ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de la review

hypothèse hygiéniste et maladies autoimmunes

Résumé de la review

L’hypothèse hygiéniste, ou hypothèse des vieux amis, suggère que l’augmentation de la prévalence de problèmes de santé liés à l’immunorégulation, tels que les allergies ou les diabètes, sont liés à la relative dispartition d’organismes qui ont coévolué avec les mammifères, et qui remplissent un rôle crucial dans la mise en place d’un système immunitaire efficace. L’auteur rappelle dans son introduction l’existence d’autres hypothèses expliquant l’augmentation de l’incidence des allergies, ainsi que l’interdépendance des différents mécanismes explorés comme hypothèses. Des facteurs génétiques peuvent par exemple potentialiser l’impact de l’absence des “vieux amis” par exemple. L’auteur explique également le lien entre système immunitaire et microbiote, en soulignant leur complémentarité.

L’hypothèse des vieux amis émerge d’observations au 19è et 20è siècle que les citadins avaient plus tendance à déclarer des cas d’allergies que les habitants des campagnes (notamment des rhumes des foins). Dans le même temps, on remarque aussi l’augmentation de la prévalence d’autres maladies auto-immunes.
Cette différence est attribuée à la disparition d’organismes qui devaient être tolérés par le corps humains, parfois parce qu’ils étaient des microorganismes intestinaux essentiels, parfois parce qu’ils étaient des parasites difficilement évitables. Ces espèces étaient utilisées pour former le système immunitaire qui serait utilisé tout au long de la vie de l’hôte. Dans certains cas, la charge en organismes étaient tellement forte, que pour renforcer le système immunitaire, des adaptations génétiques ont eu lieu. Si les organismes en question venaient à disparaître, ces variants génétiques mènent très vites à des inflammations excessives.

L’auteur introduit ensuite le concept de transition épidémiologique, pour parler de changements d’environnement biotique subis par les humains durant l’histoire. La première a eu lieu lors des débuts de l’agriculture, qui apporta de nombreux cas de zoonoses. La seconde est la plus récente, celle qui a vu l’avènement de la médecine moderne et des mesures de santé publique, et qui aurait considérablement réduit notre exposition aux parasites et bactéries commensales.
Les meilleurs candidats pour le rôle des “Vieux Amis” sont le microbiote intestinal, les maladies chroniques transmises de manière oro-fécales, et les helminthes (parasites). En particulier, l’augmentation de la prévalence du diabète de type I et des allergies coïncide particulièrement bien avec le déclin des infections aux helminthes chez les humains dans les sociétés occidentales; Il a été observé que des patients atteints de sclérose en plaque infectés par un helminthes ont une vitesse de progression de la maladie bien plus faible que les non porteurs, et exhibent un nombre de cellules régulatrices B produisant des IL10 plus faible.

L’auteur profite de sa conclusion pour clarifier qu’il ne recommande évidemment pas de baisser les standards d’hygiène : si on relâchait l’hygiène domestique, les “vieux amis” ne reviendraient pas, de nouveaux “ennemis” comme E. coli O104 seraient les seuls qui en profiteraient. Cependant, les mécanismes à l’oeuvre sont importants et pourraient éventuellement être exploités afin d’améliorer notre santé. Il termine par insister sur le besoin de combiner les différentes hypothèses expliquant l’intensification des allergies, plutôt que de les monter les unes contre les autres.

Rigueur de la review

La review parait être rigoureuse (après lecture d'une partie des articles évoqués).

Ce que cette review apporte au débat

Au delà de la compilation de données, et de la clarification de certains concepts, cet article rappelle bien que malgré certains développement dans les recherches sur les allergies, les différentes hypothèses explicatives ne devraient pas être autant opposées, et sont sans doute toutes partiellement correctes.

Publiée il y a plus de 7 ans par A. Aublin.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Review : Hygiene Hypothesis and Autoimmune Diseases