(pas d'abstract mais une introduction)
This paper is a response to the recent criticisms of Gaia theory by Kirchner and Volk, in this journal (Kirchner, 2002; Volk, 2002). As noted by Kirchner, there is a need for more dialogue on this topic, and we write in this spirit with the intention of helping clear a pathway ‘Toward a future for Gaia theory’, to use Volk’s phrase. We agree with Kirchner and Volk on a number of points. Our purpose here is to clarify outstanding differences and suggest how they may be resolved, in the hope that this will help form a basis for developing the Gaia theory. ‘Gaia’ is a particular type of open thermodynamic system, planetary in scale with abundant life tightly coupled to its environment. Planet Earth hosts the only known example, for which the name ‘Gaia’ was introduced. The Gaia theory aims to explain the development and functioning of Gaia systems, and is currently restricted to this one example. Our central point is that the functioning of such systems must be consistent with natural selection occurring within them, but this does not mean that planetary-scale regulation has to be the product of natural selection. We try to move from the more general questions raised by Volk to the more specific issues tackled by Kirchner. We begin by considering what constitutes a reasonable basis for generalising about the behaviour of Gaia systems (Section 2). Then we consider the possible explanations for the persistence of life on Earth (Section 3). We associate the ‘Gaia theory’ with the idea that regulatory feedbacks are a probable outcome on planets with abundant life, but note that if this is proved wrong and the existence of regulatory feedbacks on Earth turns out to be good luck, this still leaves an important research agenda. We briefly review the basic tenets of the Gaia theory (Section 4), and expand on the facts that Gaia systems are expected to contain both positive and negative feedback (Section 5), and both feedback from by-products of selection (Section 6) and feedback involving natural selection (Section 7). Means of distinguishing the results of environmental enhancement and adaptation to the environment are suggested (Section 8). We conclude by discussing how conceptions of Gaia have contributed to the emerging field of ‘Earth system science’ (Section 9).
Titre de la review
Développement de la Théorie Gaïa : une réponse aux critiques de Kirchner et Volk.
Développement de la Théorie Gaïa : une réponse aux critiques de Kirchner et Volk.
Résumé de la review
Cet article a pour but de clarifier la Théorie Gaia et d’ouvrir une voie à son développement. Lenton et Wilkinson répondent aux critiques de Volk et Kirchner, bien qu’ils disent être d’accord avec eux sur de nombreux points. Pour les auteurs, « Gaïa » constitue un système thermodynamique ouvert à l’échelle de la planète caractérisé par un couplage étroit des êtres vivants (EV) avec leur environnement. Les rétroactions régulatrices (RR) sont vues comme le résultat probable d’une planète avec une vie abondante. « Gaïa » tient compte de la sélection naturelle mais n’en découle pas.
En réponse à Volk, les auteurs expliquent que la TG ne propose pas de grands principes mais doit être pensée en termes de probabilités vu la complexité du système. Un effort a été fait pour tenir compte d’exemples contredisant la TG. Les auteurs retournent la critique à Volk qui ne semble pas appliquer à son travail ou à celui de Kirchner la rigueur scientifique qu’il décrit.
La TG propose 3 scénarios pour expliquer la persistance de la vie sur Terre : i) la pure chance, ii) par chance des RR favorisant la vie se sont mises en place (Lucky Gaia), iii) les RR sont prédominantes et permettent le maintien de la vie (Probable Gaia), ce dernier scénario étant vu comme le plus probable. Une rétroaction est régulatrice si elle augmente la résistance ou la résilience du système ou introduit une forme de bi stabilité. L’existence de RR dépend de 3 conditions : les EV modifient leur environnement, ils se reproduisent et croissent, ils sont contraints par l’environnement. Et non pas de la sélection naturelle.
Contre Kirchner, dans la TG on ne dit pas que les RR sont seulement négatives et que les positives sont déstabilisantes. Ni même que le signe total des rétroactions est négatif. Dans le modèle Daisyworld, la RR est positive et stabilisante. L’homéostasie implique des rétroactions positives et négatives mais qui peuvent s’exprimer sur des échelles de temps différentes. Les cycles glaciaires pourraient s’expliquer par la combinaison de rétroactions positives rapides lors des phases de transition et négatives plus lentes lors des périodes stables. Dans le premier cas le signe prédominant du système est positif et dans le second négatif (comme aujourd’hui). La TG s’applique sur les derniers 3.5 milliards d’années, depuis l’apparition de la vie, et donc il serait inadapté de la tester seulement à partir de phénomène actuels.
