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Titre de l'article

Le ratio de reproduction femelle à mâle dans l'homme moderne – une analyse basé sur des recombinaisons historique

Introduction à l'article

Dans une population monogame, la participation génétique à la reproduction est 50/50 pour les mâles et les femelles. Comme les recombinaisons sur le chromosome X ne sont possibles que chez la femme puisque l’homme n’en possède qu’un seul, cela permet de mesurer quantitativement l’apport précis des femmes dans la reproduction de l’espèce humaine. Autrement dit, si plus de femmes que d’hommes ont participé à la reproduction depuis l’apparition d’Homo sapiens, on devrait retrouver (et pouvoir quantifier) plus de recombinaisons historiques sur le chromosome X que sur les autres. Si le ratio de reproduction (bêta) est égale à 1 la population est strictement monogame; s'il diffère de cette valeur la population est considérée polygame (bêta>1).
Problématique :
La polygamie existait-elle chez les ancêtres de l’homme moderne (Homo sapiens) ? La contribution génétique des hommes et des femmes est-elle la même dans les populations humaines contemporaines ?

Expériences de l'article

Deux méthodes ont été utilisées pour obtenir les résultats : un calcul à partir des donnés mesurées et une simulation.
Les données sont issues du « HapMap project » et concernent les variations génétiques dans les populations de l’Afrique de l'Ouest, Europe de l'Ouest et Asie de l'Est. Le taux de recombinaison moyenne été mesuré par la méthode « Sliding window scan », pour effectuer les calculs la formule indiquée dans la figure 1 été utilisée. Le ratio de reproduction bêta est calculé à partir du taux de recombinaison normalisé du chromosome X par rapport au taux de recombinaison normalisé des autosomes.
Les auteurs ont également réalisé des simulations de coalescence pour estimer l'effet de
diversité génétique, densité de recombinaison et démographie sur les estimations
de taux de recombinaison observé dans les données de variation d'ADN. Les simulations ont été effectuées avec le logiciel msHot.

Résultats de l'article

Les valeurs bêta obtenues pour les trois populations varient entre 1,1 et 1,4. Ces valeurs sont supérieures à 1 mais restent quand même proches. Cela suggère une polygynie modérée dans les populations humaines c'est-à-dire, il y a plus de femmes que d'homme qui ont contribué génétiquement aux générations suivantes. Cependant, la polygynie n'est pas égale à la polygamie des mâles. Du point de vue biologique un homme qui se remarie après le décès de sa partenaire ou après divorce peut être considéré comme polygame,ce qui nous indique que les sociétés considérées monogames sont en fait polygyne, autrement dit elles pratiquent la monogamie en série. Malgré le fait que la polygamie soit acceptée dans la plupart des pays, les valeurs bêta trouvées signifient que l'Homo sapiens est une espèce monogame avec des tendances polygynes.

Rigueur de l'article

Les résultats et le déroulement de l'article sont faciles à comprendre, de plus les résultats sont comparés avec d'autres observations anthropologiques et sociales.

Ce que cet article apporte au débat

Cet article nous apporte des résultats objectifs, des valeurs qu'on peut mesurer qui nous permettent d'ignorer nos préjugées à ce sujet (influence des parents, culture, etc..). Les résultats indiquent que l'Homo sapiens est monogame avec des tendances polygyne.

Remarques sur l'article

L'article peut faire peur au début, car il contient de nombreuse formules. Cependant une fois les formules "déchiffrés", les résultats et le déroulement de l'article sont clairs et précis.

Figure
Légende :

Figure 1.
Formule pour calculer le ratio de reproduction
(issue de l'article analysé)

Publiée il y a plus de 8 ans par F. Borveto et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Article : Female-to-Male Breeding Ratio in Modern Humans - an Analysis Based on Historical Recombinations
  • 2
  • Auteurs
    Damian Labuda, Jean-François Lefebvre, Philippe Nadeau, and Marie-Hélène Roy-Gagnon
  • Année de publication
    2010
  • Journal
    The American Journal of Human Genetics - AJHG
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Was the past genetic contribution of women and men to the current human population equal? Was polygyny (excess of breeding women) present among hominid lineages? We addressed these questions by measuring the ratio of population recombination rates between the X chromosome and the autosomes, r X /r A . The X chromosome recombines only in female meiosis, whereas autosomes undergo crossovers in both sexes; thus, r X /r A reflects the female-to-male breeding ratio, b. We estimated b from r X /r A inferred from genomic diversity data and calibrated with recombination rates derived from pedigree data. For the HapMap populations, we obtained b of 1.4 in the Yoruba from West Africa, 1.3 in Europeans, and 1.1 in East Asian samples. These values are consistent with a high prevalence of monogamy and limited polygyny in human populations. More mutations occur during male meiosis as compared to female meiosis at the rate ratio referred to as a. We show that at a s 1, the divergence rates and genetic diversities of the X chromosome relative to the autosomes are complex functions of both a and b, making their independent estimation difficult. Because our estimator of b does not require any knowledge of the mutation rates, our approach should allow us to dissociate the effects of a and b on the genetic diversity
    and divergence rate ratios of the sex chromosomes to the autosomes.

  • Identifiant unique
    10.1016/j.ajhg.2010.01.029
  • Accès libre
    Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    Homo sapiens est-il polygame ou monogame ?
  • Comment les contributeurs jugent la qualité scientifique de cette référence :

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