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Titre de la review

Exaptation: Un outil crucial pour la psychologie évolutionnaire

Résumé de la review

La psychologie évolutionnaire a été émise par la discipline autoproclamée de la sociobiologie. Il est estimé que si ce premier terme est utilisé de manière générique et vague pour faire référence à un quelconque récit évolutif du comportement de l'organisme, alors son statut est irréprochable. Cependant elle serait épistémologiquement incorrecte. L’auteur cherche une solution pour comprendre l’évolution de la psychologie humaine en s’insérant entre le courant du continuationisme et celui de l’adaptationnisme.
En effet, le continuationisme nous amène à appliquer les concepts de l'évolution comme clés pour élucider notre propre fonctionnement mental. L’adaptationnisme énonce que les différences peuvent constituer des solutions évoluées aux circonstances disparates sur la base du calcul prééminent du succès de procréation individuel. Il est énoncé un conflit d'intérêt dans l'utilisation de l'adaptationnisme pour la compréhension du comportement humain. La faille de la sociobiologie humaine, à travers son engagement pour l'adaptationnisme, serait de déduire que chaque comportement a une base génétique obtenu par sélection naturelle en vu de meilleur chance de reproduction. La sociobiologie humaine est donc fondamentalement fausse : des considérations politiques explicites (implications politiquement conservatrices de l'argument selon lequel les différences de comportement entre groupes (ethniques, hommes/femmes) sont naturellement attribués à des adaptations et difficiles ou impossibles à modifier en raison de leur base génétique) ont motivé l’origine de la sociobiologie humaine tout comme l’appui académique de l’extension disciplinaire (par exemple, la réduction des sciences sociales à la biologie).
Toutefois il est peu probable que les théories fondamentales pour comprendre l'origine biologique et la construction de nos cerveaux n’ait aucune idée à offrir aux disciplines qui étudient les organisations sociales issues d'une conception mentale.

La solution proposée est l’expansion du concept adaptationniste en prenant en compte 2 théories:

  • Niveau et hiérarchie : Toute caractéristique favorisant la sélection des espèces en augmentant le taux de spéciation apparaîtra dans de plus en plus d'espèces d'un clade, mais sans aucun avantage pour la lutte de reproduction entre individus.
  • Contrainte et canaux : Le changement adaptatif dans une partie implique une altération corrélée des autres, souvent pour des raisons structurelles et de développement non liées à une adaptation immédiate (concept appelé par Darwin «corrélation de croissance»). L'architecture des systèmes génétiques et embryologiques définit des "canaux" de changement possible. La sélection peut être nécessaire pour pousser un organisme dans un canal, mais le canal lui-même, bien que n'étant pas une adaptation, agit comme un déterminant majeur de la direction de l'évolution. Les contraintes de la généalogie limitent strictement le domaine de l’adaptation imaginable.

Il est, par la suite, présenté un argument en faveur de la considération du cerveau humain comme étant le meilleur argument disponible pour une quasi-certitude que les exaptations doivent dépasser largement les adaptations en nombre et en importance. Wallace a fait valoir que notre intellect et notre moralité ne pouvaient pas être le résultat d'une évolution naturelle car la sélection naturelle ne peut se construire que pour un usage immédiat. Les principales caractéristiques de la mentalité humaine peuvent être exaptives en tant que produits structurels non sélectionnés d'un cerveau développé de grande taille pour un petit ensemble de raisons adaptatives. La plupart des transitions majeures sont des exaptations, pas des adaptations.
Une caractéristique centrale de la culture humaine, si elle résulte de la complexité structurelle et de notre répertoire mental implicite qui devient explicite ultérieurement par cooptation («pool exaptif»), ne peut avoir d'explication sociobiologique si celle-ci se base sur l'adaptation.

Rigueur de la review

L'auteur cite prinicpalement ses travaux et parle d'une discipline qu'il ne maîtrise pas forcément (la sociobiologie) étant professeur en géologie. Un des seuls articles cités en faveur de sa théorie est Bouchard et al. (1990). Ils reconnaissent qu'une grande partie de la variabilité génétique (qui a d'importantes répercussions sur la société contemporaine), dans les contextes ancestraux, aurait pu être «des débris évolutifs, sans importance pour la fitness et peut-être non exprimés dans des environnements préhistoriques». Cela décrit un trait maintenant vital pour notre constitution sociale, mais si peu adaptatif à son origine qu'il n'obtint aucune expression phénotypique.

Ce que cette review apporte au débat

Cet article soutient que l'exaptation démonte les fondements de la sociobiologie humaine. Le concept sert de pièce maîtresse pour comprendre l'origine et la signification de la taille du cerveau dans l’évolution humaine et appelle de ce fait à une reconnaissance en tant que clé de la psychologie évolutionnaire.

Remarques sur la review

L'auteur reconnait que la distinction entre adaptation et exaptation nécessite la connaissance des séquences historiques et que de telles preuves sont souvent indisponibles. Dans de tels cas, ils préconisent que le terme neutre «aptation» (englobant à la fois ad et ex-aptation) soit utilisé à la place de «adaptation» conventionnelle et faussement inclusive.

Publiée il y a plus de 7 ans par L. Burkart.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Review : Exaptation: A Crucial Tool for an Evolutionary Psychology
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  • Auteurs
    Stephen Jay Gould
  • Année de publication
    1991
  • Journal
    Journal of Social Issues
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Evolutionary theory lacks a term for a crucial concept-a feature, now useful to an organism, that did not arise as an adaptation for its present role, but was subsequently coopted for its current function. I call such features “exaptations” and show that they are neither rare nor arcane, but dominant features of evolution- though previously unappreciated in the context of the overly adaptationist neo-Darwinian theory. This article argues that exaptation overcomes the fallacy of human sociobiology, helps us to understand the major patterns of flexibility and contingency in life’s history, revises the roles of structure andfunction in evolutionary theory, serves as a centerpiece for grasping the origin and meaning of brain size in human evolution, and thereby cries out for recognition as a key to evolutionary psychology. Historical origin and current utility are distinct concepts and must never be conflated.

  • Identifiant unique
    10.1111/j.1540-4560.1991.tb01822.x
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  • Apparait dans la controverse
    L'exaptation constitue-t-elle un concept différent de l'adaptation ?
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