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Titre de la méta-analyse

Les effets des zones urbaines sur la distribution et la richesse spécifique des carnivores.

Introduction à la méta-analyse

Les carnivores sont un taxon vulnérable au développement urbain du fait de leur large territoire, leur faible population, et leur accroissement lent. De plus, ils représentent un bon indicateur de la santé relative de l'écosystème au vu de sa position en haut de la chaîne alimentaire. La région du sud de la Californie est l'une des plus développement en terme urbain et affecte les populations de carnivores de différentes façon : fragmentation de l'habitat, barrière génétique, mortalité routière, persécution et maladies. La diminution de ces prédateurs facilite l'implantation de micro-mammifères et a leur prolifération. Dans cette analyse, les auteurs ont essayé de connaître les impacts de cette urbanisation sur ces populations de carnivores.

Expériences de la méta-analyse

Cette méta-analyse a récolté et analysée les données de plusieurs études utilisant des pièges avec des caméras pour dénombrer les espèces présentes. Toutes ces études ont été réalisées entre 1997 et 2007 dans le sud de la Californie dans les villes de Riverside, San Bernardino, Orange, San Diego, et Los Angeles. Ils ont mesuré la richesse spécifique par rapport à la proximité urbaine (distance de la camera à la périphérie de la ville) et l'intensité (proportion d'aire urbanisée). Les catégories de paysages ont ensuite été séparées en 4 : naturel, altéré, urbanisé, et milieux aquatiques. Les milieux altérés comprennent les parcours de golf, les camps militaires, l'agriculture, et les canaux.

Résultats de la méta-analyse

Douze espèces de carnivores ont été identifiées, comprenant 9 espèces indigènes et 3 exotiques. Il existe une relation positive entre le pourcentage urbain et la probabilité d'occurrence des lynx roux, moufettes rayées, loups gris, et pumas. Cette relation est négative pour le reste des espèces. De même, il existe une relation positive entre la distance à la périphérie de la ville et la probabilité d'occurrence pour les lynx roux, les loups gris, et les pumas. Cette relation est encore une fois négative pour le reste des espèces (Figure 1). De plus, ils ont observé une corrélation significative négative entre les espèces indigènes et le pourcentage urbain et positive pour les espèces exotiques, mais aucune corrélation entre le nombre total d'espèces et le pourcentage d'urbanisation. La distance de la caméra à la périphérie urbaine n'était pas reliée aux espèces quelle qu'elle soit.

Rigueur de la méta-analyse

Les auteurs ont analysé un corpus d'articles sur une période étendue pouvant ainsi avoir une analyse conséquente. Les articles, si possible, auraient pu cependant être plus nombreux.
La méta-analyse a été publiée dans le journal de Mammalogie qui a une bonne réputation, on peut donc supposer que l'article est de bonne qualité. Les financements et institutions impliqués dans cet article ne représentent aucuns conflits d'intérêts.

Ce que cette méta-analyse apporte au débat

Cette méta-analyse nous montre qu'il existe un nombre important d'espèces vivant à l'intérieur ou proche des villes. Nous pouvons par exemple voir que les coyotes, les ratons laveurs et les chiens, ont une plus forte probabilité d'être observé lorsque l'urbanisation est présente. Contrairement aux lynx roux et pumas par exemple, qui sont très sensibles à la fois à l'urbanisation et à sa proximité.

Donc même s'il est vrai que l'urbanisation a tendance à diminuer les populations, il n'en est pas moins que certaines espèces se sont adaptées et prolifèrent dans ces zones. La biodiversité peut être considérée comme remplacée plutôt que diminuer. De plus, cette analyse démontre que sur une échelle régionale les espèces indigènes persistes malgré l'urbanisation et que la réponse de chaque espèce varie fortement. Il existe cependant un seuil de tolérance pour lequel les espèces les plus adaptées vont être de moins en moins abondantes.

Remarques sur la méta-analyse

Sur un total de 217 caméras dans 11 études différentes, seulement 18 (8%) de ces caméras étaient placés dans des zones altérées ou urbanisées. Le nombre d'espèces observées ou d'occurrence aurait pu être plus élevé si l'échantillonnage avait été plus axé sur les villes, et donc montrer qu'il existe parfois non pas une diminution de la biodiversité mais un remplacement.

Espèces indigènes : le coyote (Canis latrans), le lynx roux (Lynx rufus), la moufette rayée (Mephitis mephitis), le raton laveur (Procyon lotor), le loup gris (Urocyon cinereoargenteus), le puma (Puma concolor), la belette à longue queue (Mustela frenata), la moufette tachetée (Spilogale gracilis), et le blaireau d'Amérique (Taxidea taxus)
Espèces exotiques : le chien (Canis lupus familiaris), le chat (Felis catus), et l'opossum de Virginie (Didelphis virginiana)

Figure
Légende :

Figure 1 : Régression linéaire de la probabilité d'occurrence des espèces indigènes et exotiques en fonction de a) le pourcentage d'urbanisation et b) la distance à la périphérie de la ville. Les astérixis (*) indique un relation significative (P > 0.05).

Publiée il y a plus de 8 ans par C. Blot.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Méta-analyse : Effects of urbanization on carnivore species distribution and richness
  • 1 1
  • Auteurs
    MIGUEL A. ORDEN ANA, KEVIN R. CROOKS,ERIN E. BOYDSTON,ROBERT N. FISHER,LISA M. LYREN,SHALENE SIUDYLA, CHRISTOPHER D. HAAS,SIERRA HARRIS,STACIE A. HATHAWAY,GRETA M. TURSCHAK,A.KEITH MILES, AND DIRK H. VAN VUREN
  • Année de publication
    2010
  • Journal
    Journal of Mammology
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Urban development can have multiple effects on mammalian carnivore communities. We conducted a meta-analysis of 7,929 photographs from 217 localities in 11 camera-trap studies across coastal southern California to describe habitat use and determine the effects of urban proximity (distance to urban edge) and intensity (percentage of area urbanized) on carnivore occurrence and species richness in natural habitats close to the urban boundary. Coyotes (Canis latrans) and bobcats (Lynx rufus) were distributed widely across the region. Domestic dogs (Canis lupus familiaris), striped skunks (Mephitis mephitis), raccoons (Procyon lotor), gray foxes (Urocyon cinereoargenteus), mountain lions (Puma concolor), and Virginia opossums (Didelphis virginiana) were detected less frequently, and long-tailed weasels (Mustela frenata), American badgers (Taxidea taxus), western spotted skunks (Spilogale gracilis), and domestic cats (Felis catus) were detected rarely. Habitat use generally reflected availability for most species. Coyote and raccoon occurrence increased with both proximity to and intensity of urbanization, whereas bobcat, gray fox, and mountain lion occurrence decreased with urban proximity and intensity. Domestic dogs and Virginia opossums exhibited positive and weak negative relationships, respectively, with urban intensity but were unaffected by urban proximity. Striped skunk occurrence increased with urban proximity but decreased with urban intensity. Native species richness was negatively associated with urban intensity but not urban proximity, probably because of the stronger negative response of individual species to urban intensity. DOI: 10.1644/09-MAMM-A-312.1.

  • Identifiant unique
    91(6):1322–1331
  • Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    Les zones urbaines sont-elles toujours synonyme de perte de biodiversité ?
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