The intensification and expansion of modern agriculture is amongst the greatest current threats to worldwide biodiversity. Over the last quarter of the 20th century, dramatic declines in both range and abundance of many species associated with farmland have been reported in Europe, leading to growing concern over the sustainability of current intensive farming practices. Purportedly “sustainable” farming systems such as organic farming are now seen by many as a potential solution to this continued loss of biodiversity and receive substantial support in the form of subsidy payments through EU and national government legislation.
This paper assesses the impacts on biodiversity of organic farming, relative to conventional agriculture, through a review of comparative studies of the two systems, in order to determine whether it can deliver on the biodiversity benefits its proponents claim. It identifies a wide range of taxa, including birds and mammals, invertebrates and arable flora, that benefit from organic management through increases in abundance and/or species richness. It also highlights three broad management practices (prohibition/reduced use of chemical pesticides and inorganic fertilisers; sympathetic management of non-cropped habitats; and preservation of mixed farming) that are largely intrinsic (but not exclusive) to organic farming, and that are particularly beneficial for farmland wildlife.
However, the review also draws attention to four key issues: (1) It remains unclear whether a “holistic” whole-farm approach (i.e.organic) provides greater benefits to biodiversity than carefully targeted prescriptions applied to relatively small areas of cropped and/or non-cropped habitats within conventional agriculture (i.e. agri-environment schemes); (2) Many comparative studies encounter methodological problems, limiting their ability to draw quantitative conclusions; (3) Our knowledge of the impacts of organic farming in pastoral and upland agriculture is limited; (4) There remains a pressing need for longitudinal, system-level studies in order to address these issues and to fill in the gaps in our knowledge of the impacts of organic farming, before a full appraisal of its potential role in biodiversity conservation in agroecosystems can be made.
Titre de la review
L'agriculture biologique est-elle favorable pour la biodiversité ?
L'agriculture biologique est-elle favorable pour la biodiversité ?
Résumé de la review
Cette revue a analysé qualitativement 76 études (de 1981 à 2004) qui ont pour but de comparer les impacts des deux types d'agriculture : biologique et conventionnelle. Le terme « conventionnel » est définit de manière différente selon les articles, le revue a donc pris pour définition générale « tout système agricultural non biologique, caractérisé par des intrants externes afin d'obtenir des rendements élevés ». Le mot « organique » lui est défini comme « une agriculture où l’utilisation de la majorité des produits chimiques synthétiques est interdite, que ce soit pour la culture végétale ou animale (bétail) ». L’agriculture biologique est aussi déterminée par des pratiques culturales peu ou pas utilisées dans l’agriculture conventionnelle.
La majorité des 76 études passées en revue mettent en évidence que la richesse et l’abondance d’espèces, à travers un large panel de taxons, ont tendance à être plus élevées dans les cultures biologiques que dans les cultures conventionnelles. Ceci a été démontré dans de nombreux cas dans la flore et la faune : « mauvaises herbes », les microorganismes du sol (bactéries, champignons et nématodes), les invertébrés (vers de terre, papillons, araignées, scarabées, arthropodes) et les vertébrés (mammifères, oiseaux).
Les causes précises pour expliquer cette différence de biodiversité ne sont pas élucidées mais il y a un consensus sur l’importance de la gestion de pratiques culturales. En effet, trois types de pratiques sont mis en avant dans l’agriculture biologique et pourraient potentiellement aider à comprendre partiellement les facteurs influençant cette biodiversité. (1) Interdiction ou réduction de l’utilisation de pesticides chimiques et de fertiliseurs non biologiques (impact positif sur les plantes, le invertébrés et les vertébrés), (2) Gestion des habitats non cultivés et des limites des champs (améliore la diversité et l’abondance des plantes, invertébrés et vertébrés) et (3) Préservation d’une agriculture mixte (effet positif dans le temps et l’espace sur la biodiversité grâce à une hétérogénéité d’habitats).
Pour finir, la revue met aussi l’accent sur des paramètres qui pourraient sous-estimer la biodiversité de l’agriculture biologique dans certaines études, à savoir la différence de taille entre les deux types d’agriculture (évite les terres agricoles conventionnelles les plus intensifiées) mais aussi le temps d’adaptation des communautés de la faune et la flore nécessaire après une conversion en agriculture biologique et enfin les statistiques qui peuvent exclure des valeurs paraissant trop différentes et pouvant correspondre justement à un changement dans la biodiversité.
Cette revue a analysé qualitativement 76 études (de 1981 à 2004) qui ont pour but de comparer les impacts des deux types d'agriculture : biologique et conventionnelle. Le terme « conventionnel » est définit de manière différente selon les articles, le revue a donc pris pour définition générale « tout système agricultural non biologique, caractérisé par des intrants externes afin d'obtenir des rendements élevés ». Le mot « organique » lui est défini comme « une agriculture où l’utilisation de la majorité des produits chimiques synthétiques est interdite, que ce soit pour la culture végétale ou animale (bétail) ». L’agriculture biologique est aussi déterminée par des pratiques culturales peu ou pas utilisées dans l’agriculture conventionnelle.
La majorité des 76 études passées en revue mettent en évidence que la richesse et l’abondance d’espèces, à travers un large panel de taxons, ont tendance à être plus élevées dans les cultures biologiques que dans les cultures conventionnelles. Ceci a été démontré dans de nombreux cas dans la flore et la faune : « mauvaises herbes », les microorganismes du sol (bactéries, champignons et nématodes), les invertébrés (vers de terre, papillons, araignées, scarabées, arthropodes) et les vertébrés (mammifères, oiseaux).
