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Espaces protégés : de la gestion conservatoire vers la non-intervention
Espaces protégés : de la gestion conservatoire vers la non-intervention
Résumé de la review
En France, depuis 1976, la stratégie de conservation de la nature est basée sur des espaces protégés qui représentent 1,8 % du territoire métropolitain (Ifen, 2002). Cet article traite de la pertinence du mode de gestion de ces espaces protégés.
La première partie est un historique de la protection de la nature, distinguant trois phases depuis le XIXe siècle. L’esthétisme : les premières actions de protection de la nature remontent au XIXe siècle et ont été le fait de sociétés savantes. La nature protégée est alors une nature esthétique, c’est-à-dire un patrimoine culturel d’origine anthropique ou naturelle dont l’homme en a l’utilité. La nature sans l’homme : dans les années 1950-1960, suite à l’accélération de l’industrialisation des Trente Glorieuses, la nature devient progressivement une entité en soi, parfaitement autorégulée, dans laquelle l’homme n’est qu’un élément perturbateur. La protection de la nature se traduit par la création de parcs nationaux et de réserves naturelles qui permettent d’interdire ou de réglementer les activités humaines sur un territoire donné. La gestion : à partir des années 1990, l’idée d’une nature autonome est remise en cause et protéger un milieu devient un acte politique. La nature devient alors un produit de l’activité humaine et n’importe quel intervenant sur un espace quelconque est donc potentiellement “producteur” de nature. D’un autre côté, la gestion active de la biodiversité est de plus en plus remise en cause par des écologues mettant en avant l’intérêt de la non-intervention et le concept de naturalité. Il existe aujourd’hui une opposition idéologique entre défenseurs de la gestion des milieux ouverts entretenus pour une certaine biodiversité et défenseurs des milieux en libre évolution.
La seconde partie définit les concepts de biodiversité (tous les taxons, les assemblages de taxons, les habitats rencontrés dans un espace donné, et tous les processus permettant leur maintien à long terme, des flux géniques aux métapopulations, en intégrant le long terme des processus évolutifs, les héritages glaciaires, les aléas climatiques et biologiques, etc.) et de naturalité (état de nature spontanée, souvent opposée à l’artificialité, indépendant des activités directes de l’homme bien qu’il intègre les héritages anthropiques).
La troisième partie concerne la gestion interventionniste et la décrit comme très utilisée pour préserver des espèces liées à des milieux ouverts autrefois gérés par l’agriculture. Pour cela, elle maintient en l’état des habitats ouverts en ralentissant ou stoppant la dynamique naturelle et optimise la biodiversité dans des espaces parfois trop restreints. Des exemples de gestion interventionniste sont alors critiqués : les tourbières, les pelouses calcaires, les mares, la construction de sites artificiels de nidification pour les oiseaux d’eau coloniaux et un programme LIFE-Nature de la Commission européenne visant à créer du bois mort dans une forêt d’Italie.
La quatrième partie s’intéresse à la reconquête forestière spontanée. Ces forêts, nées de modifications sociétales, présentent une forte valeur scientifique, un niveau élevé de naturalité et remplissent un grand nombre de services écosystémiques mais sont pourtant mal perçues pour la biodiversité et considérées comme peu attrayantes. Cette partie se termine sur les aspects éthiques et stratégiques de la protection de la nature et les enjeux liés aux changements climatiques et à la non-intervention.
La cinquième partie donne des exemples de non-intervention comme le Parc national de la Guadeloupe, le Parc national de la forêt bavaroise ou Bayerischer Wald situé dans le Land de Bavière ou la réserve naturelle des Lavezzi en Corse.
La dernière partie propose un questionnement sur la gestion des espaces naturels : quelles espèces et quels habitats doit-on protéger ? Quel type de nature doit-on préserver ?
En France, depuis 1976, la stratégie de conservation de la nature est basée sur des espaces protégés qui représentent 1,8 % du territoire métropolitain (Ifen, 2002). Cet article traite de la pertinence du mode de gestion de ces espaces protégés.
