ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Augmentation de la sensibilité aux maladies infectieuses résultant de la dépression hybride
Augmentation de la sensibilité aux maladies infectieuses résultant de la dépression hybride
Introduction à l'article
La dépression hybride est décrite comme la réduction de la fitness de la descendance d'un croisement entre individus de populations différentes, pouvant être causée par une perturbation intrinsèque de la co-adaptation de complexes génétiques. L'augmentation de la sensibilité aux maladies est l'un des mécanismes par lequel la dépression hybride pourrait agir. En effet, la complexité du système immunitaire et des ensembles géniques associés peut rendre les individus sensibles aux dysfonctionnement lors des événements d'hybridation. Pour mieux investiguer cette hypothèse, les chercheurs ont étudié la sensibilité de l'achigan à grande bouche (Micropterus salmoides) au virus pathogène des poissons d'eau chaude d'Amérique du nord, LMBV ("Largemouth bass virus"), et ont comparé la fitness et la sensibilité des hybrides à celles des lignées parentales. Les auteurs suggèrent que les poissons croisés devraient souffrir d'une réduction de leur fitness ainsi que de leur tolérance à l'infection virale.
La dépression hybride est décrite comme la réduction de la fitness de la descendance d'un croisement entre individus de populations différentes, pouvant être causée par une perturbation intrinsèque de la co-adaptation de complexes génétiques. L'augmentation de la sensibilité aux maladies est l'un des mécanismes par lequel la dépression hybride pourrait agir. En effet, la complexité du système immunitaire et des ensembles géniques associés peut rendre les individus sensibles aux dysfonctionnement lors des événements d'hybridation. Pour mieux investiguer cette hypothèse, les chercheurs ont étudié la sensibilité de l'achigan à grande bouche (Micropterus salmoides) au virus pathogène des poissons d'eau chaude d'Amérique du nord, LMBV ("Largemouth bass virus"), et ont comparé la fitness et la sensibilité des hybrides à celles des lignées parentales. Les auteurs suggèrent que les poissons croisés devraient souffrir d'une réduction de leur fitness ainsi que de leur tolérance à l'infection virale.
Expériences de l'article
Premièrement, deux populations d'adultes sauvages de l'achigan à grande bouche ont été collectées dans 2 bassins versants de la partie supérieure du centre-Ouest des USA. La distance génétique entre ces deux populations a ensuite été calculée en utilisant l'indice Fst. Puis, des croisements ont été réalisés entre ces 2 populations parentales (P1), donnant ainsi 2 générations d'hybrides (F1 et F2). Ensuite, la fitness relative de chaque lignée a été déterminée en mesurant la fréquence de 2 allèles de l'allozyme, suivi d'une quantification de cette fitness en divisant la fréquence observée de chaque allèle sur la fréquence attendue. A posteriori, la préparation de l'inoculum, se composant principalement du virus LMBV, a été réalisée puis injectée à l'ensemble des poissons par injection intrapéritonéale. Par la suite, la charge virale a été quantifiée par PCR. Pour finir, les données ont été traitées en utilisant différentes méthodes statistiques (régression de Cox et régression linéaire multiple).
Premièrement, deux populations d'adultes sauvages de l'achigan à grande bouche ont été collectées dans 2 bassins versants de la partie supérieure du centre-Ouest des USA. La distance génétique entre ces deux populations a ensuite été calculée en utilisant l'indice Fst. Puis, des croisements ont été réalisés entre ces 2 populations parentales (P1), donnant ainsi 2 générations d'hybrides (F1 et F2). Ensuite, la fitness relative de chaque lignée a été déterminée en mesurant la fréquence de 2 allèles de l'allozyme, suivi d'une quantification de cette fitness en divisant la fréquence observée de chaque allèle sur la fréquence attendue. A posteriori, la préparation de l'inoculum, se composant principalement du virus LMBV, a été réalisée puis injectée à l'ensemble des poissons par injection intrapéritonéale. Par la suite, la charge virale a été quantifiée par PCR. Pour finir, les données ont été traitées en utilisant différentes méthodes statistiques (régression de Cox et régression linéaire multiple).
