que cette région a toujours connu une alternance entre périodes sèches et humides, mais qu'actuellement celle-ci connait le déficit de pluviométrie le plus intense jamais enregistré depuis le 20ème siècle (Dai et al 1998)
Des données de mesure de pluviométrie au Niger ont été récupérées et analysées et un « indice d’anomalie pluviométrique » a été calculé afin d'observer l'évolution de la pluviométrie au cours du temps. L'article repose sur l'analyse de cet indice puis sur une analyse de l'évolution anthropique de la région, basée sur différentes données tels que la démographie et le niveau de déboisement et de pâturage de la région, est réalisée.
Dans une dernière partie, l'auteur présente différents articles et les analyses afin de mettre en évidences certains biais méthodologiques pouvant affecter les conclusions énoncées.
Résultats de l'article
L'analyse de la pluviométrie au Niger a permis de mettre en évidence une seule réelle rupture climatique en 1967 (Figure), suivi d'une amélioration des précipitations jusqu'à aujourd'hui. De plus, des études montrent que depuis 1968, le nombre de jour de pluie a été significativement modifié (Tarhule & Woo, 1998) sachant qu'entre 1940 et 2002 on observe une diminution significative du nombre de jour de pluie par décennie et une augmentation significative de l’intensité pluviométrique moyenne par jour de pluie.
Parallèlement, on observe une explosion démographique urbaine dans les pays du Sahel (Hens & Boon, 1999) forçant la déforestation (FAO, 2001) et l'augmentation de la pression de pâturage sur l'écosystème (Mainguet, 1990). De ce fait, les sols sont mis à nu et exposés exposé à tous les types d’érosion tels que la déflation éolienne.
L'analyse de la pluviométrie au Niger a permis de mettre en évidence une seule réelle rupture climatique en 1967 (Figure), suivi d'une amélioration des précipitations jusqu'à aujourd'hui. De plus, des études montrent que depuis 1968, le nombre de jour de pluie a été significativement modifié (Tarhule & Woo, 1998) sachant qu'entre 1940 et 2002 on observe une diminution significative du nombre de jour de pluie par décennie et une augmentation significative de l’intensité pluviométrique moyenne par jour de pluie.
Parallèlement, on observe une explosion démographique urbaine dans les pays du Sahel (Hens & Boon, 1999) forçant la déforestation (FAO, 2001) et l'augmentation de la pression de pâturage sur l'écosystème (Mainguet, 1990). De ce fait, les sols sont mis à nu et exposés exposé à tous les types d’érosion tels que la déflation éolienne.
Rigueur de l'article
Certains résultats tels que l'augmentation des événements pluvieux de forte intensité manquent un peu de robustesse et nécessitent d'être complétés par des analyses, en cours à l'époque de l'article, mais les résultats préliminaires énoncés sont en accord avec ceux du Groupe Intergouvernemental d’Experts sur le Climat (GIEC) de 2001 selon lequel «les précipitations extrêmes devraient augmenter plus que la moyenne annuelle et l’intensité des événements pluvieux est supposée augmenter» (Houghton et al. 2001).
Dans une troisième partie, l'article fait l'analyse de différents papiers présentés par des acteurs de la controverse. Les auteurs basent leur critique sur les biais méthodologiques liés aux analyses mises en places affectant la validité des résultats énoncés. La critique est constructive, objective et basée sur des faits scientifiques.
Ce n'est que dans la conclusion que les auteurs s'expriment sur leurs positions concernant la controverse.
Certains résultats tels que l'augmentation des événements pluvieux de forte intensité manquent un peu de robustesse et nécessitent d'être complétés par des analyses, en cours à l'époque de l'article, mais les résultats préliminaires énoncés sont en accord avec ceux du Groupe Intergouvernemental d’Experts sur le Climat (GIEC) de 2001 selon lequel «les précipitations extrêmes devraient augmenter plus que la moyenne annuelle et l’intensité des événements pluvieux est supposée augmenter» (Houghton et al. 2001).
Dans une troisième partie, l'article fait l'analyse de différents papiers présentés par des acteurs de la controverse. Les auteurs basent leur critique sur les biais méthodologiques liés aux analyses mises en places affectant la validité des résultats énoncés. La critique est constructive, objective et basée sur des faits scientifiques.
Ce n'est que dans la conclusion que les auteurs s'expriment sur leurs positions concernant la controverse.
Ce que cet article apporte au débat
L'article met en évidence les changements climatiques actuels au Sahel, tels que la diminutions moyenne des précipitations et l'intensification des épisodes climatiques violents. Ainsi, ils montrent l'impact des forçages climatiques sur les phénomènes observés dans la région du Sahel.
De plus, des modifications de l'écosystème liées à une pression anthropique sur le milieu, via notamment la surpopulation de la région du Sahel, sont mises en évidence. La croissance démographique importante force le déboisement des écosystèmes forestier et le surpâturage du milieu, ces actions ont pour conséquences de fragiliser les écosystèmes. Les forçages climatiques sont montrés comme facteurs impliqués dans le phénomène de désertification des terres.
Ainsi, l’auteur présente à la fois un rôle des forçages climatiques et anthropiques dans la mise en place des phénomènes de désertification au Sahel et montre que ces forçages ne sont pas indépendants mais s’entremêlent et sont indissociables.
L'article met en évidence les changements climatiques actuels au Sahel, tels que la diminutions moyenne des précipitations et l'intensification des épisodes climatiques violents. Ainsi, ils montrent l'impact des forçages climatiques sur les phénomènes observés dans la région du Sahel.
De plus, des modifications de l'écosystème liées à une pression anthropique sur le milieu, via notamment la surpopulation de la région du Sahel, sont mises en évidence. La croissance démographique importante force le déboisement des écosystèmes forestier et le surpâturage du milieu, ces actions ont pour conséquences de fragiliser les écosystèmes. Les forçages climatiques sont montrés comme facteurs impliqués dans le phénomène de désertification des terres.
Ainsi, l’auteur présente à la fois un rôle des forçages climatiques et anthropiques dans la mise en place des phénomènes de désertification au Sahel et montre que ces forçages ne sont pas indépendants mais s’entremêlent et sont indissociables.
Figure
Précipitations annuelles au Niger (d’après la méthode de JONES & HULME 1996), moyennes des sous-séries pluviométriques avant et après le point de rupture de 1967, ainsi que pour les sous-séries 1968-1987 et 1994-2004 (données provenant de vingt stations).
Précipitations annuelles au Niger (d’après la méthode de JONES & HULME 1996), moyennes des sous-séries pluviométriques avant et après le point de rupture de 1967, ainsi que pour les sous-séries 1968-1987 et 1994-2004 (données provenant de vingt stations).
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