Pour Kirchner et Volk, la TG est difficilement compatible avec la sélection naturelle. Les auteurs distinguent les RR impliquant la sélection et celles qui en dérive en tant que « sous-produits » e.g. l’altération de silicates (puits de Co2) et la production de DiMétyl Sulphide. Dans certains cas, la sélection naturelle est impliquée dans la mise en place de RR si les EV porteurs du trait « améliorateur » de l’environnement en bénéficient plus que les non-porteurs. Par exemple, dans un milieu pauvre en azote (N) les plantes fixatrices sont avantagées jusqu’à ce que le N qu’elles introduisent dans le système et dont bénéficient les autres plantes devienne assez abondant. La fixation ne constitue plus un avantage, mais est de nouveau sélectionné en cas d’appauvrissement : le système se stabilise.
Les auteurs disent qu’il existe des cas où la vie est abondante à cause de l’amélioration globale de l’environnement (les RR dominent) et des cas où les organismes se sont adaptés à l’environnement. Le cas de la forêt tropicale humide s’éclaircira en cas de basculement du système (graduel si adaptation domine ou brutal si RR dominent). Les auteurs notent qu’ils existent des limites à l’adaptation des EV et qu’elle ne peut expliquer à elle seule certains « ajustements » des EV à leur environnement (e.g. rapport de Redfield).
En conclusion les auteurs soutiennent que la TG suit le schéma classique d’acceptation progressive des théories scientifiques en passant par une phase de critique avant sa validation finale.
Cet article a pour but de clarifier la Théorie Gaia et d’ouvrir une voie à son développement. Lenton et Wilkinson répondent aux critiques de Volk et Kirchner, bien qu’ils disent être d’accord avec eux sur de nombreux points. Pour les auteurs, « Gaïa » constitue un système thermodynamique ouvert à l’échelle de la planète caractérisé par un couplage étroit des êtres vivants (EV) avec leur environnement. Les rétroactions régulatrices (RR) sont vues comme le résultat probable d’une planète avec une vie abondante. « Gaïa » tient compte de la sélection naturelle mais n’en découle pas.
En réponse à Volk, les auteurs expliquent que la TG ne propose pas de grands principes mais doit être pensée en termes de probabilités vu la complexité du système. Un effort a été fait pour tenir compte d’exemples contredisant la TG. Les auteurs retournent la critique à Volk qui ne semble pas appliquer à son travail ou à celui de Kirchner la rigueur scientifique qu’il décrit.
La TG propose 3 scénarios pour expliquer la persistance de la vie sur Terre : i) la pure chance, ii) par chance des RR favorisant la vie se sont mises en place (Lucky Gaia), iii) les RR sont prédominantes et permettent le maintien de la vie (Probable Gaia), ce dernier scénario étant vu comme le plus probable. Une rétroaction est régulatrice si elle augmente la résistance ou la résilience du système ou introduit une forme de bi stabilité. L’existence de RR dépend de 3 conditions : les EV modifient leur environnement, ils se reproduisent et croissent, ils sont contraints par l’environnement. Et non pas de la sélection naturelle.
Contre Kirchner, dans la TG on ne dit pas que les RR sont seulement négatives et que les positives sont déstabilisantes. Ni même que le signe total des rétroactions est négatif. Dans le modèle Daisyworld, la RR est positive et stabilisante. L’homéostasie implique des rétroactions positives et négatives mais qui peuvent s’exprimer sur des échelles de temps différentes. Les cycles glaciaires pourraient s’expliquer par la combinaison de rétroactions positives rapides lors des phases de transition et négatives plus lentes lors des périodes stables. Dans le premier cas le signe prédominant du système est positif et dans le second négatif (comme aujourd’hui). La TG s’applique sur les derniers 3.5 milliards d’années, depuis l’apparition de la vie, et donc il serait inadapté de la tester seulement à partir de phénomène actuels.
Pour Kirchner et Volk, la TG est difficilement compatible avec la sélection naturelle. Les auteurs distinguent les RR impliquant la sélection et celles qui en dérive en tant que « sous-produits » e.g. l’altération de silicates (puits de Co2) et la production de DiMétyl Sulphide. Dans certains cas, la sélection naturelle est impliquée dans la mise en place de RR si les EV porteurs du trait « améliorateur » de l’environnement en bénéficient plus que les non-porteurs. Par exemple, dans un milieu pauvre en azote (N) les plantes fixatrices sont avantagées jusqu’à ce que le N qu’elles introduisent dans le système et dont bénéficient les autres plantes devienne assez abondant. La fixation ne constitue plus un avantage, mais est de nouveau sélectionné en cas d’appauvrissement : le système se stabilise.
