ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Sauvetage génétique d'une population consanguine de renards arctiques (Vulpes lagopus)
Sauvetage génétique d'une population consanguine de renards arctiques (Vulpes lagopus)
Introduction à l'article
Un isolement à long terme des populations peut entraîner une dépression de consanguinité et constitue alors une menace majeure pour la viabilité de ces dernières. Il apparaît que les croisements avec des individus non apparentés pourraient donc empêcher la détérioration génétique des petites populations consanguines.
Une population de renards arctiques scandinaves (Vulpes lagopus) a subi un déclin spectaculaire à la fin du XIX siècle. En effet, cette dernière est passée de plus de 10 000 individus à seulement quelques centaines. De plus, il a été démontré que cette population souffrait d'une forte dépression de consanguinité. De 2010 à 2011, trois mâles, issus d'un programme norvégien d'élevage en captivité, ont donc été introduits dans la population et ont contribué rapidement à la reproduction au sein de cette dernière. Cette étude offre une occasion d'analyser les effets du sauvetage génétique dans des conditions naturelles.
Un isolement à long terme des populations peut entraîner une dépression de consanguinité et constitue alors une menace majeure pour la viabilité de ces dernières. Il apparaît que les croisements avec des individus non apparentés pourraient donc empêcher la détérioration génétique des petites populations consanguines.
Une population de renards arctiques scandinaves (Vulpes lagopus) a subi un déclin spectaculaire à la fin du XIX siècle. En effet, cette dernière est passée de plus de 10 000 individus à seulement quelques centaines. De plus, il a été démontré que cette population souffrait d'une forte dépression de consanguinité. De 2010 à 2011, trois mâles, issus d'un programme norvégien d'élevage en captivité, ont donc été introduits dans la population et ont contribué rapidement à la reproduction au sein de cette dernière. Cette étude offre une occasion d'analyser les effets du sauvetage génétique dans des conditions naturelles.
Expériences de l'article
Depuis 2000, des actions de surveillance et de gestion ont été effectuées pour une sous-population résidant dans une zone de 3400 km² à Helagsfjällen (Suède). Entre 2001 et 2013, 68% de la population totale a été capturée puis marquée et entre 2014 et 2015, environ 60%. La fitness de chaque individu a été mesurée en utilisant des données de survie (observation visuelle, assignation génétique, survie d'un individu à sa première année) et de reproduction (succès reproducteur). Puis, des analyses génétiques ont été réalisées sur 11 loci polymorphes et autosomiques de 678 individus précédemment marqués. Le pedigree des renards nés entre 2010 et 2015 a été construit et combiné à un pedigree précédemment publié dans le but de tester les effets du sauvetage génétique. Les coefficients de consanguinité ont également été calculés. Enfin, des analyses statistiques ont été utilisées pour réaliser plusieurs estimations : taille de la population, hétérozygotie, distance génétique, richesse allélique, etc.
Depuis 2000, des actions de surveillance et de gestion ont été effectuées pour une sous-population résidant dans une zone de 3400 km² à Helagsfjällen (Suède). Entre 2001 et 2013, 68% de la population totale a été capturée puis marquée et entre 2014 et 2015, environ 60%. La fitness de chaque individu a été mesurée en utilisant des données de survie (observation visuelle, assignation génétique, survie d'un individu à sa première année) et de reproduction (succès reproducteur). Puis, des analyses génétiques ont été réalisées sur 11 loci polymorphes et autosomiques de 678 individus précédemment marqués. Le pedigree des renards nés entre 2010 et 2015 a été construit et combiné à un pedigree précédemment publié dans le but de tester les effets du sauvetage génétique. Les coefficients de consanguinité ont également été calculés. Enfin, des analyses statistiques ont été utilisées pour réaliser plusieurs estimations : taille de la population, hétérozygotie, distance génétique, richesse allélique, etc.
Résultats de l'article
Le pedigree final comprenait 503 individus et 105 portées (entre 2001 et 2015). Entre 2010 et 2015, les portées issues des immigrants ont augmenté, le coefficient de consanguinité moyen a fortement diminué et la population a plus que doublé. Il apparaît également que la richesse allélique était plus élevée après l'évènement d'immigration. Ces résultats mettent donc en évidence le succès du sauvetage génétique pour la population de renards polaires. De plus, les chercheurs ont constaté que les hybrides F1 avaient un taux de survie supérieur à celui des descendants consanguins. Notons tout de même que cette survie diminuait lorsque la densité de rongeurs était faible. En dépit d'une augmentation de la survie en F1, les hybrides des générations F2 et F3, qui dans la plupart du temps étaient rétro-croisés avec les résidents, n'ont pas eu un taux de survie supérieur aux natifs. Enfin, les résultats ont montré un succès reproducteur plus élevé pour les hybrides F1 que pour les non hybrides.
