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L'incorporation des mégots de cigarettes dans les nids réduit la charge des ectoparasites dans les nids des oiseaux urbains : de nouveaux ingrédients pour une vieille recette?
L'incorporation des mégots de cigarettes dans les nids réduit la charge des ectoparasites dans les nids des oiseaux urbains : de nouveaux ingrédients pour une vieille recette?
Introduction à l'article
L'urbanisation influence la composition des espèces, leurs interactions et les processus écologiques et évolutionnistes. Ainsi, il est possible que les interactions hôte-parasite peuvent être modifiées, affectant par la même occasion le paysage urbain.
Il a été observé que certains oiseaux adoptaient un comportement antiparasitaire spécifique pour lutter contre les parasites, comme par exemple, l'utilisation, dans les nids, de plantes aromatiques. De même, des mégots de cigarettes (en acétate de cellulose) ont été retrouvés dans des nids d'oiseaux urbains. La nicotine et d'autres composés de ces restes peuvent affecter la présence d'arthropodes, notamment l'alcaloïde nicotine qui est un composé anti-herbivore issu des plants de tabac. Cet article se propose alors d'évaluer l'abondance d'ectoparasites dans les nids en fonction de la présence de ces mégots, en émettant l'hypothèse que leur présence repousse les parasites.
L'urbanisation influence la composition des espèces, leurs interactions et les processus écologiques et évolutionnistes. Ainsi, il est possible que les interactions hôte-parasite peuvent être modifiées, affectant par la même occasion le paysage urbain.
Il a été observé que certains oiseaux adoptaient un comportement antiparasitaire spécifique pour lutter contre les parasites, comme par exemple, l'utilisation, dans les nids, de plantes aromatiques. De même, des mégots de cigarettes (en acétate de cellulose) ont été retrouvés dans des nids d'oiseaux urbains. La nicotine et d'autres composés de ces restes peuvent affecter la présence d'arthropodes, notamment l'alcaloïde nicotine qui est un composé anti-herbivore issu des plants de tabac. Cet article se propose alors d'évaluer l'abondance d'ectoparasites dans les nids en fonction de la présence de ces mégots, en émettant l'hypothèse que leur présence repousse les parasites.
Expériences de l'article
Les espèces étudiées sont le moineau domestique (Passer domesticus) et le roselin familier (Carpodacus mexicanus), qui sont connues pour incorporer des mégots de cigarettes dans leurs nids et vivre dans des villes.
Afin d'attirer les ectoparasites, un piège thermal a été placé dans les nids durant la deuxième période de reproduction de 2011 (Mexique). Plus exactement, deux résistances avec du film adhésif (pour attraper les parasites) entouraient chaque nid. Des filtres en cellulose de cigarettes fumées par une machine (expérimentation) et des filtres intacts (contrôle) ont été attachés sur les résistances. Toutes les 20 minutes, les bandes adhésives ont été récoltées afin de compter les ectoparasites et le contenu des nids a été relevé (œufs etc).
Une fois que les poussins se sont envolés, les nids ont été prélevés puis pesés, leur composition et la quantité de matériaux évaluées et le nombre d'ectoparasites quantifié. L'abondance en ectoparasites correspondait au nombre total de mites prélevées.
Les espèces étudiées sont le moineau domestique (Passer domesticus) et le roselin familier (Carpodacus mexicanus), qui sont connues pour incorporer des mégots de cigarettes dans leurs nids et vivre dans des villes.
Afin d'attirer les ectoparasites, un piège thermal a été placé dans les nids durant la deuxième période de reproduction de 2011 (Mexique). Plus exactement, deux résistances avec du film adhésif (pour attraper les parasites) entouraient chaque nid. Des filtres en cellulose de cigarettes fumées par une machine (expérimentation) et des filtres intacts (contrôle) ont été attachés sur les résistances. Toutes les 20 minutes, les bandes adhésives ont été récoltées afin de compter les ectoparasites et le contenu des nids a été relevé (œufs etc).
Une fois que les poussins se sont envolés, les nids ont été prélevés puis pesés, leur composition et la quantité de matériaux évaluées et le nombre d'ectoparasites quantifié. L'abondance en ectoparasites correspondait au nombre total de mites prélevées.
