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Titre de la méta-analyse

Diversité du vieillissement à travers l'arbre de la vie

Introduction à la méta-analyse

Les auteurs de cet article suggèrent que pour comprendre l'évolution du vieillissement, il est important de comparer les profils de mortalité et de reproduction entre un grand nombre d'espèces divergentes. De cette façon, nous pouvons déduire si l'évolution de la sénescence est produite de la même manière pour les différentes espèces, si la plupart des espèces présentent les mêmes schémas de sénescence et du vieillissement et si les mécanismes à l'origine de la sénescence sont phylogénétiquement contraints.

Expériences de la méta-analyse

Afin de comparer les trajectoires d'âge démographiques, ils ont rassemblé des données de mortalité, de fécondité et de survie de la population par âge pour une gamme de 46 espèces multicellulaires. Plus précisément, ils ont utilisé 11 mammifères, 12 autres vertébrés, 10 invertébrés, 12 plantes vasculaires et une algue verte. Pour que les trajectoires soient comparables, ils ont normalisé l’axe des âges, pour qu’il commence à l’âge moyen de la première reproduction pour chaque espèce et se termine à l'âge terminal, où seulement 5% des individus sont encore en vie. Ensuite, ils ont tracé ces trois trajectoires pour chaque espèce et ils ont étudié la relation entre mortalité et fécondité pour chaque espèce et la variation de ces trajectoires et de leur relation entre les différentes espèces.

Résultats de la méta-analyse

L'observation la plus importante des auteurs est la grande variation inattendue des trajectoires de fécondité et de mortalité entre les espèces. Ceci est inattendu, principalement parce que les théories évolutives du vieillissement les plus courantes, notamment les théories de l’accumulation de mutations, de la pléiotropie antagoniste, du soma jetable et du vieillissement par la sélection de groupe, prédisent et expliquent la sénescence basées sur le principe de mortalité accrue et de fertilité décroissante avec l'age.

Rigueur de la méta-analyse

D'abord, cette analyse est le produit d'un grand nombre d'auteurs, issus de laboratoires différents. Il est donc peu probable qu'ils aient des conflits d'intérêts importants (le cas échéant). De plus, les auteurs comparent un grand nombre de données déjà existantes afin d’éclairer les tendances de l’évolution du vieillissement et ne cherchent pas à «promouvoir» une théorie spécifique. Enfin, étant donné qu'il est publié dans une revue connue, lu par de nombreux scientifiques, il est probable que d'erreurs éventuelles seraient facilement identifiées. Cela signifie que l'article semble être rigoureux, sans préjugés ou erreurs importants. Il existe un petit risque de biais concernant la nature et la qualité des données initiales recueillies lors d'études précédentes, mais c'est le cas pour presque tous les articles de méta-analyse et nous n'avons aucune raison de penser que les auteurs n'ont pas effectué les contrôles nécessaires afin de vérifier les données finales utilisées.

Ce que cette méta-analyse apporte au débat

Les auteurs de cet article offrent une analyse plus comparative de l’évolution du vieillissement et soulignent la grande diversité qui existe en ce qui concerne les «phénotypes» de ce trait. Ils mentionnent également le biais d'échantillonnage existant dans les études de vieillissement, qui est en partie la raison pour laquelle les théories évolutionnistes actuelles du vieillissement ne sont pas pertinentes pour un grand nombre d'organismes.
Ils proposent d'essayer d'incorporer une sénescence négligeable et négative dans les nouvelles approches théoriques et d'essayer d'inclure une plus grande variété de taxons (pas que des mammifères et des tétrapodes) dans les études empiriques. Enfin, il est intéressant de noter qu’ils introduisent l’importance de l’examen des relations phylogénétiques lorsqu’on étudie le vieillissement, car (comme pour les autres traits), ils peuvent contribuer à l’histoire évolutive des mécanismes impliqués.

Figure
Légende :

Trajectoires démographiques. Mortalité relative (rouge) et fécondité (bleue) en fonction de l’âge, de la maturité à l’âge dans lequel seulement 5% de la population adulte est encore en vie; la mortalité et la fécondité sont mesurées par rapport à leurs moyennes. Les sous-parcelles sont classées par ordre de diminution de la mortalité relative à l'âge terminal. La survie (sur une échelle logarithmique) de la maturité est représentée par les zones ombrées. Les lignes brisées, pour les trajectoires dérivées des matrices de projection, commencent à l'âge où les cohortes ont convergé à moins de 5% de leur distribution quasi stationnaire.
Owen R. Jones et al. 2013; Nature

Publiée il y a plus de 7 ans par E.E. Giaglara.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Méta-analyse : Diversity of ageing across the tree of life