Tourism can be deleterious for wildlife because it triggers behavioral changes in individuals with cascading effects on populations and communities. Among these behavioral changes, animals around humans often reduce their fearfulness and antipredator responses towards humans. A straightforward prediction is that habituation to humans associated with tourism would negatively influence reaction to predators. This could happen indirectly, where human presence decreases the number of natural predators and thus prey become less wary, or directly, where human-habituated individuals become bolder and thus more vulnerable to predation. Building on ideas from the study of traits associated with domestication and urbanization, we develop a framework to understand how behavioral changes associated with nature-based tourism can impact individual fitness, and thus the demographic trajectory of a population.
Titre de la review
Comment l'écotourisme peut accroître la vulnérabilité des proies face aux prédateurs
Comment l'écotourisme peut accroître la vulnérabilité des proies face aux prédateurs
Résumé de la review
L'écotourisme est une activité dominante aujourd'hui : on compte 8 milliards de visiteurs dans les zones protégées, 13 millions de personnes dans les zones marines (augmentation de 30% entre 1998 et 2008) et 242 000 dans les zones fluviales.
Le contact prolongé des humains provoquent des changements de comportement chez la faune sauvage. On considère que lors de sa première rencontre avec un homme, un animal a un comportement de méfiance. Après plusieurs contacts, il existe alors deux possibilités : soit l'animal diminue sa méfiance (habituation), soit il l'augmente (sensibilisation). Savoir si une espèce deviendra habituée ou sensible à la présence humaine est complexe puisque certaines espèces très proches ont des comportements différents : les manchots de Magellan (Sphenicus magellanicus) sont devenus habitués alors que les manchots antipodes (Megadyptes antipodes) sont devenus sensibles à la présence humaine. Il est supposé que le comportement des animaux dépend du taux de visites des touristes, de son intensité, du type de tourisme (bateau, à pied, vélo, etc) et de la quantité de nourriture disponible. Il existe également des variabilités intra-spécifiques : les individus les plus calmes et les femelles sont plus à mêmes de devenir habitués.
On peut comparer le processus d'habituation des animaux dans la nature aux processus d'habituation durant la domestication. Or, il a été observé que de nombreux animaux domestiqués ont perdus des systèmes d'anti-prédation et de méfiances envers les humains (renards, épinoches, saumons). Il a été noté d'importants changements hormonaux (degrés de corticostérone plus faible) et des changements physiologiques. Ces changements peuvent être assez rapides puisque les résultats obtenus ont été respectivement de 35, 7 et 1 générations pour le renard, le saumon et l'épinoche.
Une analyse classique pour quantifier la méfiance d'un animal envers un prédateur ou un humain est le Flight Initiation Distances (FID) , ou la distance entre un prédateur et un humain et l'individu au moment où il fuit. Plus cette distance est courte, moins l'individu est méfiant. Il a été observé une distance de fuite plus courte chez les espèces dans les zones urbanisées ou à forte présence touristique (écureuils, oiseaux).
Il est toutefois difficile de déterminer si les individus les moins méfiants se trouvent dans des zones à forte présence humaine parce que ces individus se sont adaptés à la présence humaine, ou si l'on retrouve seulement les individus les moins méfiants dans ces zones et les autres individus se sont éloignés de ces zones.
Un impact de l'écotourisme est la création d'un "bouclier humain" : de nombreux espèces sont protégées des prédateurs lorsqu’ils se trouvent dans une zone à forte présence humaine, ces prédateurs essayant au maximum d'éviter les interactions avec les humains. Ainsi, on a noté une diminution de la prédation des vervets bleus et des léopards lors de la présence de touristes. On a aussi observé une diminution de la vigilance chez l'Antilope d’Amérique et l’Élan lors de la présence de touristes. Ce bouclier humain est cependant temporaire : des phases de présence humaine se succèdent aux phases sans présence humaine et donc avec plus de prédateurs. Ainsi, la présence humaine temporaire conduirait à une diminution de la vigilance chez certains animaux et une plus grande vulnérabilité face aux prédateurs.
Toutefois le fait que des individus, ayant réduit leur vigilance envers les humains, transfèrent cette baisse de vigilance vers les autres prédateurs est mis en doute, même si une étude sur des moineaux a mis en évidence cette observation. Il a été globalement montré une capacité pour de nombreuses espèces animales de discriminer l'homme des autres prédateurs. Il a même été observé que les éléphants et les mouflons étaient capables de différencier entres des hommes chasseurs et non chasseurs à partir de leurs voix.
L'écotourisme est une activité dominante aujourd'hui : on compte 8 milliards de visiteurs dans les zones protégées, 13 millions de personnes dans les zones marines (augmentation de 30% entre 1998 et 2008) et 242 000 dans les zones fluviales.