Résultats de l'article
Le fait que ces oiseaux incorporent des mégots dans leurs nids entraînent une réduction du nombre d'ectoparasites. Cela semble dû à la présence de nicotine dans ces restes car, en présence des filtres de cigarettes fumées, il y avait moins de mites qu'en présence de filtres de cigarettes non fumées. Pour que ce comportement soit décrit comme de l'automédication, il serait bon de prouver que ces oiseaux choisissent les mégots intentionnellement dans le but de se protéger des ectoparasites, et donc dans un but d'augmenter leur fitness. Il se pourrait que ce comportement soit pré-existant dans la nature et qu'il est juste transposé dans un nouvel environnement urbain. De même, les mégots pourraient être utilisés dans le but d'isoler le nid, bien que seuls les mégots fumés protègent le nid contre ces parasites. De plus, ces oiseaux semblent détecter les mégots grâce à leur odeur. Malgré les bénéfices énoncés, les mégots ont une toxicité élevée, ce qui peut affecter négativement ces espèces.
Le fait que ces oiseaux incorporent des mégots dans leurs nids entraînent une réduction du nombre d'ectoparasites. Cela semble dû à la présence de nicotine dans ces restes car, en présence des filtres de cigarettes fumées, il y avait moins de mites qu'en présence de filtres de cigarettes non fumées. Pour que ce comportement soit décrit comme de l'automédication, il serait bon de prouver que ces oiseaux choisissent les mégots intentionnellement dans le but de se protéger des ectoparasites, et donc dans un but d'augmenter leur fitness. Il se pourrait que ce comportement soit pré-existant dans la nature et qu'il est juste transposé dans un nouvel environnement urbain. De même, les mégots pourraient être utilisés dans le but d'isoler le nid, bien que seuls les mégots fumés protègent le nid contre ces parasites. De plus, ces oiseaux semblent détecter les mégots grâce à leur odeur. Malgré les bénéfices énoncés, les mégots ont une toxicité élevée, ce qui peut affecter négativement ces espèces.
Rigueur de l'article
Cet article est très rigoureux, bien que court. Les auteurs critiquent leurs résultats et proposent de nouvelles expérimentations pour aboutir à des résultats bien plus poussés et ainsi comprendre complètement l'usage de ces mégots dans les nids.
Cet article est très rigoureux, bien que court. Les auteurs critiquent leurs résultats et proposent de nouvelles expérimentations pour aboutir à des résultats bien plus poussés et ainsi comprendre complètement l'usage de ces mégots dans les nids.
Ce que cet article apporte au débat
Cet article ne mentionne pas directement le mot plastique, mais les mégots sont en réalité en acétate de cellulose (https://fr.wikipedia.org/wiki/Acétate_de_cellulose), à savoir en plastique. Ainsi, il est exposé ici une utilisation de ce composé anthropique par ces oiseaux pour, il semblerait, repousser des ectoparasites (automédication ?) , ou possiblement isoler les nids. Ainsi il serait possible que ces oiseaux utiliseraient le plastique pour augmenter leur fitness. Toutefois, ce composé pourrait avoir des effets délétères, notamment, dans ce cas d'étude, où les mégots contiennent aussi des produits chimiques toxiques, qui pourraient contrebalancer les bénéfices à utiliser une telle matière.
Cet article ne mentionne pas directement le mot plastique, mais les mégots sont en réalité en acétate de cellulose (https://fr.wikipedia.org/wiki/Acétate_de_cellulose), à savoir en plastique. Ainsi, il est exposé ici une utilisation de ce composé anthropique par ces oiseaux pour, il semblerait, repousser des ectoparasites (automédication ?) , ou possiblement isoler les nids. Ainsi il serait possible que ces oiseaux utiliseraient le plastique pour augmenter leur fitness. Toutefois, ce composé pourrait avoir des effets délétères, notamment, dans ce cas d'étude, où les mégots contiennent aussi des produits chimiques toxiques, qui pourraient contrebalancer les bénéfices à utiliser une telle matière.
Publiée il y a plus de 7 ans
par
T. Monfort.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Article : Incorporation of cigarette butts into nests reduces nest ectoparasite load in urban birds : new ingredients for an old recipe ?
