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Titre de l'article

Les chants plus hauts (aigus) des oiseaux urbains pourraient ne pas être une réponse individuelle au bruit.

Introduction à l'article

On a assisté depuis quelques décennies à l'augmentation des études sur l"impact du bruit généré par l'activité humaine sur les animaux. Ces recherches indiquent que les bruits urbains, à basse fréquence, sont associés à un changement de la fréquence des signaux acoustiques d'oiseaux, de baleines, de grenouilles et de certains insectes. Pour les oiseaux, trois mécanismes sont proposés pour expliquer ce changement des propriétés des chants face au bruit: des effets sur l'ontogénie, la plasticité vocale des adultes et des changements microévolutifs.
Dans cet article les auteurs vont s’intéresser au rôle de l’apprentissage et de la plasticité vocale dans le changement du chant entre oiseaux urbains et ruraux.

Expériences de l'article
  • Afin d'étudier le rôle de l'ontogénie dans le changement de chant, 20 oisillons de mésanges charbonnières (Parus major) mâles sont collectées dans une forêt allemande. Ces mésanges sont séparées en deux groupes acoustiquement isolés et exposés à des bruits différents (CITY vs CONTROL). Chaque groupe a été tutoré par 9 enregistrements de chants de mâles adultes ayant des fréquences minimum différentes. Au bout de 1an, le chant des oiseaux est enregistré.

  • Pour étudier le rôle de la plasticité vocale, les mésanges exposées au bruit urbain jusqu'à la cristallisation de leur chant sont ensuite mises en présence du bruit contrôle tandis que les mésanges ayant grandit avec le bruit de contrôle sont exposées au bruit urbain et certaines ne sont exposées à aucun bruit pendant une période de une à deux semaines.

Résultats de l'article

- Ontogénie vocale
Les oiseaux exposés initialement au bruit urbain (quand ils chantent en condition de bruit urbain) ne chantent pas avec une fréquence minimum plus haute que les tuteurs ou que les oiseaux exposés au bruit contrôle. Les oiseaux exposés au bruit urbain n'ont pas systématiquement choisi de copier le tuteur qui avait le chant avec la fréquence la plus haute alors que c'est celle qui recouvre le moins les bruits urbains.

- Plasticité vocale
Lorsque l'on échange le bruit auquel sont exposés les oiseaux, on observe aucun changement dans la fréquence minimum moyenne des chants.

=> Le changement dans la fréquence du chant des mésanges charbonnières est avéré et documenté dans la littérature scientifique. Cependant les résultats indiquent que cela ne être expliqué par une plasticité développementale durant l'apprentissage de l'oisillon. Ce changement ne semble pas non plus expliqué par une plasticité de l'adulte.

Rigueur de l'article

Le protocole mis en place semble rigoureux.

Ce que cet article apporte au débat

L'article est en contradiction avec les résultats d'autres études qui elles indiquent que les oiseaux adultes peuvent changer leur chant en fonction du bruit ambiant.
Pour les auteurs, le bruit urbain ne serait pas un facteur direct agissant sur l'individu. D'autres facteurs pourraient influencer ce changement telle que (à l'échelle de l'individu) la pollution de l'air ou (à l'échelle de la population) la sélection des oiseaux ayant le chant qui se transmet le plus loin à travers le bruit urbain.

Remarques sur l'article

On semble être sur un front pionnier de la recherche et qui pourra permettre de mieux comprendre l'effet de l'urbanisation sur la biodiversité.

Publiée il y a plus de 8 ans par C. Martin.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Article : Higher songs of city birds may not be an individual response to noise
  • 3 2
  • Auteurs
    Sue Anne Zollinger, Peter J. B. Slater, Erwin Nemeth, Henrik Brumm
  • Année de publication
    2017
  • Journal
    Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences
  • Abstract (dans sa langue originale)

    It has been observed in many songbird species that populations in noisy urban areas sing with a higher minimum frequency than do matched populations in quieter, less developed areas. However, why and how this divergence occurs is not yet understood. We experimentally tested whether chronic noise exposure during vocal learning results in songs with higher minimum frequencies in great tits (Parus major), the first species for which a correlation between anthropogenic noise and song frequency was observed. We also tested vocal plasticity of adult great tits in response to changing background noise levels by measuring song frequency and amplitude as we changed noise conditions. We show that noise exposure during ontogeny did not result in songs with higher minimum frequencies. In addition, we found that adult birds did not make any frequency or song usage adjustments when their background noise conditions were changed after song crystallization. These results challenge the common view of vocal adjustments by city birds, as they suggest that either noise itself is not the causal force driving the divergence of song frequency between urban and forest populations, or that noise induces popu-lation-wide changes over a time scale of several generations rather than causing changes in individual behaviour.

  • Identifiant unique
    10.1098/rspb.2017.0602
  • Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    Les zones urbaines sont-elles toujours synonyme de perte de biodiversité ?
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