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Coût sur la recherche de nourriture de la longueur des queues ornementales : expérimentation chez les femelles d'hirondelles de rivage
Coût sur la recherche de nourriture de la longueur des queues ornementales : expérimentation chez les femelles d'hirondelles de rivage
Introduction à l'article
Chez des espèces d'oiseaux, des études ont montré un coût de l'augmentation de la taille de la queue sur l'efficacité de l'apport de nourriture au nid. Mais, d'après des observations faites chez les hirondelles rustique, cette baisse d'apport du mâle ne résulterait pas seulement du coût de l'ornement mais aussi de l'augmentation de l'investissement de l'autre partenaire. En effet la femelle formulerait plus d'efforts parentaux en réponse à l'attraction du mâle. C'est l'effet d'allocation différentielle des dépenses parentales.
Chez les hirondelles de rivage, les auteurs veulent tester si le coût de la taille de la queue ornementale est du à une recherche altérée de nourriture sans prendre en compte un impact de l'effet de réponse au comportement du partenaire. Cet effet est supprimé en modifiant expérimentalement la taille de la queue de la femelle au lieu de celle du mâle. Le coût résulterait alors seulement de la taille de l'ornement.
Chez des espèces d'oiseaux, des études ont montré un coût de l'augmentation de la taille de la queue sur l'efficacité de l'apport de nourriture au nid. Mais, d'après des observations faites chez les hirondelles rustique, cette baisse d'apport du mâle ne résulterait pas seulement du coût de l'ornement mais aussi de l'augmentation de l'investissement de l'autre partenaire. En effet la femelle formulerait plus d'efforts parentaux en réponse à l'attraction du mâle. C'est l'effet d'allocation différentielle des dépenses parentales.
Chez les hirondelles de rivage, les auteurs veulent tester si le coût de la taille de la queue ornementale est du à une recherche altérée de nourriture sans prendre en compte un impact de l'effet de réponse au comportement du partenaire. Cet effet est supprimé en modifiant expérimentalement la taille de la queue de la femelle au lieu de celle du mâle. Le coût résulterait alors seulement de la taille de l'ornement.
Expériences de l'article
Le terrain d’expérimentation se trouve sur un site naturel et comprend une colonie de 120 couples. 24 femelles ont été capturées et divisées en 2 groupes. Les femelles du premier groupe ont leur queue coupée puis remplacée par des queues de mâles d’hirondelles rustique et leur taille de queue augmente ainsi en moyenne de 36%. Le second groupe correspond aux contrôles c’est-à-dire que leurs queues sont coupées puis recollées à la même taille.
Pour l’étude des taux d’approvisionnement, 11 nids de femelles de chaque groupe sont observés simultanément sur des périodes données. Sur ces sessions, les auteurs mesurent le temps d’entrée et de sortie du nid des 2 parents. Le temps mesuré sert d’estimation pour le taux d’approvisionnement absolu (/heures) et pour le taux d’approvisionnement maximal (/minutes).
De plus, les bolus alimentaires de 8 femelles de chaque groupe ont été analysés pour estimer la taille et le nombre des proies apportées par les femelles.
Le terrain d’expérimentation se trouve sur un site naturel et comprend une colonie de 120 couples. 24 femelles ont été capturées et divisées en 2 groupes. Les femelles du premier groupe ont leur queue coupée puis remplacée par des queues de mâles d’hirondelles rustique et leur taille de queue augmente ainsi en moyenne de 36%. Le second groupe correspond aux contrôles c’est-à-dire que leurs queues sont coupées puis recollées à la même taille.
Pour l’étude des taux d’approvisionnement, 11 nids de femelles de chaque groupe sont observés simultanément sur des périodes données. Sur ces sessions, les auteurs mesurent le temps d’entrée et de sortie du nid des 2 parents. Le temps mesuré sert d’estimation pour le taux d’approvisionnement absolu (/heures) et pour le taux d’approvisionnement maximal (/minutes).
De plus, les bolus alimentaires de 8 femelles de chaque groupe ont été analysés pour estimer la taille et le nombre des proies apportées par les femelles.
Résultats de l'article
Les résultats montrent que les femelles avec une longue queue ont un taux d'approvisionnement plus faible que les femelles "contrôles". Le taux des mâles ne varie pas selon le traitement de leur partenaire. Les mêmes résultats sont observés pour le taux d'approvisionnement maximal. Les femelles avec une longue queue apportent également des proies plus petites mais en plus grand nombre que les femelles "contrôles".