Titre de l'article
L'incorporation des mégots de cigarettes dans les nids réduit la charge des ectoparasites dans les nids des oiseaux urbains : de nouveaux ingrédients pour une vieille recette?
L'incorporation des mégots de cigarettes dans les nids réduit la charge des ectoparasites dans les nids des oiseaux urbains : de nouveaux ingrédients pour une vieille recette?
Introduction à l'article
L'urbanisation influence la composition des espèces, leurs interactions et les processus écologiques et évolutionnistes. Ainsi, il est possible que les interactions hôte-parasite peuvent être modifiées, affectant par la même occasion le paysage urbain.
Il a été observé que certains oiseaux adoptaient un comportement antiparasitaire spécifique pour lutter contre les parasites, comme par exemple, l'utilisation, dans les nids, de plantes aromatiques. De même, des mégots de cigarettes (en acétate de cellulose) ont été retrouvés dans des nids d'oiseaux urbains. La nicotine et d'autres composés de ces restes peuvent affecter la présence d'arthropodes, notamment l'alcaloïde nicotine qui est un composé anti-herbivore issu des plants de tabac. Cet article se propose alors d'évaluer l'abondance d'ectoparasites dans les nids en fonction de la présence de ces mégots, en émettant l'hypothèse que leur présence repousse les parasites.
L'urbanisation influence la composition des espèces, leurs interactions et les processus écologiques et évolutionnistes. Ainsi, il est possible que les interactions hôte-parasite peuvent être modifiées, affectant par la même occasion le paysage urbain.
Il a été observé que certains oiseaux adoptaient un comportement antiparasitaire spécifique pour lutter contre les parasites, comme par exemple, l'utilisation, dans les nids, de plantes aromatiques. De même, des mégots de cigarettes (en acétate de cellulose) ont été retrouvés dans des nids d'oiseaux urbains. La nicotine et d'autres composés de ces restes peuvent affecter la présence d'arthropodes, notamment l'alcaloïde nicotine qui est un composé anti-herbivore issu des plants de tabac. Cet article se propose alors d'évaluer l'abondance d'ectoparasites dans les nids en fonction de la présence de ces mégots, en émettant l'hypothèse que leur présence repousse les parasites.
Expériences de l'article
Les espèces étudiées sont le moineau domestique (Passer domesticus) et le roselin familier (Carpodacus mexicanus), qui sont connues pour incorporer des mégots de cigarettes dans leurs nids et vivre dans des villes.
Afin d'attirer les ectoparasites, un piège thermal a été placé dans les nids durant la deuxième période de reproduction de 2011 (Mexique). Plus exactement, deux résistances avec du film adhésif (pour attraper les parasites) entouraient chaque nid. Des filtres en cellulose de cigarettes fumées par une machine (expérimentation) et des filtres intacts (contrôle) ont été attachés sur les résistances. Toutes les 20 minutes, les bandes adhésives ont été récoltées afin de compter les ectoparasites et le contenu des nids a été relevé (œufs etc).
Une fois que les poussins se sont envolés, les nids ont été prélevés puis pesés, leur composition et la quantité de matériaux évaluées et le nombre d'ectoparasites quantifié. L'abondance en ectoparasites correspondait au nombre total de mites prélevées.
Les espèces étudiées sont le moineau domestique (Passer domesticus) et le roselin familier (Carpodacus mexicanus), qui sont connues pour incorporer des mégots de cigarettes dans leurs nids et vivre dans des villes.
Afin d'attirer les ectoparasites, un piège thermal a été placé dans les nids durant la deuxième période de reproduction de 2011 (Mexique). Plus exactement, deux résistances avec du film adhésif (pour attraper les parasites) entouraient chaque nid. Des filtres en cellulose de cigarettes fumées par une machine (expérimentation) et des filtres intacts (contrôle) ont été attachés sur les résistances. Toutes les 20 minutes, les bandes adhésives ont été récoltées afin de compter les ectoparasites et le contenu des nids a été relevé (œufs etc).