Le contact prolongé des humains provoquent des changements de comportement chez la faune sauvage. On considère que lors de sa première rencontre avec un homme, un animal a un comportement de méfiance. Après plusieurs contacts, il existe alors deux possibilités : soit l'animal diminue sa méfiance (habituation), soit il l'augmente (sensibilisation). Savoir si une espèce deviendra habituée ou sensible à la présence humaine est complexe puisque certaines espèces très proches ont des comportements différents : les manchots de Magellan (Sphenicus magellanicus) sont devenus habitués alors que les manchots antipodes (Megadyptes antipodes) sont devenus sensibles à la présence humaine. Il est supposé que le comportement des animaux dépend du taux de visites des touristes, de son intensité, du type de tourisme (bateau, à pied, vélo, etc) et de la quantité de nourriture disponible. Il existe également des variabilités intra-spécifiques : les individus les plus calmes et les femelles sont plus à mêmes de devenir habitués.
On peut comparer le processus d'habituation des animaux dans la nature aux processus d'habituation durant la domestication. Or, il a été observé que de nombreux animaux domestiqués ont perdus des systèmes d'anti-prédation et de méfiances envers les humains (renards, épinoches, saumons). Il a été noté d'importants changements hormonaux (degrés de corticostérone plus faible) et des changements physiologiques. Ces changements peuvent être assez rapides puisque les résultats obtenus ont été respectivement de 35, 7 et 1 générations pour le renard, le saumon et l'épinoche.
Une analyse classique pour quantifier la méfiance d'un animal envers un prédateur ou un humain est le Flight Initiation Distances (FID) , ou la distance entre un prédateur et un humain et l'individu au moment où il fuit. Plus cette distance est courte, moins l'individu est méfiant. Il a été observé une distance de fuite plus courte chez les espèces dans les zones urbanisées ou à forte présence touristique (écureuils, oiseaux).
Il est toutefois difficile de déterminer si les individus les moins méfiants se trouvent dans des zones à forte présence humaine parce que ces individus se sont adaptés à la présence humaine, ou si l'on retrouve seulement les individus les moins méfiants dans ces zones et les autres individus se sont éloignés de ces zones.
Un impact de l'écotourisme est la création d'un "bouclier humain" : de nombreux espèces sont protégées des prédateurs lorsqu’ils se trouvent dans une zone à forte présence humaine, ces prédateurs essayant au maximum d'éviter les interactions avec les humains. Ainsi, on a noté une diminution de la prédation des vervets bleus et des léopards lors de la présence de touristes. On a aussi observé une diminution de la vigilance chez l'Antilope d’Amérique et l’Élan lors de la présence de touristes. Ce bouclier humain est cependant temporaire : des phases de présence humaine se succèdent aux phases sans présence humaine et donc avec plus de prédateurs. Ainsi, la présence humaine temporaire conduirait à une diminution de la vigilance chez certains animaux et une plus grande vulnérabilité face aux prédateurs.
Toutefois le fait que des individus, ayant réduit leur vigilance envers les humains, transfèrent cette baisse de vigilance vers les autres prédateurs est mis en doute, même si une étude sur des moineaux a mis en évidence cette observation. Il a été globalement montré une capacité pour de nombreuses espèces animales de discriminer l'homme des autres prédateurs. Il a même été observé que les éléphants et les mouflons étaient capables de différencier entres des hommes chasseurs et non chasseurs à partir de leurs voix.
Ce que cette review apporte au débat
La présence des touristes dans des zones naturelles peut diminuer les comportements d'anti-prédation de deux manières :
Ces deux effets peuvent mettre en danger les individus en les rendant moins à mêmes d'échapper aux prédateurs et aux chasseurs.
Toutefois, peu d'études ont précisément étudié ces effets et les rares études qui ont été menées souffrent d'importants problèmes dans leurs méthodes expérimentales. Il est notamment important de déterminer si la perte de vigilance envers les humains entraînent forcément la perte de vigilance envers des prédateurs non-humains.
La présence des touristes dans des zones naturelles peut diminuer les comportements d'anti-prédation de deux manières :
Ces deux effets peuvent mettre en danger les individus en les rendant moins à mêmes d'échapper aux prédateurs et aux chasseurs.
Toutefois, peu d'études ont précisément étudié ces effets et les rares études qui ont été menées souffrent d'importants problèmes dans leurs méthodes expérimentales. Il est notamment important de déterminer si la perte de vigilance envers les humains entraînent forcément la perte de vigilance envers des prédateurs non-humains.
Figure
Les deux mécanismes qui relient l'écotourisme et l'augmentation de la prédation des herbivores. Dans le premier cas (carré bleu à gauche), la présence des écotouristes peut augmenter l'agressivité ou diminuer la peur envers les humains et les prédateurs. Les individus habitués à la présence humaine peuvent voir leur méfiance envers les autres prédateurs réduite. Dans le deuxième cas (carré rose, à droite), la présence des touristes crée un bouclier humain qui réduit la densité de prédateurs ce qui diminue la vigilance des herbivores lorsque ce bouclier est levé.
Les deux mécanismes qui relient l'écotourisme et l'augmentation de la prédation des herbivores. Dans le premier cas (carré bleu à gauche), la présence des écotouristes peut augmenter l'agressivité ou diminuer la peur envers les humains et les prédateurs. Les individus habitués à la présence humaine peuvent voir leur méfiance envers les autres prédateurs réduite. Dans le deuxième cas (carré rose, à droite), la présence des touristes crée un bouclier humain qui réduit la densité de prédateurs ce qui diminue la vigilance des herbivores lorsque ce bouclier est levé.
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