Résultats de l'article
Les hybrides obtenus lors de la première génération (F1) avaient une fitness réduite de 14% par rapport aux populations parentales (P1).
Aucune différence significative de mortalité entre P1 et F1 n'a été observée, avec respectivement 83,3% et 81,6% de survivants après une exposition de 2 semaines au virus. En revanche, les hybrides de la 2ème génération (F2) avait une mortalité importante par rapport aux P1 et F1, avec seulement 35% de survivants.
Par ailleurs, aucune différence significative statistiquement n'existait entre la charge virale de P1, F1 et F2 mais une relation positive a été notée entre la mortalité des poissons et la charge virale, autrement dit, les poissons décédés durant l’expérience avaient une charge virale plus élevée que ceux qui ont survécu. De plus, au moment du décès, la charge virale était associée négativement à la fitness du poisson.
Les hybrides obtenus lors de la première génération (F1) avaient une fitness réduite de 14% par rapport aux populations parentales (P1).
Aucune différence significative de mortalité entre P1 et F1 n'a été observée, avec respectivement 83,3% et 81,6% de survivants après une exposition de 2 semaines au virus. En revanche, les hybrides de la 2ème génération (F2) avait une mortalité importante par rapport aux P1 et F1, avec seulement 35% de survivants.
Par ailleurs, aucune différence significative statistiquement n'existait entre la charge virale de P1, F1 et F2 mais une relation positive a été notée entre la mortalité des poissons et la charge virale, autrement dit, les poissons décédés durant l’expérience avaient une charge virale plus élevée que ceux qui ont survécu. De plus, au moment du décès, la charge virale était associée négativement à la fitness du poisson.
Rigueur de l'article
L'étude apparaît pertinente et rigoureuse compte tenu des différentes méthodes utilisées, ces dernières étant d'ailleurs claires et bien détaillées. En revanche, aucune critique et aucun biais n'ont été notés par les auteurs vis a vis de leur étude, supposant ainsi un manque d'esprit critique.
L'étude apparaît pertinente et rigoureuse compte tenu des différentes méthodes utilisées, ces dernières étant d'ailleurs claires et bien détaillées. En revanche, aucune critique et aucun biais n'ont été notés par les auteurs vis a vis de leur étude, supposant ainsi un manque d'esprit critique.
Ce que cet article apporte au débat
L'augmentation de la sensibilité aux maladies infectieuses résultant de la dépression de croisement représentent un risque important pour les populations hybrides et leurs écosystèmes, même avec un faible niveau de divergence génétique entre les populations parentales.
Les auteurs suggèrent que la résistance maximale aux maladies chez les populations à conservées, ne doit pas consister à maximiser la reproduction, mais devrait plutôt être obtenue en limitant la reproduction à des niveaux permettant de préserver la diversité génétique, tout en empêchant la perturbation des complexes de gènes co-adaptés.
Finalement, cette étude remet en question l'utilisation de l'hybridation dans le but de sauver les populations en danger. En effet, l'hybridation représente une menace concernant la tolérance aux maladies infectieuses. Cette stratégie devrait donc être réévaluer tout en prenant en considération les résultats de cette étude.
L'augmentation de la sensibilité aux maladies infectieuses résultant de la dépression de croisement représentent un risque important pour les populations hybrides et leurs écosystèmes, même avec un faible niveau de divergence génétique entre les populations parentales.
Les auteurs suggèrent que la résistance maximale aux maladies chez les populations à conservées, ne doit pas consister à maximiser la reproduction, mais devrait plutôt être obtenue en limitant la reproduction à des niveaux permettant de préserver la diversité génétique, tout en empêchant la perturbation des complexes de gènes co-adaptés.