Les causes précises pour expliquer cette différence de biodiversité ne sont pas élucidées mais il y a un consensus sur l’importance de la gestion de pratiques culturales. En effet, trois types de pratiques sont mis en avant dans l’agriculture biologique et pourraient potentiellement aider à comprendre partiellement les facteurs influençant cette biodiversité. (1) Interdiction ou réduction de l’utilisation de pesticides chimiques et de fertiliseurs non biologiques (impact positif sur les plantes, le invertébrés et les vertébrés), (2) Gestion des habitats non cultivés et des limites des champs (améliore la diversité et l’abondance des plantes, invertébrés et vertébrés) et (3) Préservation d’une agriculture mixte (effet positif dans le temps et l’espace sur la biodiversité grâce à une hétérogénéité d’habitats).
Pour finir, la revue met aussi l’accent sur des paramètres qui pourraient sous-estimer la biodiversité de l’agriculture biologique dans certaines études, à savoir la différence de taille entre les deux types d’agriculture (évite les terres agricoles conventionnelles les plus intensifiées) mais aussi le temps d’adaptation des communautés de la faune et la flore nécessaire après une conversion en agriculture biologique et enfin les statistiques qui peuvent exclure des valeurs paraissant trop différentes et pouvant correspondre justement à un changement dans la biodiversité.
Rigueur de la review
Les limites de la revue sont surtout liées aux méthodes utilisées dans les différentes études. La revue expose clairement la difficulté d’estimer la biodiversité pour comparer l’agriculture biologique et conventionnelle car il y a une grande hétérogénéité de cultures et pratiques à travers le monde. Cinq problèmes universels sont souvent retrouvés : la variation dans la définition de l’agriculture biologique selon les pays, la disparité entre les articles pour leur contrôle, la variation temporel (de 1 saison à 1 an) et spatiale (taille des cultures) entre les publications et enfin, les mesures différentes de la biodiversité (abondance, richesse, réussite de la nidation…). La revue met également en avant le manque crucial de recherches plus approfondies (inclure tous les composants des pratiques culturales des deux types de systèmes + évaluation d’une conversion) pour pouvoir faire une réelle évaluation quantitative des effets bénéfiques de l’agriculture biologique sur la biodiversité.
Les limites de la revue sont surtout liées aux méthodes utilisées dans les différentes études. La revue expose clairement la difficulté d’estimer la biodiversité pour comparer l’agriculture biologique et conventionnelle car il y a une grande hétérogénéité de cultures et pratiques à travers le monde. Cinq problèmes universels sont souvent retrouvés : la variation dans la définition de l’agriculture biologique selon les pays, la disparité entre les articles pour leur contrôle, la variation temporel (de 1 saison à 1 an) et spatiale (taille des cultures) entre les publications et enfin, les mesures différentes de la biodiversité (abondance, richesse, réussite de la nidation…). La revue met également en avant le manque crucial de recherches plus approfondies (inclure tous les composants des pratiques culturales des deux types de systèmes + évaluation d’une conversion) pour pouvoir faire une réelle évaluation quantitative des effets bénéfiques de l’agriculture biologique sur la biodiversité.
Ce que cette review apporte au débat
La revue est plutôt bien construite puisqu’elle présente les faits, qu’ils soient divergents ou non d’un article à l’autre et surtout que ce soit en faveur ou non de l’agriculture biologique. Bien que la revue atteste d’une manière générale les effets bénéfiques de l’agriculture biologique, elle apporte aussi beaucoup d’attention sur le fait qu’il y a beaucoup de biais dans la façon d’étudier l’impact des deux types d’agriculture sur la biodiversité et qu’il faudrait plus d’investigations rigoureuses et standardisées pour trancher le débat. Pour conclure, cette revue amène un début de réponse sur l’influence qu’a l’agriculture biologique sur la biodiversité mais pas sur l’efficacité ni sur l’environnement (paramètres abiotiques comme la qualité d’un sol).
La revue est plutôt bien construite puisqu’elle présente les faits, qu’ils soient divergents ou non d’un article à l’autre et surtout que ce soit en faveur ou non de l’agriculture biologique. Bien que la revue atteste d’une manière générale les effets bénéfiques de l’agriculture biologique, elle apporte aussi beaucoup d’attention sur le fait qu’il y a beaucoup de biais dans la façon d’étudier l’impact des deux types d’agriculture sur la biodiversité et qu’il faudrait plus d’investigations rigoureuses et standardisées pour trancher le débat. Pour conclure, cette revue amène un début de réponse sur l’influence qu’a l’agriculture biologique sur la biodiversité mais pas sur l’efficacité ni sur l’environnement (paramètres abiotiques comme la qualité d’un sol).
Figure
Tableau 1 - Résumé des effets de l'agriculture biologique sur les taxons individuels, en comparaison à l'agriculture conventionnelle.
Tableau tiré de la publication Hole et al., 2005.
Tableau 1 - Résumé des effets de l'agriculture biologique sur les taxons individuels, en comparaison à l'agriculture conventionnelle.
Tableau tiré de la publication Hole et al., 2005.
Dernière modification il y a plus de 10 ans.