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Titre de l'article

Effets directs et indirects de la pollution lumineuse sur les performances d'un insecte herbivore

Introduction à l'article

Les zones urbaines sont très souvent baignées dans une lumière parfois très intense et de façon constante. Il est logique de tenter d'évaluer l'impact de ces éclairages artificiels constants sur les organismes vivants et sur les interactions entre ces organismes. Notre sujet portant principalement sur l'impact des éclairages artificiels sur les végétaux des zones urbaines, l'étude ici présente apporte un regard légèrement différent en montrant l'impact des éclairages artificiels sur le développement de larves d'insectes herbivores ainsi que sur le développement des plantes. En effet, il est légitime de penser qu'un éclairage artificiel modifiant le développement des herbivores puisse avoir un impact sur le développement des plantes elles-mêmes.

Expériences de l'article

Dans la région de Denver-Metro, des prairies mixes représentent des «îles» d'habitat de prairie dans un paysage urbain, elles maintiennent une communauté diversifiée d'insectes, notamment des abeilles, des papillons, des sauterelles et des papillons de nuit . Les plantes et les insectes ont été collectés pour l'expérience dans huit sites de prairie d'une superficie de 5 à 15 ha avec 2 à 5 lampadaires au sodium à haute pression le long d'au moins un bord du site. L'éclairage est déterminé en Lux, en notant les distances entre les collectes et les sources de lumière.
Mesure de la rigidité de la plante selon une méthode de cup-string method, Séchage à 60°c pendant 3 jours pour mesurer la biomasse des tissus secs, rapport C: N par broyage de la biomasse aérienne dans un broyeur mélangeur et envoyé des échantillons traités.
Mesure de la biomasse des larves d'insectes herbivores.

Résultats de l'article

Figure 1 : Évaluation des performance des plantes selon l'éclairage de rue ou sans éclairage. La "performance" est définie par la biomasse des plantes à l'issue de l'expérience, le ratio C:N et la rigidité de la plante. Les plants placés sous éclairage artificiel de rue ont une biomasse plus importante, un ratio C:N plus élevé et une plus grande rigidité que les plants non-éclairés la nuit.
Figure 2 : Évaluation de la biomasse des insectes herbivores selon l'exposition ou non aux éclairages urbains. 4 modalités :
larve éclairée (E), plante éclairée (NE)
larve E, plante NE
larve NE, plante E
larve NE, plante NE
La biomasse des insectes plus élevée lorsque larves et plantes ne sont pas éclairées. Cette biomasse est la plus faible lorsque les larves sont éclairées, que les plantes le soient ou non.
Figure 3 : Élevage des larves d'insectes herbivores avec et sans éclairage, puis mesure de leurs masses corporelles. Masses bien plus faibles lorsque les larves sont soumises à un éclairage.

Rigueur de l'article

De nombreuses sources pertinentes sont citées tout au long de l'article. Les expériences ont été effectuées, en laboratoire, sur une seule population de plantes/insectes herbivores dans une zone assez limitée, les résultats ne sont donc pas représentatifs de l'impact général des éclairages sur les organismes. Il serait nécessaire de tester ses interactions sur le terrain pour obtenir des conclusions plus pertinentes. La méthode est fiable et suffisamment détaillée pour être facilement reproductible. Ne considère pas les différents types de pollution lumineuse.

Ce que cet article apporte au débat

Cet article montre l'impact de la pollution lumineuse sur les plantes elles-mêmes mais également sur les espèces herbivores. Il s'agit d'un autre impact possible, indirect cette fois, des lumières artificielles sur le développement des plantes. L'article permet de souligner l'impact négatif de l'éclairage artificiel sur les herbivores lors de l'interaction entre plante et ravageurs.

Remarques sur l'article

Il serait intéressant d'élargir l'étude des impacts de la lumière sur les réseaux trophiques à un plus grand nombre d'espèces végétales ou d'espèces herbivore. On a pu constater à quelques reprises que la prédation sur les plantes pouvait être augmentée lorsque ces dernière étaient soumises à un éclairage artificiel. Il aurait été plus pertinent pour l'article ici présent de préciser l'espèce végétale et l'espèce herbivore directement dans le titre, ce qui aurait été plus raccord avec son contenu.

Publiée il y a plus de 5 ans par S. El qotbi et L. Estabes.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Article : Direct and indirect effects of light pollution on the performance of an herbivorous insect
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  • Auteurs
    Kylee Grenis, Shannon M. Murphy
  • Année de publication
    2018
  • Journal
    Insect Science
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Light pollution is a global disturbance with resounding impacts on a wide variety of organisms, but our understanding of these impacts is restricted to relatively few higher vertebrate species. We tested the direct effects of light pollution on herbivore performance as well as indirect effects mediated by host plant quality. We found that artificial light from streetlights alters plant toughness. Additionally, we found evidence of both direct and indirect effects of light pollution on the performance of an herbivorous insect, which indicates that streetlights can have cascading impacts on multiple trophic levels. Our novel findings suggest that light pollution can alter plant–insect interactions and thus may have important community‐wide consequences.

  • Identifiant unique
    10.1111/1744-7917.12574
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    La pollution lumineuse néfaste pour les plantes ?
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