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Titre de l'article

Dans quelle mesure un marché est-il impliqué dans la compensation de la biodiversité ? Une typologie des politiques de compensation de la biodiversité.

Introduction à l'article

Les préoccupations et l'intérêt sont croissants pour la biodiversité et notamment la compensation écologique. Dans un contexte fortement marqué par les activités économiques, il y a une classification des environnements écologiques selon l'estimation de leur valeur (Figure). Cette valeur nommée commensurabilité intègre les différentes qualités mesurées, les coûts et les avantages liés aux bénéfices que nous apporte la nature (services écosystémiques). La commensurabilité permet ensuite de comparer différents environnements et d'évaluer la compensation écologique.

Dans notre monde où il existe des politiques de compensation écologiques dans au moins 33 pays, quel est l'impact des différences de politique et de culture sur la compensation écologique ?

Expériences de l'article

L'article montre l'étude des dispositions institutionnelles de six politiques de compensation écologique en Australie, en Angleterre, en Allemagne, à Madagascar, en Afrique du Sud et aux États-Unis. Pour les États-Unis et l'Allemagne, la compensation écologique est bien établie avec plus de deux décennies d'expérience. Celle de l'Australie est intermédiaire avec une décennie d'expérience, alors que celles de l'Angleterre, de l'Afrique du Sud et de Madagascar sont sur une phase pilote. Parmi ces pays, Madagascar est le seul pour lequel les actions de compensation écologique sont menées sur la base du volontariat, alors que pour les autres pays la compensation est régie par des exigences réglementaires.

Résultats de l'article

Il existe une diversité de conceptions institutionnelles des politiques de compensation écologique, allant de marchés fortement restreints pour la biodiversité à des procédures de responsabilité dirigées par les gouvernements sans aspects commerciaux et à des politiques de compensation purement volontaires. L'État joue un rôle critique dans toutes les politiques de compensation. Il peut concevoir des politiques de compensation écologique avec une forte ou faible participation du marché pour correspondre à leur culture politico-économique.

Rigueur de l'article

La sélection des cas a été influencée par la disponibilité des données sur les documents de politique générale, les articles scientifiques, les publications de l'industrie et la littérature grise de chaque cas de compensation écologique. Cependant, le nombre de cas et la répartition géographique permet une bonne vue d'ensemble sur les politiques de compensation écologique.

Ce que cet article apporte au débat

Cet article permet d'ajouter du contexte dans ce débat. Il montre qu’il y a un fort impact politique sur la compensation écologique : l’État établi les règles de compensation, décidant la valeur des environnements et donc de la légitimité des compensation écologiques. Par conséquent, la mesure de l'efficacité de la compensation peut être biaisée par les États.
Une étude évaluant la compensation écologique doit être observée en prenant en compte ce biais.

De plus, il est nécessaire d'avoir une méthodologie scientifique fiable et globale pourrait permettre une réelle compensation écologique. Faute de mieux, plusieurs évaluations indépendantes devraient permettre de réduire ce biais.

Figure
Légende :

Spectre de la commensurabilité de la nature, avec quatre modes correspondant aux forces de la durabilité : Totale, flexible, restreinte et sans commensurabilité (Incommensurable). La commensurabilité totale est liée à la faible durabilité, où le capital naturel est échangeable avec le capital physique ou financier. La commensurabilité flexible est liée à une forte durabilité (critères faibles et moyens), où le capital naturel est échangeable avec d'autres types de capital naturel. La commensurabilité restreinte est liée à une forte durabilité (critères élevés), où le capital naturel ne peut être échangé qu'avec le même type de capital naturel. Enfin, l'incommensurabilité de la nature est liée à une très forte durabilité, où la nature est considérée comme irremplaçable. (traduit d'après la figure de Koh, 2019)

Publiée il y a plus de 6 ans par V. Perez et A.Frappa.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Article : How much of a market is involved in a biodiversity offset? A typology of biodiversity offset policies
  • 1 1 1
  • Auteurs
    Niak Sian Koh, Thomas Hahn, Wiebren J. Boonstra
  • Année de publication
    2019
  • Journal
    Journal of Environmental Management
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Biodiversity offsets (BO) are increasingly promoted and adopted by governments and companies worldwide as a policy instrument to compensate for biodiversity losses from infrastructure development projects. BO are often classified as ‘market-based instruments’ both by proponents and critics, but this representation fails to capture the varieties of how BO policies actually operate. To provide a framing for understanding the empirical diversity of BO policy designs, we present an ideal-typical typology based on the institutions from which BO is organised: Public Agency, Mandatory Market and Voluntary Offset. With cross-case comparison and stakeholder mapping, we identified the institutional arrangements of six BO policies to analyse how the biodiversity losses and gains are decided. Based on these results, we examined how these six policies relate to the BO ideal types. Our results suggested that the government, contrary to received wisdom, plays a key role not just in enforcing mandatory policies but also in determining the supply and demand of biodiversity units, supervising the transaction or granting legitimacy to the compensation site. Mandatory BO policies can be anything from pure government regulations defining industry liabilities to liability-driven markets where choice sets for trading credits are constrained and biodiversity credit prices are negotiated under state supervision. It is important to distinguish between two processes in BO: the matching of biodiversity losses and gains (commensurability) and the trading of biodiversity credits (commodification). We conclude that the commensurability of natural capital is restricted in BO policies; biodiversity is always exchanged with biodiversity. However, different degrees of commodification are possible, depending on the policy design and role of price signals in trading credits. Like payments for ecosystem services, the price of a biodiversity credit is most commonly based on the cost of management measures rather than the ‘value’ of biodiversity; which corresponds to a low degree of commodification.

  • Identifiant unique
    https://doi.org/10.1016/j.jenvman.2018.11.080
  • Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    Quel bénéfice écologique des mesures compensatoires ?
  • Comment les contributeurs jugent la qualité scientifique de cette référence :

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  • Quel bénéfice écologique des mesures compensatoires ? Une solution pour préserver la biodiversité ou Une excuse pour dégrader la biodiversité
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