Le pedigree final comprenait 503 individus et 105 portées (entre 2001 et 2015). Entre 2010 et 2015, les portées issues des immigrants ont augmenté, le coefficient de consanguinité moyen a fortement diminué et la population a plus que doublé. Il apparaît également que la richesse allélique était plus élevée après l'évènement d'immigration. Ces résultats mettent donc en évidence le succès du sauvetage génétique pour la population de renards polaires. De plus, les chercheurs ont constaté que les hybrides F1 avaient un taux de survie supérieur à celui des descendants consanguins. Notons tout de même que cette survie diminuait lorsque la densité de rongeurs était faible. En dépit d'une augmentation de la survie en F1, les hybrides des générations F2 et F3, qui dans la plupart du temps étaient rétro-croisés avec les résidents, n'ont pas eu un taux de survie supérieur aux natifs. Enfin, les résultats ont montré un succès reproducteur plus élevé pour les hybrides F1 que pour les non hybrides.
Rigueur de l'article
Les auteurs soulignent que le court intervalle de temps depuis l'évènement d'immigration et le nombre limité de loci utilisés ont probablement empêché la détection d'une variation de l'hétérozygotie.
Les auteurs soulignent que le court intervalle de temps depuis l'évènement d'immigration et le nombre limité de loci utilisés ont probablement empêché la détection d'une variation de l'hétérozygotie.
Ce que cet article apporte au débat
Cette étude offre une occasion rare d'observer les effets du sauvetage génétique dans une population naturelle et à l’échelle individuelle. Dans cet exemple de sauvetage génétique, l'immigration et l'hybridation ultérieure permet de réduire les niveaux de consanguinité et de restaurer la variabilité génétique dans la population menacée de renards polaires, permettant ainsi sa croissance démographique. Ces observations mettent donc en évidence les avantages que peut avoir l'hybridation en biologie de la conservation.
Toutefois, les auteurs soulignent le fait que sans flux de gènes supplémentaire, la consanguinité augmentera de nouveau, entrainant ainsi une diminution de la fitness. Il apparaît donc que le succès du sauvetage génétique sur le long terme soit discutable. Cependant, même si un second évènement d'immigration serait moins efficace, il pourrait tout de même permettre d'améliorer le potentiel évolutif de la population.
Cette étude offre une occasion rare d'observer les effets du sauvetage génétique dans une population naturelle et à l’échelle individuelle. Dans cet exemple de sauvetage génétique, l'immigration et l'hybridation ultérieure permet de réduire les niveaux de consanguinité et de restaurer la variabilité génétique dans la population menacée de renards polaires, permettant ainsi sa croissance démographique. Ces observations mettent donc en évidence les avantages que peut avoir l'hybridation en biologie de la conservation.
Toutefois, les auteurs soulignent le fait que sans flux de gènes supplémentaire, la consanguinité augmentera de nouveau, entrainant ainsi une diminution de la fitness. Il apparaît donc que le succès du sauvetage génétique sur le long terme soit discutable. Cependant, même si un second évènement d'immigration serait moins efficace, il pourrait tout de même permettre d'améliorer le potentiel évolutif de la population.
Remarques sur l'article
Notons tout de même que l'amélioration de la survie n'a été observée que pour la première génération d'hybrides, remettant ainsi en question l'efficacité du sauvetage génétique sur le long terme. De plus, les résultats ont montré une baisse de la survie lorsque le nombre de proies (rongeurs) été plus faible. La disponibilité de nourriture pourrait donc influencer les effets du sauvetage génétique.
Notons tout de même que l'amélioration de la survie n'a été observée que pour la première génération d'hybrides, remettant ainsi en question l'efficacité du sauvetage génétique sur le long terme. De plus, les résultats ont montré une baisse de la survie lorsque le nombre de proies (rongeurs) été plus faible. La disponibilité de nourriture pourrait donc influencer les effets du sauvetage génétique.
