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Titre de l'article

Habitats d'origine et préférences en termes de micro-habitats des espèces de plantes urbaines

Introduction à l'article

L'altération des écosystèmes par l'homme est spécialement visible dans les zones urbaines, et jusqu'à présent, la recherche sur ces écosystèmes a été assez limitée, d'une part parce qu'ils sont considérés comme "non naturels". Usuellement on dit qu'ils sont dominés par des adventices, et que, comparés aux milieux ruraux, ils présentent une diversité et une productivité plus faibles, avec des espèces non natives. On dit souvent que l'urbanisation contribue à l’homogénéisation biotique à l'échelle mondiale.
Cette étude montre que les plantes urbaines ont en fait des habitats d'origines naturels et que les perturbations anthropiques résultent dans l'augmentation des habitats exploitables par des espèces dont les habitats sont pour l'instant restreints géographiquement, notamment des espèces rares de milieux rocheux (Urban Cliff Hypothesis). Cette étude nous permet de remettre en question l'hypothèse selon laquelle les villes sont des écosystèmes non naturels ne pouvant pas être colonisés.

Expériences de l'article

L'étude cherche des preuves de l'Urban Cliff Hypothese et donc à caractériser la végétation urbaine dans les différents patchs d'habitats urbains. Pour tester cette hypothèse, les auteurs ont évalué quantitativement les habitats d'origine des espèces urbaines, comparé les compositions des communautés de plantes urbaines avec celles observées dans leurs habitats d'origine, et mesuré des variables environnementales clé afin d'une part de caractériser des modèles d'habitats et de comprendre si les compositions des communautés dépendent de ces facteurs environnementaux clé.
On regarde entre autres si on peut rejeter l'hypothèse nulle suivante : dans un milieu observé, l'origine des espèces est basée sur la taille relative du pool d'espèces des différents habitats d'origine. Une déviation au modèle nul montre la colonisation des milieux urbains par un certain type de plantes.

Résultats de l'article

Il n'y a pas de preuves réelles que les humains créent des habitats aléatoire mais une perception populaire que les cités sont des innovations écologiques extrêmes et n'ont pas d'analogues naturels. Or on observe que les habitats urbains sont semblables à certains habitats (de types habitats rocheux, falaises), mais présentent une discontinuité par rapport à la région.
L'hypothèse nulle est rejetée, ce qui permet de remettre en question l'idée selon laquelle les villes sont des écosystèmes non naturels en termes d'espèces colonisatrices : les habitats urbains présentent des espèces d'habitats rocheux, de type falaises, pentes, talus en quantité relativement importante.
La théorie en écologie urbaine devrait donc incorporer l'étude d'analogues d'habitats naturels pour mieux comprendre la composition des communautés de plantes urbaines, et les réponses des espèces à la dominance humaine doit être considérée comme un aspect de leur niche réalisée.

Rigueur de l'article

Article Rigoureux

Ce que cet article apporte au débat

Cette étude montre que les plantes considérées comme des mauvaises herbes ont en fait des habitats naturels à l'origine. Leur histoire évolutive est bien plus longue que celle liée à l'homme. Les perturbations anthropogéniques et de construction d'habitat résultent dans l'augmentation des habitats exploitables par les espèces dont les habitats d'origine sont restreint géographiquement : l'urbanisation a donc conduit des espèces rares à devenir communes voire cosmopolites.
Cet article pose la question de la méthode à utiliser en écologie urbaine, et soulève la dépendance de notre évaluation de l'état des communautés urbaines à une vision populaire selon laquelle les villes sont des milieux écologiques extrêmes sans analogues naturels. Selon comment et à quels milieux ou quelles caractéristiques de ces milieux on compare les villes, on peut les voir comme analogues à des milieux naturels et possiblement colonisables par de nombreuses espèces rudérales, tolérantes aux perturbations.

Remarques sur l'article

En terme d'écologie urbaine, les facteurs socio-économiques liés aux activités humaines ne sont pas les seuls à prendre en compte, et la discipline en est encore à se tester en termes de méthodologie.

Publiée il y a plus de 9 ans par C. Martinez.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Article : Habitat origins and microhabitat preferences of urban plant species
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  • Auteurs
    J. T. Lundholm, A. Marlin
  • Année de publication
    2006
  • Journal
    Urban Ecosystems
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Urban vegetation is commonly described as dominated by weedy species that are adapted to human disturbance. In this study, we determined the original (pre-agriculture) habitats of urban plant species sampled quantitatively in the spontaneous vegetation of a university campus in Halifax, Nova Scotia (eastern Canada). We sampled 11 distinct patch types corresponding to different built forms. Differences in vegetation among patch types were related in part to environmental variables such as soil moisture and light availability. The urban vegetation was dominated by species from rocky habitats such as cliffs and talus slopes, with lesser representation from grassland and floodplain habitats. When compared to a null model of species origins based on the global area and species richness of different original habitats, species from rock outcrops and grassland habitats were overrepresented in the urban vegetation. These results contrast with the received view that cities represented highly“unnatural”ecosystems:builtformappearstoreplicatethehabitattemplatesrequired byrockoutcropspecies.Urbanecologicaltheoryshouldincorporatethereplicationofhabitat analogs by built forms in addition to the creation of ecologically novel habitats

  • Identifiant unique
    10.1007/s11252-006-8587-4
  • Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    Urbanisation : destructeur de biodiversité ou nouveau moteur de l’évolution ?
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