Des résultats similaires ont été observés pour les hirondelles rustique où le taux d'approvisionnement des mâles est corrélé négativement à la taille de leur ornement. Mais dans notre cas, ces résultats ne peuvent pas être attribués aux mêmes effets. Ici, le taux d'approvisionnement des mâles n'est pas impacté par notre expérience. L'effet d'allocation différentielle des dépenses parentales est donc écarté et ne biaise pas les résultats obtenus.
Les résultats sont cohérents avec les attentes des précédentes études : la taille de l'ornement induit un coût sur le porteur.
Les résultats montrent que les femelles avec une longue queue ont un taux d'approvisionnement plus faible que les femelles "contrôles". Le taux des mâles ne varie pas selon le traitement de leur partenaire. Les mêmes résultats sont observés pour le taux d'approvisionnement maximal. Les femelles avec une longue queue apportent également des proies plus petites mais en plus grand nombre que les femelles "contrôles".
Des résultats similaires ont été observés pour les hirondelles rustique où le taux d'approvisionnement des mâles est corrélé négativement à la taille de leur ornement. Mais dans notre cas, ces résultats ne peuvent pas être attribués aux mêmes effets. Ici, le taux d'approvisionnement des mâles n'est pas impacté par notre expérience. L'effet d'allocation différentielle des dépenses parentales est donc écarté et ne biaise pas les résultats obtenus.
Les résultats sont cohérents avec les attentes des précédentes études : la taille de l'ornement induit un coût sur le porteur.
Rigueur de l'article
La technique de manipulation de la taille de la queue ne produit pas de biais dans la recherche de nourriture selon des études chez les hirondelles rustique. Nous pouvons donc estimer que le comportement altéré des hirondelles manipulés n'est pas lié à la technique en elle-même mais à l'augmentation de la taille de la queue.
Pour les estimations des taux d'approvisionnement, tous les oiseaux ne peuvent pas être observés. Nous pourrions alors nous poser des questions sur la représentativité de leur échantillonnage. La même interrogation peut être faite sur le temps d'observation des nids et nu nombre de bolus alimentaires examinés pour chaque groupe.
L'article voulait éliminer des biais possibles dans l'interprétation des résultats en manipulant la taille des queues des femelles plutôt que celles des mâles. Mais pouvons-nous être certains que d'autres interférence ne rentrent pas en ligne de compte?
La technique de manipulation de la taille de la queue ne produit pas de biais dans la recherche de nourriture selon des études chez les hirondelles rustique. Nous pouvons donc estimer que le comportement altéré des hirondelles manipulés n'est pas lié à la technique en elle-même mais à l'augmentation de la taille de la queue.
Pour les estimations des taux d'approvisionnement, tous les oiseaux ne peuvent pas être observés. Nous pourrions alors nous poser des questions sur la représentativité de leur échantillonnage. La même interrogation peut être faite sur le temps d'observation des nids et nu nombre de bolus alimentaires examinés pour chaque groupe.
L'article voulait éliminer des biais possibles dans l'interprétation des résultats en manipulant la taille des queues des femelles plutôt que celles des mâles. Mais pouvons-nous être certains que d'autres interférence ne rentrent pas en ligne de compte?
Ce que cet article apporte au débat
Cet article apporte encore un argument au fait que la théorie du handicap est compliquée à démontrer. En effet, pour être considéré comme un trait lié à la qualité du partenaire et impliqué dans le choix du partenaire, ce trait doit être coûteux pour le porteur.
Or, ce coût pour le porteur lui-même peut être difficile à estimer. La méthodologie centrée autour des femelles plutôt que sur les mâles de cet article le montre bien. Nous avons vu que chez les oiseaux, la diminution de l'investissement dans l'approvisionnement du nid peut être lié à l'ornement lui-même mais aussi impacté par le comportement parental de l'autre partenaire.
Cet article apporte encore un argument au fait que la théorie du handicap est compliquée à démontrer. En effet, pour être considéré comme un trait lié à la qualité du partenaire et impliqué dans le choix du partenaire, ce trait doit être coûteux pour le porteur.
Or, ce coût pour le porteur lui-même peut être difficile à estimer. La méthodologie centrée autour des femelles plutôt que sur les mâles de cet article le montre bien. Nous avons vu que chez les oiseaux, la diminution de l'investissement dans l'approvisionnement du nid peut être lié à l'ornement lui-même mais aussi impacté par le comportement parental de l'autre partenaire.