La première partie est un historique de la protection de la nature, distinguant trois phases depuis le XIXe siècle. L’esthétisme : les premières actions de protection de la nature remontent au XIXe siècle et ont été le fait de sociétés savantes. La nature protégée est alors une nature esthétique, c’est-à-dire un patrimoine culturel d’origine anthropique ou naturelle dont l’homme en a l’utilité. La nature sans l’homme : dans les années 1950-1960, suite à l’accélération de l’industrialisation des Trente Glorieuses, la nature devient progressivement une entité en soi, parfaitement autorégulée, dans laquelle l’homme n’est qu’un élément perturbateur. La protection de la nature se traduit par la création de parcs nationaux et de réserves naturelles qui permettent d’interdire ou de réglementer les activités humaines sur un territoire donné. La gestion : à partir des années 1990, l’idée d’une nature autonome est remise en cause et protéger un milieu devient un acte politique. La nature devient alors un produit de l’activité humaine et n’importe quel intervenant sur un espace quelconque est donc potentiellement “producteur” de nature. D’un autre côté, la gestion active de la biodiversité est de plus en plus remise en cause par des écologues mettant en avant l’intérêt de la non-intervention et le concept de naturalité. Il existe aujourd’hui une opposition idéologique entre défenseurs de la gestion des milieux ouverts entretenus pour une certaine biodiversité et défenseurs des milieux en libre évolution.
La seconde partie définit les concepts de biodiversité (tous les taxons, les assemblages de taxons, les habitats rencontrés dans un espace donné, et tous les processus permettant leur maintien à long terme, des flux géniques aux métapopulations, en intégrant le long terme des processus évolutifs, les héritages glaciaires, les aléas climatiques et biologiques, etc.) et de naturalité (état de nature spontanée, souvent opposée à l’artificialité, indépendant des activités directes de l’homme bien qu’il intègre les héritages anthropiques).
La troisième partie concerne la gestion interventionniste et la décrit comme très utilisée pour préserver des espèces liées à des milieux ouverts autrefois gérés par l’agriculture. Pour cela, elle maintient en l’état des habitats ouverts en ralentissant ou stoppant la dynamique naturelle et optimise la biodiversité dans des espaces parfois trop restreints. Des exemples de gestion interventionniste sont alors critiqués : les tourbières, les pelouses calcaires, les mares, la construction de sites artificiels de nidification pour les oiseaux d’eau coloniaux et un programme LIFE-Nature de la Commission européenne visant à créer du bois mort dans une forêt d’Italie.
La quatrième partie s’intéresse à la reconquête forestière spontanée. Ces forêts, nées de modifications sociétales, présentent une forte valeur scientifique, un niveau élevé de naturalité et remplissent un grand nombre de services écosystémiques mais sont pourtant mal perçues pour la biodiversité et considérées comme peu attrayantes. Cette partie se termine sur les aspects éthiques et stratégiques de la protection de la nature et les enjeux liés aux changements climatiques et à la non-intervention.
La cinquième partie donne des exemples de non-intervention comme le Parc national de la Guadeloupe, le Parc national de la forêt bavaroise ou Bayerischer Wald situé dans le Land de Bavière ou la réserve naturelle des Lavezzi en Corse.
La dernière partie propose un questionnement sur la gestion des espaces naturels : quelles espèces et quels habitats doit-on protéger ? Quel type de nature doit-on préserver ?
Rigueur de la review
Avant de développer le cœur de son sujet, cet article présente une introduction sous forme d'historique qui permet une remise en contexte efficace.
Par la suite, lors de la lecture, une opposition évidente à la gestion conservatoire est ressentie. Toutefois, les auteurs prennent soin de justifier leurs propos, notamment leurs critiques des exemples de gestions conservatoires, et font régulièrement appel à des citations de scientifiques et autres intellectuels pour appuyer leur prise de position.
Avant de développer le cœur de son sujet, cet article présente une introduction sous forme d'historique qui permet une remise en contexte efficace.
Par la suite, lors de la lecture, une opposition évidente à la gestion conservatoire est ressentie. Toutefois, les auteurs prennent soin de justifier leurs propos, notamment leurs critiques des exemples de gestions conservatoires, et font régulièrement appel à des citations de scientifiques et autres intellectuels pour appuyer leur prise de position.
Ce que cette review apporte au débat
Dans son positionnement contre la gestion conservatoire, cet article est une référence possédant de nombreux arguments permettant d'alimenter un débat autour de la gestion conservatoire.
Dans son positionnement contre la gestion conservatoire, cet article est une référence possédant de nombreux arguments permettant d'alimenter un débat autour de la gestion conservatoire.
Remarques sur la review
Cet article datant de 2008, ses propos et arguments peuvent ne plus être d'actualité et la situation de la gestion conservatoire a sûrement évolué depuis 12 ans.
Cet article datant de 2008, ses propos et arguments peuvent ne plus être d'actualité et la situation de la gestion conservatoire a sûrement évolué depuis 12 ans.