Titre de l'article
Sauvetage génétique d'une population consanguine de renards arctiques (Vulpes lagopus)
Sauvetage génétique d'une population consanguine de renards arctiques (Vulpes lagopus)
Introduction à l'article
Un isolement à long terme des populations peut entraîner une dépression de consanguinité et constitue alors une menace majeure pour la viabilité de ces dernières. Il apparaît que les croisements avec des individus non apparentés pourraient donc empêcher la détérioration génétique des petites populations consanguines.
Une population de renards arctiques scandinaves (Vulpes lagopus) a subi un déclin spectaculaire à la fin du XIX siècle. En effet, cette dernière est passée de plus de 10 000 individus à seulement quelques centaines. De plus, il a été démontré que cette population souffrait d'une forte dépression de consanguinité. De 2010 à 2011, trois mâles, issus d'un programme norvégien d'élevage en captivité, ont donc été introduits dans la population et ont contribué rapidement à la reproduction au sein de cette dernière. Cette étude offre une occasion d'analyser les effets du sauvetage génétique dans des conditions naturelles.
Un isolement à long terme des populations peut entraîner une dépression de consanguinité et constitue alors une menace majeure pour la viabilité de ces dernières. Il apparaît que les croisements avec des individus non apparentés pourraient donc empêcher la détérioration génétique des petites populations consanguines.
Une population de renards arctiques scandinaves (Vulpes lagopus) a subi un déclin spectaculaire à la fin du XIX siècle. En effet, cette dernière est passée de plus de 10 000 individus à seulement quelques centaines. De plus, il a été démontré que cette population souffrait d'une forte dépression de consanguinité. De 2010 à 2011, trois mâles, issus d'un programme norvégien d'élevage en captivité, ont donc été introduits dans la population et ont contribué rapidement à la reproduction au sein de cette dernière. Cette étude offre une occasion d'analyser les effets du sauvetage génétique dans des conditions naturelles.
Expériences de l'article
Depuis 2000, des actions de surveillance et de gestion ont été effectuées pour une sous-population résidant dans une zone de 3400 km² à Helagsfjällen (Suède). Entre 2001 et 2013, 68% de la population totale a été capturée puis marquée et entre 2014 et 2015, environ 60%. La fitness de chaque individu a été mesurée en utilisant des données de survie (observation visuelle, assignation génétique, survie d'un individu à sa première année) et de reproduction (succès reproducteur). Puis, des analyses génétiques ont été réalisées sur 11 loci polymorphes et autosomiques de 678 individus précédemment marqués. Le pedigree des renards nés entre 2010 et 2015 a été construit et combiné à un pedigree précédemment publié dans le but de tester les effets du sauvetage génétique. Les coefficients de consanguinité ont également été calculés. Enfin, des analyses statistiques ont été utilisées pour réaliser plusieurs estimations : taille de la population, hétérozygotie, distance génétique, richesse allélique, etc.
Depuis 2000, des actions de surveillance et de gestion ont été effectuées pour une sous-population résidant dans une zone de 3400 km² à Helagsfjällen (Suède). Entre 2001 et 2013, 68% de la population totale a été capturée puis marquée et entre 2014 et 2015, environ 60%. La fitness de chaque individu a été mesurée en utilisant des données de survie (observation visuelle, assignation génétique, survie d'un individu à sa première année) et de reproduction (succès reproducteur). Puis, des analyses génétiques ont été réalisées sur 11 loci polymorphes et autosomiques de 678 individus précédemment marqués. Le pedigree des renards nés entre 2010 et 2015 a été construit et combiné à un pedigree précédemment publié dans le but de tester les effets du sauvetage génétique. Les coefficients de consanguinité ont également été calculés. Enfin, des analyses statistiques ont été utilisées pour réaliser plusieurs estimations : taille de la population, hétérozygotie, distance génétique, richesse allélique, etc.
Résultats de l'article
Le pedigree final comprenait 503 individus et 105 portées (entre 2001 et 2015). Entre 2010 et 2015, les portées issues des immigrants ont augmenté, le coefficient de consanguinité moyen a fortement diminué et la population a plus que doublé. Il apparaît également que la richesse allélique était plus élevée après l'évènement d'immigration. Ces résultats mettent donc en évidence le succès du sauvetage génétique pour la population de renards polaires. De plus, les chercheurs ont constaté que les hybrides F1 avaient un taux de survie supérieur à celui des descendants consanguins. Notons tout de même que cette survie diminuait lorsque la densité de rongeurs était faible. En dépit d'une augmentation de la survie en F1, les hybrides des générations F2 et F3, qui dans la plupart du temps étaient rétro-croisés avec les résidents, n'ont pas eu un taux de survie supérieur aux natifs. Enfin, les résultats ont montré un succès reproducteur plus élevé pour les hybrides F1 que pour les non hybrides.
