ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de l'article

L'influence de l'Homme sur le taux de variation phénotypique des populations animales sauvages

Introduction à l'article

L'adaptation des espèces à leurs milieux est un mécanisme dynamique qui varie avec l'espace et le temps en fonction des pressions extérieures et qui peut se produire sur un pas de temps de quelques générations seulement. Questions abordées :
1) L'adaptation des espèces peut-elle suivre la vitesse des changements abiotiques et biotiques provoqués par les activités humaines ? Comparaison milieu urbain milieu naturel
2) Ces changements sont-ils de la plasticité phénotypique ou génétique ? Comparaison au sein de chaque milieu
3) Les changements phénotypiques sont-ils graduels ou par palliers ? comparaison sur longue et courte échelle de temps

Expériences de l'article

Mesure de traits quantitatifs sur diverses populations dans différents contextes (naturel ou anthropisé), les changements de phénotype devaient apparaître avant aux maximum 200 génération (évolution contemporaine). Calcul de deux métriques :

  • le Darwin : différence dans la moyenne d'un trait entre 2 traitements par échelle de temps
  • le Haldane : changement absolu par génération d'une population Chaque métrique est rapportée au temps d'observation du changement (année pour Darwin et génération pour Haldane) car ce temps va fortement influencer l'ampleur du changement phénotypique.
Résultats de l'article

Les changements phénotypiques sont plus importants en milieux urbanisés. Ils sont principalement dû à la plasticité phénotypique. Il sont plutôt par pallier que graduels.
Il faut prendre en compte les effets d'accélération et de vannage (winnowing).

  • Accélération : montrer plus de changement phénotypiques pour se maintenir en ville. Soutenu car ces milieux présentent beaucoup de changements ce qui suppose davantage de réponse phénotypique.
  • Vannage : peu de changements phénotypiques = plus de chance de disparaitre en milieu urbain. Soutenu car la plupart des espèces disparaissent en ville, et qu'un changement phénotypique n'est pas toujours bénéfique. Si la plasticité phénotypique suffit à s'adapter, il n'y aura pas de sélection d'un génotype. Sinon, cela augmentera la sélection et la variation génétique d'un trait plastique.
Rigueur de l'article

Méta analyse très critique qui met en avant tous les biais mais qui explique également très bien à quel point ils sont négligeable. Analyses statistiques très robustes. Pas de doutes concernant l'honnêteté des auteurs et des financements.
Les auteurs précisent toutefois que le nombre de publications étudiées reste encore trop faible pour tirer des conclusions définitives. Certains taxons non pris en compte (plantes !).

Ce que cet article apporte au débat

Il semble que les espèces s'adaptent davantage par plasticité phénotypique que par de réels changement génétiques et donc spéciations. Toutefois, il manque encore crucialement d'études suffisamment robuste sur les aspects génétiques de traits reliés à la fitness des individus.

Remarques sur l'article

Papiers intéressant qui décrit des notions très intéressantes (accélération, vannage, le darwin et le Haldane, parle d'évolution contemporaine, etc.).

Publiée il y a plus de 9 ans par P. Ganault et C. Martinez.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Article : Human influences on rates of phenotypic change in wild animal populations
  • 1 1
  • Auteurs
    ANDREW P. HENDRY, THOMAS J. FARRUGIA, and MICHAEL T. KINNISON
  • Année de publication
    2008
  • Journal
    Molecular Ecology
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Human activities can expose populations to dramatic environmental perturbations, which may then precipitate adaptive phenotypic change. We ask whether or not phenotypic changes associated with human-disturbed (anthropogenic) contexts are greater than those associated with more ‘natural’ contexts. Our meta-analysis is based on more than 3000 rates of phenotypic change in 68 ‘systems’, each representing a given species in a particular geographical area. We find that rates of phenotypic change are greater in anthropogenic contexts than in natural contexts. This difference may be influenced by phenotypic plasticity — because it was evident for studies of wild-caught individuals (which integrate both genetic and plastic effects) but not for common-garden or quantitative genetic studies (which minimize plastic effects). We also find that phenotypic changes in response to disturbance can be remarkably abrupt, perhaps again because of plasticity. In short, humans are an important agent driving phenotypic change in contemporary populations. Although these changes sometimes have a genetic basis, our analyses suggest a particularly important contribution from phenotypic plasticity.

  • Identifiant unique
    doi : 10.1111/j.1365-294X.2007.03428.x
  • Accès libre
    Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    Urbanisation : destructeur de biodiversité ou nouveau moteur de l’évolution ?
  • Comment les contributeurs jugent la qualité scientifique de cette référence :

    0
    0
    0
    1
    0