Les auteurs disent qu’il existe des cas où la vie est abondante à cause de l’amélioration globale de l’environnement (les RR dominent) et des cas où les organismes se sont adaptés à l’environnement. Le cas de la forêt tropicale humide s’éclaircira en cas de basculement du système (graduel si adaptation domine ou brutal si RR dominent). Les auteurs notent qu’ils existent des limites à l’adaptation des EV et qu’elle ne peut expliquer à elle seule certains « ajustements » des EV à leur environnement (e.g. rapport de Redfield).
En conclusion les auteurs soutiennent que la TG suit le schéma classique d’acceptation progressive des théories scientifiques en passant par une phase de critique avant sa validation finale.
Rigueur de la review
Lenton et Wilkinson semblent attachés à la Théorie Gaia comme héritage de Lovelock. Ce qui est compréhensible (paternité de la théorie) mais pourrait altérer leur capacité à l’autocritique. Ils ne semblent pas vraiment tenir compte des critiques mais cherchent à prouver que la TG reste valide, quasiment de façon parallèle aux critiques. Pour eux, Kirchner et Volk manquent en quelque sorte leur cible : soit il s’agit d’interprétations erronées de la théorie, soit la TG assume ces critiques « parallèlement » à ce qu’avance Lenton, Wilkinson et Kleidon.
In fine, les critiques de Kirchner et Volk visaient peut-être une évolution de la TG (quitte à s’éloigner des idées de Lovelock) et non sa dissolution. Dans ce sens, les auteurs auraient pu mieux en tenir compte. Reste que la TG semble avoir souffert d’importantes incompréhensions de la part de ses détracteurs et de méfiance à cause de l’ambiguïté du mot « Gaïa ».
Lenton et Wilkinson semblent attachés à la Théorie Gaia comme héritage de Lovelock. Ce qui est compréhensible (paternité de la théorie) mais pourrait altérer leur capacité à l’autocritique. Ils ne semblent pas vraiment tenir compte des critiques mais cherchent à prouver que la TG reste valide, quasiment de façon parallèle aux critiques. Pour eux, Kirchner et Volk manquent en quelque sorte leur cible : soit il s’agit d’interprétations erronées de la théorie, soit la TG assume ces critiques « parallèlement » à ce qu’avance Lenton, Wilkinson et Kleidon.
In fine, les critiques de Kirchner et Volk visaient peut-être une évolution de la TG (quitte à s’éloigner des idées de Lovelock) et non sa dissolution. Dans ce sens, les auteurs auraient pu mieux en tenir compte. Reste que la TG semble avoir souffert d’importantes incompréhensions de la part de ses détracteurs et de méfiance à cause de l’ambiguïté du mot « Gaïa ».
Ce que cette review apporte au débat
Cette review a montré que :
1) les promoteurs de la TG ont une volonté de maintenir leurs positions (comme certains détracteurs) et d’affirmer la crédibilité scientifique de la théorie (voire la leur).
2) la TG est très complexe et doit être pensée « en termes de probabilités » mais n’indique aucun mécanisme d’ordre universel.
3) la TG a pu souffrir d’une forme de méconnaissance de la part des détracteurs et aussi d’une méfiance due au nom « Gaia ».
4) la TG contient une part de subjectivité dans ce qui lui est propre (ou non).
5) la TG a besoin d’être développée, testée. Peut-être en amont d’une évolution vers une forme consensus, quitte à s’éloigner de certaines idées de Lovelock.
Cette review a montré que :
1) les promoteurs de la TG ont une volonté de maintenir leurs positions (comme certains détracteurs) et d’affirmer la crédibilité scientifique de la théorie (voire la leur).
2) la TG est très complexe et doit être pensée « en termes de probabilités » mais n’indique aucun mécanisme d’ordre universel.
3) la TG a pu souffrir d’une forme de méconnaissance de la part des détracteurs et aussi d’une méfiance due au nom « Gaia ».
4) la TG contient une part de subjectivité dans ce qui lui est propre (ou non).
5) la TG a besoin d’être développée, testée. Peut-être en amont d’une évolution vers une forme consensus, quitte à s’éloigner de certaines idées de Lovelock.
Remarques sur la review
Les auteurs n’emploient pas les termes « Hypothèse Gaïa » mais « Théorie Gaïa ».
Les auteurs n’emploient pas les termes « Hypothèse Gaïa » mais « Théorie Gaïa ».
Dernière modification il y a plus de 9 ans.