Publiée il y a plus de 9 ans
par
M. Buysse.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Article : Foraging Cost of a Long Tail Ornament: An Experiment with Sand Martin Females
Titre de l'article
Coût sur la recherche de nourriture de la longueur des queues ornementales : expérimentation chez les femelles d'hirondelles de rivage
Coût sur la recherche de nourriture de la longueur des queues ornementales : expérimentation chez les femelles d'hirondelles de rivage
Introduction à l'article
Chez des espèces d'oiseaux, des études ont montré un coût de l'augmentation de la taille de la queue sur l'efficacité de l'apport de nourriture au nid. Mais, d'après des observations faites chez les hirondelles rustique, cette baisse d'apport du mâle ne résulterait pas seulement du coût de l'ornement mais aussi de l'augmentation de l'investissement de l'autre partenaire. En effet la femelle formulerait plus d'efforts parentaux en réponse à l'attraction du mâle. C'est l'effet d'allocation différentielle des dépenses parentales.
Chez les hirondelles de rivage, les auteurs veulent tester si le coût de la taille de la queue ornementale est du à une recherche altérée de nourriture sans prendre en compte un impact de l'effet de réponse au comportement du partenaire. Cet effet est supprimé en modifiant expérimentalement la taille de la queue de la femelle au lieu de celle du mâle. Le coût résulterait alors seulement de la taille de l'ornement.
Chez des espèces d'oiseaux, des études ont montré un coût de l'augmentation de la taille de la queue sur l'efficacité de l'apport de nourriture au nid. Mais, d'après des observations faites chez les hirondelles rustique, cette baisse d'apport du mâle ne résulterait pas seulement du coût de l'ornement mais aussi de l'augmentation de l'investissement de l'autre partenaire. En effet la femelle formulerait plus d'efforts parentaux en réponse à l'attraction du mâle. C'est l'effet d'allocation différentielle des dépenses parentales.
Chez les hirondelles de rivage, les auteurs veulent tester si le coût de la taille de la queue ornementale est du à une recherche altérée de nourriture sans prendre en compte un impact de l'effet de réponse au comportement du partenaire. Cet effet est supprimé en modifiant expérimentalement la taille de la queue de la femelle au lieu de celle du mâle. Le coût résulterait alors seulement de la taille de l'ornement.
Expériences de l'article
Le terrain d’expérimentation se trouve sur un site naturel et comprend une colonie de 120 couples. 24 femelles ont été capturées et divisées en 2 groupes. Les femelles du premier groupe ont leur queue coupée puis remplacée par des queues de mâles d’hirondelles rustique et leur taille de queue augmente ainsi en moyenne de 36%. Le second groupe correspond aux contrôles c’est-à-dire que leurs queues sont coupées puis recollées à la même taille.
Pour l’étude des taux d’approvisionnement, 11 nids de femelles de chaque groupe sont observés simultanément sur des périodes données. Sur ces sessions, les auteurs mesurent le temps d’entrée et de sortie du nid des 2 parents. Le temps mesuré sert d’estimation pour le taux d’approvisionnement absolu (/heures) et pour le taux d’approvisionnement maximal (/minutes).
De plus, les bolus alimentaires de 8 femelles de chaque groupe ont été analysés pour estimer la taille et le nombre des proies apportées par les femelles.
Le terrain d’expérimentation se trouve sur un site naturel et comprend une colonie de 120 couples. 24 femelles ont été capturées et divisées en 2 groupes. Les femelles du premier groupe ont leur queue coupée puis remplacée par des queues de mâles d’hirondelles rustique et leur taille de queue augmente ainsi en moyenne de 36%. Le second groupe correspond aux contrôles c’est-à-dire que leurs queues sont coupées puis recollées à la même taille.
Pour l’étude des taux d’approvisionnement, 11 nids de femelles de chaque groupe sont observés simultanément sur des périodes données. Sur ces sessions, les auteurs mesurent le temps d’entrée et de sortie du nid des 2 parents. Le temps mesuré sert d’estimation pour le taux d’approvisionnement absolu (/heures) et pour le taux d’approvisionnement maximal (/minutes).
De plus, les bolus alimentaires de 8 femelles de chaque groupe ont été analysés pour estimer la taille et le nombre des proies apportées par les femelles.
Résultats de l'article
Les résultats montrent que les femelles avec une longue queue ont un taux d'approvisionnement plus faible que les femelles "contrôles". Le taux des mâles ne varie pas selon le traitement de leur partenaire. Les mêmes résultats sont observés pour le taux d'approvisionnement maximal. Les femelles avec une longue queue apportent également des proies plus petites mais en plus grand nombre que les femelles "contrôles".
