ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de l'article

Avantages d'une durée de vie post-ménopause prolongée sur la fitness, chez les femmes

Introduction à l'article

Chez l’être humain, la femme peut survivre longtemps après l’arrêt biologique de sa reproduction (ménopause). La principale théorie est que la ménopause serait un phénomène évolutif permettant aux femelles de gagner en fitness en augmentant le succès reproducteur de leur progéniture (théorie de la grand-mère). En étudiant des données multi générationnelles démographiques, les chercheurs tentent de montrer que les femmes avec une durée de vie post reproduction prolongée ont plus de petits-enfants et une meilleure fitness. Des recherches antérieures sur l'être humain ont montré que la période post-reproductive permettrait aux mères de bénéficier du rendement reproductif de leurs enfants. Toutefois, il est difficile de vérifier si l'allongement de la durée de vie post ménopause chez l'homme est associé à une plus grande production de petits-enfants et une meilleure fitness, les données couvrant l'ensemble de l'histoire de reproduction de plusieurs générations d'individus étant rares.

Expériences de l'article

Des enregistrements démographiques multi-générationnels basés sur des recensements de populations humaines ont été réalisés sur des communautés agricoles de deux pays (Finlande et Canada) au cours du 18 et 19ème siècle. Les chercheurs se sont concentrés sur les bénéfices du succès reproducteur des femmes. La fitness est calculée comme l'espérance de vie post-reproductive d'une femme sur le nombre de petits-enfants qu'elle laisse dans la population. Ils calculent également l'effet de la présence de mère ménopausée sur la performance reproductive de ses descendants : fécondité, nombre d'enfants produits et élevés. Enfin, le mécanisme par lequel les femmes ménopausées influencent la condition physique de leur progéniture est étudié en comparant l'effet de la présence de mère ménopausée, sur le cycle biologique et la survie des petits-enfants. Les analyses sont effectuées par des modèles généraux linéaires mixtes avec effets confondants (différences socio-économiques, géographiques...).

Résultats de l'article

La durée de la vie post-reproductive d'une femme a un effet positif significatif sur le nombre de petits-enfants qu'elle engendre pour les deux populations. Les mères améliorent le succès reproductif de leurs enfants tout au long de leur vie en leur permettant de se reproduire plus tôt, plus fréquemment et avec plus de succès. Les bienfaits pour la fitness d'un régime prolongé de l'espérance de vie diminuent au fur et à mesure que le rendement reproducteur de la progéniture diminue. Après la reproduction, les mères vivantes lorsque leur progéniture commence à se reproduire ont un effet positif important sur les trois composantes de la fitness mesurée. La survie des petits-enfants jusqu'à l'âge adulte s'accroît de 12 % lorsque les grands-mères ont moins de 60 ans à leur naissance, mais de 3 % lorsque les grands-mères ont plus de cet âge. Les grands-mères ont peu d'effets sur la probabilité de survie de leurs enfants.

Rigueur de l'article

La génétique entre individus et au sein des populations est seulement évoquée mais peu prise en compte dan cette étude.

Ce que cet article apporte au débat

Les résultats de cet article appuient l'hypothèse que l'allongement de l'espérance de vie des femmes après la ménopause est adaptative. Bien que les effets des grands-mères seuls soient suggérés comme insuffisants pour tenir compte de l'évolution de la ménopause, ils pourraient être suffisants pour rendre compte de l'évolution de la période post-ménopause prolongée observée chez l'Homme. La sélection peut contribuer à augmenter la longévité post-ménopause. Les taux de mortalité s'accélèrent à partir du moment où la progéniture commence à mettre fin à la reproduction ce qui suggère que la sélection pour la longévité post-ménopause est présente jusqu'à ce que la propre progéniture d'une femme ait fini de se reproduire.

Publiée il y a plus de 6 ans par J. Morla.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Article : Fitness benefits of prolonged post-reproductive lifespan in women