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Titre de l'article

Sauvetage génétique de population de grands mammifères isolés.

Introduction à l'article

La science de la conservation prédit que les petites populations isolées vont, au cours de l'évolution, subir une réduction de fitness individuelle à cause de l'augmentation de la consanguinité et le déclin voir l'extinction de l'espèce. Ce phénomène est très préoccupant car la diminution du nombre de grands mammifères peut avoir d'important impacts économiques. C'est pourquoi l'étude de ces populations en déclin est très importante. Dans cet article, les biologistes analysent cette dynamique populationnelle par des études individuelles et généalogiques sur le mouflon canadien (Ovis canadenis). Cette population initialement isolée par la distance et l'urbanisation, a subit une implantation d'espèces d'élevage en 1922. Des données démographique, génétique et populationnelle (entre 1979 et 2003) ont permis aux chercheurs d'estimer les modifications génétiques et analyser la coexistence de ces espèces sauvages et d'élevages. Leurs résultats montrent une diminution de fitness importante.

Expériences de l'article

Dans cet article différentes méthodes sont utilisées :

  • étude de la population avant l'ajout de nouveaux individus (taille/variation)
  • étude du site et de la population : ajout de 4 mâles et 8 femelles dans la population sauvage (1922)
  • données de terrain : analyse génétique sur des prélèvements, décompte du nombre d'individu, taux de reproduction (mâle/femelle)
  • analyse moléculaires (extraction d'ADN, amplification et PCR)
  • étude de la démographie, le génétique et l'attribution de la paternité
  • statut de la dominance masculine
  • analyse de la fitness
Résultats de l'article

Les chercheurs ont estimé la taille et la variation de la population de mouflon avant ajout d'autre individu.
Le taux de croissance moyen de cette population sur un an est légèrement positif (sauf juste avant l'ajout de mouflon ou ce ratio était légèrement négatif). La diversité génétique était, juste avant l'ajout d'individu, très faible comparé à d'autre population d'Ovis . Ces deux indicateurs reflètent un réel goulot d'étranglement pour cette population (diminution du nombre d'individu, augmentation de la consanguinité).
Après le sauvetage génétique de cette population, plusieurs paramètre ont été étudié :

  • au niveau individuel : meilleure succès reproducteur (mâle/femelle) et augmentation du taux de survie
  • au niveau de la population : variation génétique rétablit (augmentation de l’hétérozygotie), augmentation du taux de croissance, amélioration de la moyenne de la fitness de ces individus.
Ce que cet article apporte au débat

D'après cet article, l'ajout de mouflon dans cette population sauvage semble être un atout pour la conservation de cette espèce. Certes, la migration de ces espèces augmente la diversité génétique, modifie le comportement des individu (augmentation du succès reproducteur), améliore leur fitness, ect.. cependant la population reste petite et isolée d'autre population de mouflon. Nous pouvons alors nous demander si cette méthode est une solution à long terme ou si dans plusieurs années les problèmes de consanguinité persisteront toujours ?

Remarques sur l'article

Article très intéressant, il se base sur des données issues de plusieurs études a différentes période. Il permet alors d'avoir une approche intégrative sur une grande échelle de temps.

Publiée il y a plus de 6 ans par P. Duval.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Article : Genetic rescue of an insular population of large mammals
  • 1 1
  • Auteurs
    John T. Hogg1,*, Stephen H. Forbes2,†, Brian M. Steele3 and Gordon Luikart4
  • Année de publication
    2006
  • Journal
    Proceedings of the royal society B
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Natural populations worldwide are increasingly fragmented by habitat loss. Isolation at small population
    size is thought to reduce individual and population fitness via inbreeding depression. However, little is
    known about the time-scale over which adverse genetic effects may develop in natural populations or the
    number and types of traits likely to be affected. The benefits of restoring gene flow to isolates are therefore
    also largely unknown. In contrast, the potential costs of migration (e.g. disease spread) are readily
    apparent. Management for ecological connectivity has therefore been controversial and sometimes
    avoided. Using pedigree and life-history data collected during 25 years of study, we evaluated genetic
    decline and rescue in a population of bighorn sheep founded by 12 individuals in 1922 and isolated at an
    average size of 42 animals for 10–12 generations. Immigration was restored experimentally, beginning in

    1. We detected marked improvements in reproduction, survival and five fitness-related traits among descendants of the 15 recent migrants. Trait values were increased by 23–257% in maximally outbred individuals. This is the first demonstration, to our knowledge, of increased male and female fitness attributable to outbreeding realized in a fully competitive natural setting. Our findings suggest that genetic principles deserve broader recognition as practical management tools with near-term consequences for large-mammal conservation.
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    Sauvetage génétique : une solution à long terme pour les populations en déclin ?
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