Des résultats similaires ont été observés pour les hirondelles rustique où le taux d'approvisionnement des mâles est corrélé négativement à la taille de leur ornement. Mais dans notre cas, ces résultats ne peuvent pas être attribués aux mêmes effets. Ici, le taux d'approvisionnement des mâles n'est pas impacté par notre expérience. L'effet d'allocation différentielle des dépenses parentales est donc écarté et ne biaise pas les résultats obtenus.
Les résultats sont cohérents avec les attentes des précédentes études : la taille de l'ornement induit un coût sur le porteur.
Les résultats montrent que les femelles avec une longue queue ont un taux d'approvisionnement plus faible que les femelles "contrôles". Le taux des mâles ne varie pas selon le traitement de leur partenaire. Les mêmes résultats sont observés pour le taux d'approvisionnement maximal. Les femelles avec une longue queue apportent également des proies plus petites mais en plus grand nombre que les femelles "contrôles".
Des résultats similaires ont été observés pour les hirondelles rustique où le taux d'approvisionnement des mâles est corrélé négativement à la taille de leur ornement. Mais dans notre cas, ces résultats ne peuvent pas être attribués aux mêmes effets. Ici, le taux d'approvisionnement des mâles n'est pas impacté par notre expérience. L'effet d'allocation différentielle des dépenses parentales est donc écarté et ne biaise pas les résultats obtenus.
Les résultats sont cohérents avec les attentes des précédentes études : la taille de l'ornement induit un coût sur le porteur.
Rigueur de l'article
La technique de manipulation de la taille de la queue ne produit pas de biais dans la recherche de nourriture selon des études chez les hirondelles rustique. Nous pouvons donc estimer que le comportement altéré des hirondelles manipulés n'est pas lié à la technique en elle-même mais à l'augmentation de la taille de la queue.
Pour les estimations des taux d'approvisionnement, tous les oiseaux ne peuvent pas être observés. Nous pourrions alors nous poser des questions sur la représentativité de leur échantillonnage. La même interrogation peut être faite sur le temps d'observation des nids et nu nombre de bolus alimentaires examinés pour chaque groupe.
L'article voulait éliminer des biais possibles dans l'interprétation des résultats en manipulant la taille des queues des femelles plutôt que celles des mâles. Mais pouvons-nous être certains que d'autres interférence ne rentrent pas en ligne de compte?
La technique de manipulation de la taille de la queue ne produit pas de biais dans la recherche de nourriture selon des études chez les hirondelles rustique. Nous pouvons donc estimer que le comportement altéré des hirondelles manipulés n'est pas lié à la technique en elle-même mais à l'augmentation de la taille de la queue.
Pour les estimations des taux d'approvisionnement, tous les oiseaux ne peuvent pas être observés. Nous pourrions alors nous poser des questions sur la représentativité de leur échantillonnage. La même interrogation peut être faite sur le temps d'observation des nids et nu nombre de bolus alimentaires examinés pour chaque groupe.
L'article voulait éliminer des biais possibles dans l'interprétation des résultats en manipulant la taille des queues des femelles plutôt que celles des mâles. Mais pouvons-nous être certains que d'autres interférence ne rentrent pas en ligne de compte?
Ce que cet article apporte au débat
Cet article apporte encore un argument au fait que la théorie du handicap est compliquée à démontrer. En effet, pour être considéré comme un trait lié à la qualité du partenaire et impliqué dans le choix du partenaire, ce trait doit être coûteux pour le porteur.
Or, ce coût pour le porteur lui-même peut être difficile à estimer. La méthodologie centrée autour des femelles plutôt que sur les mâles de cet article le montre bien. Nous avons vu que chez les oiseaux, la diminution de l'investissement dans l'approvisionnement du nid peut être lié à l'ornement lui-même mais aussi impacté par le comportement parental de l'autre partenaire.
Cet article apporte encore un argument au fait que la théorie du handicap est compliquée à démontrer. En effet, pour être considéré comme un trait lié à la qualité du partenaire et impliqué dans le choix du partenaire, ce trait doit être coûteux pour le porteur.
Or, ce coût pour le porteur lui-même peut être difficile à estimer. La méthodologie centrée autour des femelles plutôt que sur les mâles de cet article le montre bien. Nous avons vu que chez les oiseaux, la diminution de l'investissement dans l'approvisionnement du nid peut être lié à l'ornement lui-même mais aussi impacté par le comportement parental de l'autre partenaire.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.