Le pedigree final comprenait 503 individus et 105 portées (entre 2001 et 2015). Entre 2010 et 2015, les portées issues des immigrants ont augmenté, le coefficient de consanguinité moyen a fortement diminué et la population a plus que doublé. Il apparaît également que la richesse allélique était plus élevée après l'évènement d'immigration. Ces résultats mettent donc en évidence le succès du sauvetage génétique pour la population de renards polaires. De plus, les chercheurs ont constaté que les hybrides F1 avaient un taux de survie supérieur à celui des descendants consanguins. Notons tout de même que cette survie diminuait lorsque la densité de rongeurs était faible. En dépit d'une augmentation de la survie en F1, les hybrides des générations F2 et F3, qui dans la plupart du temps étaient rétro-croisés avec les résidents, n'ont pas eu un taux de survie supérieur aux natifs. Enfin, les résultats ont montré un succès reproducteur plus élevé pour les hybrides F1 que pour les non hybrides.
Rigueur de l'article
Les auteurs soulignent que le court intervalle de temps depuis l'évènement d'immigration et le nombre limité de loci utilisés ont probablement empêché la détection d'une variation de l'hétérozygotie.
Les auteurs soulignent que le court intervalle de temps depuis l'évènement d'immigration et le nombre limité de loci utilisés ont probablement empêché la détection d'une variation de l'hétérozygotie.
Ce que cet article apporte au débat
Cette étude offre une occasion rare d'observer les effets du sauvetage génétique dans une population naturelle et à l’échelle individuelle. Dans cet exemple de sauvetage génétique, l'immigration et l'hybridation ultérieure permet de réduire les niveaux de consanguinité et de restaurer la variabilité génétique dans la population menacée de renards polaires, permettant ainsi sa croissance démographique. Ces observations mettent donc en évidence les avantages que peut avoir l'hybridation en biologie de la conservation.
Toutefois, les auteurs soulignent le fait que sans flux de gènes supplémentaire, la consanguinité augmentera de nouveau, entrainant ainsi une diminution de la fitness. Il apparaît donc que le succès du sauvetage génétique sur le long terme soit discutable. Cependant, même si un second évènement d'immigration serait moins efficace, il pourrait tout de même permettre d'améliorer le potentiel évolutif de la population.
Cette étude offre une occasion rare d'observer les effets du sauvetage génétique dans une population naturelle et à l’échelle individuelle. Dans cet exemple de sauvetage génétique, l'immigration et l'hybridation ultérieure permet de réduire les niveaux de consanguinité et de restaurer la variabilité génétique dans la population menacée de renards polaires, permettant ainsi sa croissance démographique. Ces observations mettent donc en évidence les avantages que peut avoir l'hybridation en biologie de la conservation.
Toutefois, les auteurs soulignent le fait que sans flux de gènes supplémentaire, la consanguinité augmentera de nouveau, entrainant ainsi une diminution de la fitness. Il apparaît donc que le succès du sauvetage génétique sur le long terme soit discutable. Cependant, même si un second évènement d'immigration serait moins efficace, il pourrait tout de même permettre d'améliorer le potentiel évolutif de la population.
Remarques sur l'article
Notons tout de même que l'amélioration de la survie n'a été observée que pour la première génération d'hybrides, remettant ainsi en question l'efficacité du sauvetage génétique sur le long terme. De plus, les résultats ont montré une baisse de la survie lorsque le nombre de proies (rongeurs) été plus faible. La disponibilité de nourriture pourrait donc influencer les effets du sauvetage génétique.
Notons tout de même que l'amélioration de la survie n'a été observée que pour la première génération d'hybrides, remettant ainsi en question l'efficacité du sauvetage génétique sur le long terme. De plus, les résultats ont montré une baisse de la survie lorsque le nombre de proies (rongeurs) été plus faible. La disponibilité de nourriture pourrait donc influencer les effets du sauvetage génétique.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.