Une fois que les poussins se sont envolés, les nids ont été prélevés puis pesés, leur composition et la quantité de matériaux évaluées et le nombre d'ectoparasites quantifié. L'abondance en ectoparasites correspondait au nombre total de mites prélevées.
Résultats de l'article
Le fait que ces oiseaux incorporent des mégots dans leurs nids entraînent une réduction du nombre d'ectoparasites. Cela semble dû à la présence de nicotine dans ces restes car, en présence des filtres de cigarettes fumées, il y avait moins de mites qu'en présence de filtres de cigarettes non fumées. Pour que ce comportement soit décrit comme de l'automédication, il serait bon de prouver que ces oiseaux choisissent les mégots intentionnellement dans le but de se protéger des ectoparasites, et donc dans un but d'augmenter leur fitness. Il se pourrait que ce comportement soit pré-existant dans la nature et qu'il est juste transposé dans un nouvel environnement urbain. De même, les mégots pourraient être utilisés dans le but d'isoler le nid, bien que seuls les mégots fumés protègent le nid contre ces parasites. De plus, ces oiseaux semblent détecter les mégots grâce à leur odeur. Malgré les bénéfices énoncés, les mégots ont une toxicité élevée, ce qui peut affecter négativement ces espèces.
Le fait que ces oiseaux incorporent des mégots dans leurs nids entraînent une réduction du nombre d'ectoparasites. Cela semble dû à la présence de nicotine dans ces restes car, en présence des filtres de cigarettes fumées, il y avait moins de mites qu'en présence de filtres de cigarettes non fumées. Pour que ce comportement soit décrit comme de l'automédication, il serait bon de prouver que ces oiseaux choisissent les mégots intentionnellement dans le but de se protéger des ectoparasites, et donc dans un but d'augmenter leur fitness. Il se pourrait que ce comportement soit pré-existant dans la nature et qu'il est juste transposé dans un nouvel environnement urbain. De même, les mégots pourraient être utilisés dans le but d'isoler le nid, bien que seuls les mégots fumés protègent le nid contre ces parasites. De plus, ces oiseaux semblent détecter les mégots grâce à leur odeur. Malgré les bénéfices énoncés, les mégots ont une toxicité élevée, ce qui peut affecter négativement ces espèces.
Rigueur de l'article
Cet article est très rigoureux, bien que court. Les auteurs critiquent leurs résultats et proposent de nouvelles expérimentations pour aboutir à des résultats bien plus poussés et ainsi comprendre complètement l'usage de ces mégots dans les nids.
Cet article est très rigoureux, bien que court. Les auteurs critiquent leurs résultats et proposent de nouvelles expérimentations pour aboutir à des résultats bien plus poussés et ainsi comprendre complètement l'usage de ces mégots dans les nids.
Ce que cet article apporte au débat
Cet article ne mentionne pas directement le mot plastique, mais les mégots sont en réalité en acétate de cellulose (https://fr.wikipedia.org/wiki/Acétate_de_cellulose), à savoir en plastique. Ainsi, il est exposé ici une utilisation de ce composé anthropique par ces oiseaux pour, il semblerait, repousser des ectoparasites (automédication ?) , ou possiblement isoler les nids. Ainsi il serait possible que ces oiseaux utiliseraient le plastique pour augmenter leur fitness. Toutefois, ce composé pourrait avoir des effets délétères, notamment, dans ce cas d'étude, où les mégots contiennent aussi des produits chimiques toxiques, qui pourraient contrebalancer les bénéfices à utiliser une telle matière.
Cet article ne mentionne pas directement le mot plastique, mais les mégots sont en réalité en acétate de cellulose (https://fr.wikipedia.org/wiki/Acétate_de_cellulose), à savoir en plastique. Ainsi, il est exposé ici une utilisation de ce composé anthropique par ces oiseaux pour, il semblerait, repousser des ectoparasites (automédication ?) , ou possiblement isoler les nids. Ainsi il serait possible que ces oiseaux utiliseraient le plastique pour augmenter leur fitness. Toutefois, ce composé pourrait avoir des effets délétères, notamment, dans ce cas d'étude, où les mégots contiennent aussi des produits chimiques toxiques, qui pourraient contrebalancer les bénéfices à utiliser une telle matière.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.