Publiée il y a plus de 5 ans
par
S. Tissot.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Review : Espaces protégés : de la gestion conservatoire vers la non-intervention
Titre de la review
Espaces protégés : de la gestion conservatoire vers la non-intervention
Espaces protégés : de la gestion conservatoire vers la non-intervention
Résumé de la review
En France, depuis 1976, la stratégie de conservation de la nature est basée sur des espaces protégés qui représentent 1,8 % du territoire métropolitain (Ifen, 2002). Cet article traite de la pertinence du mode de gestion de ces espaces protégés.
La première partie est un historique de la protection de la nature, distinguant trois phases depuis le XIXe siècle. L’esthétisme : les premières actions de protection de la nature remontent au XIXe siècle et ont été le fait de sociétés savantes. La nature protégée est alors une nature esthétique, c’est-à-dire un patrimoine culturel d’origine anthropique ou naturelle dont l’homme en a l’utilité. La nature sans l’homme : dans les années 1950-1960, suite à l’accélération de l’industrialisation des Trente Glorieuses, la nature devient progressivement une entité en soi, parfaitement autorégulée, dans laquelle l’homme n’est qu’un élément perturbateur. La protection de la nature se traduit par la création de parcs nationaux et de réserves naturelles qui permettent d’interdire ou de réglementer les activités humaines sur un territoire donné. La gestion : à partir des années 1990, l’idée d’une nature autonome est remise en cause et protéger un milieu devient un acte politique. La nature devient alors un produit de l’activité humaine et n’importe quel intervenant sur un espace quelconque est donc potentiellement “producteur” de nature. D’un autre côté, la gestion active de la biodiversité est de plus en plus remise en cause par des écologues mettant en avant l’intérêt de la non-intervention et le concept de naturalité. Il existe aujourd’hui une opposition idéologique entre défenseurs de la gestion des milieux ouverts entretenus pour une certaine biodiversité et défenseurs des milieux en libre évolution.
La seconde partie définit les concepts de biodiversité (tous les taxons, les assemblages de taxons, les habitats rencontrés dans un espace donné, et tous les processus permettant leur maintien à long terme, des flux géniques aux métapopulations, en intégrant le long terme des processus évolutifs, les héritages glaciaires, les aléas climatiques et biologiques, etc.) et de naturalité (état de nature spontanée, souvent opposée à l’artificialité, indépendant des activités directes de l’homme bien qu’il intègre les héritages anthropiques).
La troisième partie concerne la gestion interventionniste et la décrit comme très utilisée pour préserver des espèces liées à des milieux ouverts autrefois gérés par l’agriculture. Pour cela, elle maintient en l’état des habitats ouverts en ralentissant ou stoppant la dynamique naturelle et optimise la biodiversité dans des espaces parfois trop restreints. Des exemples de gestion interventionniste sont alors critiqués : les tourbières, les pelouses calcaires, les mares, la construction de sites artificiels de nidification pour les oiseaux d’eau coloniaux et un programme LIFE-Nature de la Commission européenne visant à créer du bois mort dans une forêt d’Italie.
La quatrième partie s’intéresse à la reconquête forestière spontanée. Ces forêts, nées de modifications sociétales, présentent une forte valeur scientifique, un niveau élevé de naturalité et remplissent un grand nombre de services écosystémiques mais sont pourtant mal perçues pour la biodiversité et considérées comme peu attrayantes. Cette partie se termine sur les aspects éthiques et stratégiques de la protection de la nature et les enjeux liés aux changements climatiques et à la non-intervention.
La cinquième partie donne des exemples de non-intervention comme le Parc national de la Guadeloupe, le Parc national de la forêt bavaroise ou Bayerischer Wald situé dans le Land de Bavière ou la réserve naturelle des Lavezzi en Corse.
La dernière partie propose un questionnement sur la gestion des espaces naturels : quelles espèces et quels habitats doit-on protéger ? Quel type de nature doit-on préserver ?
En France, depuis 1976, la stratégie de conservation de la nature est basée sur des espaces protégés qui représentent 1,8 % du territoire métropolitain (Ifen, 2002). Cet article traite de la pertinence du mode de gestion de ces espaces protégés.
