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Titre de la review

A quel point les réintroductions d'espèces de plantes sont un succès ?

Résumé de la review

Les taux d'extinction actuels d'espèces sont de 100 à 1000 fois plus élevés à cause de l'impact anthropique. Aussi, les mesures de conservation ont connu un effort grandissant ces dernières décennies. Cependant, certaines espèces de plantes ont des populations particulièrement faibles, et les efforts de conservation ne peuvent pas suffire à toutes les sauvegarder. De plus, les graines de nombre d'espèces végétales sont stockées dans de grandes banques de graines. La réintroduction de plante semble être une méthode simple et efficace de limiter les extinctions.
Cette étude est une review qui se concentre sur trois points : établir la viabilité des réintroductions de plante, déterminer les conditions nécessaires pour que ces réintroductions soient réussies, et utiliser ces informations pour améliorer les futurs plans de réintroduction.

Différents articles entre 1989 et 2009 ont été considéré. De plus, un sondage a été fait pour des jardins botaniques, universités, ou organismes de conservation. Ainsi, des données sur 249 tentatives de réintroductions de plantes ont été compilées dans cette review.
Des analyses multivariées ont été conduites sur ces données, afin de déterminer les principales causes du succès ou d'échec de réintroduction. Des analyses univariées ont également été menées, afin de prendre en compte la survie et la production de fleurs et de fruits dans les critères de succès ou d'échec d'une réintroduction.

Cette étude tend à montrer que le taux de production de fleurs et de fruits, et la survie des individus après réintroduction est assez basse. De plus, ces taux diminueraient avec le temps. Peu d'étude prennent en compte la production de graines et le taux de recrutement, ce dernier étant pourtant considéré comme un indicateur plus fiable du succès d'une réintroduction.
Ces résultats indiqueraient que les réintroductions de plantes ont peu de chance de succès à long terme. Seulement 1/3 des participants au sondage ont considéré leur réintroduction comme un succès. D'autres ont répondu qu'il était trop tôt pour juger du succès ou non de la tentative. Il y aurait un biais dans la littérature, puisqu'un certain nombre de tentative de réintroductions échouées n'ont pas été publiées.

Plusieurs facteurs influencent positivement les chances de succès. Tout d'abord, des individus provenant de populations différentes permettent une plus grande variabilité génétique. Cependant, la dépression hybride peut amener à une diminution du succès. Ensuite, le nombre d'individus réintroduits doit être suffisamment important, pour éviter une dérive génétique et favoriser les chances d'adaptation au nouvel environnement. Le fait d'utiliser des plantules plutôt que les graines améliorerait également les chances de succès. Un autre facteur important serait l'état de la population d'origine. Des individus provenant d'une population en déclin auraient plus de mal à se développer. Enfin, la gestion du terrain où la réintroduction est faite semble être un critère pouvant favoriser son succès.

D'après le sondage et les interprétations des articles revues, les causes principales des échecs de réintroduction seraient la prédation et des conditions de milieu défavorables.

Pour les futures tentatives de réintroduction, les auteurs proposent de se concentrer sur les actions suivantes :
1) Un suivi plus long après réintroduction
2) Une meilleure documentation
3) Une meilleure compréhension des facteurs provoquant le déclin de l'espèce
4) Une étude des résultats à plus long terme, en ne s'arrêtant pas sur un succès à court terme
5) Une meilleure définition de ce qui est considéré comme un succès pour une réintroduction

Ce que cette review apporte au débat

Cette review permet de mettre en perspective les problématiques de la réintroduction, en se plaçant du côté du règne végétal.
On peut voir ici que certains facteurs conditionnant le succès de la réintroduction, comme le nombre d'individus introduits, est important pour les animaux comme pour les végétaux.

Publiée il y a plus de 6 ans par J. Decorsiere.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Review : How successful are plant species reintroductions?
  • 1
  • Auteurs
    Sandrine Godefroid, CarolePiazza, Graziano Rossi, StéphaneBuord, Albert-Dieter Stevens, Ruth Aguraiuja, Carly Cowell, Carl W.Weekley, Gerd Vogg, José M. Iriondo, Isabel Johnson, Bob Dixon, Doria Gordon, Sylvie Magnanon, Bertille Valentin, Kristina Bjureke, Rupert Koopman, Magdalena Vicens, Thierry Vanderborght
  • Année de publication
    2011
  • Journal
    Biological Conservation
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Reintroduction of native species has become increasingly important in conservation worldwide for recovery of rare species and restoration purposes. However, few studies have reported the outcome of reintroduction efforts in plant species. Using data from the literature combined with a questionnaire survey, this paper analyses 249 plant species reintroductions worldwide by assessing the methods used and the results obtained from these reintroduction experiments. The objectives were: (1) to examine how successful plant species reintroductions have been so far in establishing or significantly augmenting viable, self-sustaining populations in nature; (2) to determine the conditions under which we might expect plant species reintroductions to be most successful; (3) to make the results of this survey available for future plant reintroduction trials. Results indicate that survival, flowering and fruiting rates of reintroduced plants are generally quite low (on average 52%, 19% and 16%, respectively). Furthermore, our results show a success rate decline in individual experiments with time. Survival rates reported in the literature are also much higher (78% on average) than those mentioned by survey participants (33% on average). We identified various parameters that positively influence plant reintroduction outcomes, e.g., working in protected sites, using seedlings, increasing the number of reintroduced individuals, mixing material from diverse populations, using transplants from stable source populations, site preparation or management effort and knowledge of the genetic variation of the target species. This study also revealed shortcomings of common experimental designs that greatly limit the interpretation of plant reintroduction studies: (1) insufficient monitoring following reintroduction (usually ceasing after 4 years); (2) inadequate documentation, which is especially acute for reintroductions that are regarded as failures; (3) lack of understanding of the underlying reasons for decline in existing plant populations; (4) overly optimistic evaluation of success based on short-term results; and (5) poorly defined success criteria for reintroduction projects. We therefore conclude that the value of plant reintroductions as a conservation tool could be improved by: (1) an increased focus on species biology; (2) using a higher number of transplants (preferring seedlings rather than seeds); (3) taking better account of seed production and recruitment when assessing the success of reintroductions; (4) a consistent long-term monitoring after reintroduction.

  • Identifiant unique
    https://doi.org/10.1016/j.biocon.2010.10.003
  • Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    Réintroduction du castor : ingénieur talentueux ou fauteur de troubles ?
  • Comment les contributeurs jugent la qualité scientifique de cette référence :

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