Finalement, cette étude remet en question l'utilisation de l'hybridation dans le but de sauver les populations en danger. En effet, l'hybridation représente une menace concernant la tolérance aux maladies infectieuses. Cette stratégie devrait donc être réévaluer tout en prenant en considération les résultats de cette étude.
Titre de l'article
Augmentation de la sensibilité aux maladies infectieuses résultant de la dépression hybride
Augmentation de la sensibilité aux maladies infectieuses résultant de la dépression hybride
Introduction à l'article
La dépression hybride est décrite comme la réduction de la fitness de la descendance d'un croisement entre individus de populations différentes, pouvant être causée par une perturbation intrinsèque de la co-adaptation de complexes génétiques. L'augmentation de la sensibilité aux maladies est l'un des mécanismes par lequel la dépression hybride pourrait agir. En effet, la complexité du système immunitaire et des ensembles géniques associés peut rendre les individus sensibles aux dysfonctionnement lors des événements d'hybridation. Pour mieux investiguer cette hypothèse, les chercheurs ont étudié la sensibilité de l'achigan à grande bouche (Micropterus salmoides) au virus pathogène des poissons d'eau chaude d'Amérique du nord, LMBV ("Largemouth bass virus"), et ont comparé la fitness et la sensibilité des hybrides à celles des lignées parentales. Les auteurs suggèrent que les poissons croisés devraient souffrir d'une réduction de leur fitness ainsi que de leur tolérance à l'infection virale.
La dépression hybride est décrite comme la réduction de la fitness de la descendance d'un croisement entre individus de populations différentes, pouvant être causée par une perturbation intrinsèque de la co-adaptation de complexes génétiques. L'augmentation de la sensibilité aux maladies est l'un des mécanismes par lequel la dépression hybride pourrait agir. En effet, la complexité du système immunitaire et des ensembles géniques associés peut rendre les individus sensibles aux dysfonctionnement lors des événements d'hybridation. Pour mieux investiguer cette hypothèse, les chercheurs ont étudié la sensibilité de l'achigan à grande bouche (Micropterus salmoides) au virus pathogène des poissons d'eau chaude d'Amérique du nord, LMBV ("Largemouth bass virus"), et ont comparé la fitness et la sensibilité des hybrides à celles des lignées parentales. Les auteurs suggèrent que les poissons croisés devraient souffrir d'une réduction de leur fitness ainsi que de leur tolérance à l'infection virale.
Expériences de l'article
Premièrement, deux populations d'adultes sauvages de l'achigan à grande bouche ont été collectées dans 2 bassins versants de la partie supérieure du centre-Ouest des USA. La distance génétique entre ces deux populations a ensuite été calculée en utilisant l'indice Fst. Puis, des croisements ont été réalisés entre ces 2 populations parentales (P1), donnant ainsi 2 générations d'hybrides (F1 et F2). Ensuite, la fitness relative de chaque lignée a été déterminée en mesurant la fréquence de 2 allèles de l'allozyme, suivi d'une quantification de cette fitness en divisant la fréquence observée de chaque allèle sur la fréquence attendue. A posteriori, la préparation de l'inoculum, se composant principalement du virus LMBV, a été réalisée puis injectée à l'ensemble des poissons par injection intrapéritonéale. Par la suite, la charge virale a été quantifiée par PCR. Pour finir, les données ont été traitées en utilisant différentes méthodes statistiques (régression de Cox et régression linéaire multiple).
Premièrement, deux populations d'adultes sauvages de l'achigan à grande bouche ont été collectées dans 2 bassins versants de la partie supérieure du centre-Ouest des USA. La distance génétique entre ces deux populations a ensuite été calculée en utilisant l'indice Fst. Puis, des croisements ont été réalisés entre ces 2 populations parentales (P1), donnant ainsi 2 générations d'hybrides (F1 et F2). Ensuite, la fitness relative de chaque lignée a été déterminée en mesurant la fréquence de 2 allèles de l'allozyme, suivi d'une quantification de cette fitness en divisant la fréquence observée de chaque allèle sur la fréquence attendue. A posteriori, la préparation de l'inoculum, se composant principalement du virus LMBV, a été réalisée puis injectée à l'ensemble des poissons par injection intrapéritonéale. Par la suite, la charge virale a été quantifiée par PCR. Pour finir, les données ont été traitées en utilisant différentes méthodes statistiques (régression de Cox et régression linéaire multiple).