La première partie est un historique de la protection de la nature, distinguant trois phases depuis le XIXe siècle. L’esthétisme : les premières actions de protection de la nature remontent au XIXe siècle et ont été le fait de sociétés savantes. La nature protégée est alors une nature esthétique, c’est-à-dire un patrimoine culturel d’origine anthropique ou naturelle dont l’homme en a l’utilité. La nature sans l’homme : dans les années 1950-1960, suite à l’accélération de l’industrialisation des Trente Glorieuses, la nature devient progressivement une entité en soi, parfaitement autorégulée, dans laquelle l’homme n’est qu’un élément perturbateur. La protection de la nature se traduit par la création de parcs nationaux et de réserves naturelles qui permettent d’interdire ou de réglementer les activités humaines sur un territoire donné. La gestion : à partir des années 1990, l’idée d’une nature autonome est remise en cause et protéger un milieu devient un acte politique. La nature devient alors un produit de l’activité humaine et n’importe quel intervenant sur un espace quelconque est donc potentiellement “producteur” de nature. D’un autre côté, la gestion active de la biodiversité est de plus en plus remise en cause par des écologues mettant en avant l’intérêt de la non-intervention et le concept de naturalité. Il existe aujourd’hui une opposition idéologique entre défenseurs de la gestion des milieux ouverts entretenus pour une certaine biodiversité et défenseurs des milieux en libre évolution.
La seconde partie définit les concepts de biodiversité (tous les taxons, les assemblages de taxons, les habitats rencontrés dans un espace donné, et tous les processus permettant leur maintien à long terme, des flux géniques aux métapopulations, en intégrant le long terme des processus évolutifs, les héritages glaciaires, les aléas climatiques et biologiques, etc.) et de naturalité (état de nature spontanée, souvent opposée à l’artificialité, indépendant des activités directes de l’homme bien qu’il intègre les héritages anthropiques).
La troisième partie concerne la gestion interventionniste et la décrit comme très utilisée pour préserver des espèces liées à des milieux ouverts autrefois gérés par l’agriculture. Pour cela, elle maintient en l’état des habitats ouverts en ralentissant ou stoppant la dynamique naturelle et optimise la biodiversité dans des espaces parfois trop restreints. Des exemples de gestion interventionniste sont alors critiqués : les tourbières, les pelouses calcaires, les mares, la construction de sites artificiels de nidification pour les oiseaux d’eau coloniaux et un programme LIFE-Nature de la Commission européenne visant à créer du bois mort dans une forêt d’Italie.
La quatrième partie s’intéresse à la reconquête forestière spontanée. Ces forêts, nées de modifications sociétales, présentent une forte valeur scientifique, un niveau élevé de naturalité et remplissent un grand nombre de services écosystémiques mais sont pourtant mal perçues pour la biodiversité et considérées comme peu attrayantes. Cette partie se termine sur les aspects éthiques et stratégiques de la protection de la nature et les enjeux liés aux changements climatiques et à la non-intervention.
La cinquième partie donne des exemples de non-intervention comme le Parc national de la Guadeloupe, le Parc national de la forêt bavaroise ou Bayerischer Wald situé dans le Land de Bavière ou la réserve naturelle des Lavezzi en Corse.
La dernière partie propose un questionnement sur la gestion des espaces naturels : quelles espèces et quels habitats doit-on protéger ? Quel type de nature doit-on préserver ?
Rigueur de la review
Avant de développer le cœur de son sujet, cet article présente une introduction sous forme d'historique qui permet une remise en contexte efficace.
Par la suite, lors de la lecture, une opposition évidente à la gestion conservatoire est ressentie. Toutefois, les auteurs prennent soin de justifier leurs propos, notamment leurs critiques des exemples de gestions conservatoires, et font régulièrement appel à des citations de scientifiques et autres intellectuels pour appuyer leur prise de position.
Avant de développer le cœur de son sujet, cet article présente une introduction sous forme d'historique qui permet une remise en contexte efficace.
Par la suite, lors de la lecture, une opposition évidente à la gestion conservatoire est ressentie. Toutefois, les auteurs prennent soin de justifier leurs propos, notamment leurs critiques des exemples de gestions conservatoires, et font régulièrement appel à des citations de scientifiques et autres intellectuels pour appuyer leur prise de position.
Ce que cette review apporte au débat
Dans son positionnement contre la gestion conservatoire, cet article est une référence possédant de nombreux arguments permettant d'alimenter un débat autour de la gestion conservatoire.
Dans son positionnement contre la gestion conservatoire, cet article est une référence possédant de nombreux arguments permettant d'alimenter un débat autour de la gestion conservatoire.
Remarques sur la review
Cet article datant de 2008, ses propos et arguments peuvent ne plus être d'actualité et la situation de la gestion conservatoire a sûrement évolué depuis 12 ans.
Cet article datant de 2008, ses propos et arguments peuvent ne plus être d'actualité et la situation de la gestion conservatoire a sûrement évolué depuis 12 ans.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.