Résultats de l'article
Les hybrides obtenus lors de la première génération (F1) avaient une fitness réduite de 14% par rapport aux populations parentales (P1).
Aucune différence significative de mortalité entre P1 et F1 n'a été observée, avec respectivement 83,3% et 81,6% de survivants après une exposition de 2 semaines au virus. En revanche, les hybrides de la 2ème génération (F2) avait une mortalité importante par rapport aux P1 et F1, avec seulement 35% de survivants.
Par ailleurs, aucune différence significative statistiquement n'existait entre la charge virale de P1, F1 et F2 mais une relation positive a été notée entre la mortalité des poissons et la charge virale, autrement dit, les poissons décédés durant l’expérience avaient une charge virale plus élevée que ceux qui ont survécu. De plus, au moment du décès, la charge virale était associée négativement à la fitness du poisson.
Les hybrides obtenus lors de la première génération (F1) avaient une fitness réduite de 14% par rapport aux populations parentales (P1).
Aucune différence significative de mortalité entre P1 et F1 n'a été observée, avec respectivement 83,3% et 81,6% de survivants après une exposition de 2 semaines au virus. En revanche, les hybrides de la 2ème génération (F2) avait une mortalité importante par rapport aux P1 et F1, avec seulement 35% de survivants.
Par ailleurs, aucune différence significative statistiquement n'existait entre la charge virale de P1, F1 et F2 mais une relation positive a été notée entre la mortalité des poissons et la charge virale, autrement dit, les poissons décédés durant l’expérience avaient une charge virale plus élevée que ceux qui ont survécu. De plus, au moment du décès, la charge virale était associée négativement à la fitness du poisson.
Rigueur de l'article
L'étude apparaît pertinente et rigoureuse compte tenu des différentes méthodes utilisées, ces dernières étant d'ailleurs claires et bien détaillées. En revanche, aucune critique et aucun biais n'ont été notés par les auteurs vis a vis de leur étude, supposant ainsi un manque d'esprit critique.
L'étude apparaît pertinente et rigoureuse compte tenu des différentes méthodes utilisées, ces dernières étant d'ailleurs claires et bien détaillées. En revanche, aucune critique et aucun biais n'ont été notés par les auteurs vis a vis de leur étude, supposant ainsi un manque d'esprit critique.
Ce que cet article apporte au débat
L'augmentation de la sensibilité aux maladies infectieuses résultant de la dépression de croisement représentent un risque important pour les populations hybrides et leurs écosystèmes, même avec un faible niveau de divergence génétique entre les populations parentales.
Les auteurs suggèrent que la résistance maximale aux maladies chez les populations à conservées, ne doit pas consister à maximiser la reproduction, mais devrait plutôt être obtenue en limitant la reproduction à des niveaux permettant de préserver la diversité génétique, tout en empêchant la perturbation des complexes de gènes co-adaptés.
Finalement, cette étude remet en question l'utilisation de l'hybridation dans le but de sauver les populations en danger. En effet, l'hybridation représente une menace concernant la tolérance aux maladies infectieuses. Cette stratégie devrait donc être réévaluer tout en prenant en considération les résultats de cette étude.
L'augmentation de la sensibilité aux maladies infectieuses résultant de la dépression de croisement représentent un risque important pour les populations hybrides et leurs écosystèmes, même avec un faible niveau de divergence génétique entre les populations parentales.
Les auteurs suggèrent que la résistance maximale aux maladies chez les populations à conservées, ne doit pas consister à maximiser la reproduction, mais devrait plutôt être obtenue en limitant la reproduction à des niveaux permettant de préserver la diversité génétique, tout en empêchant la perturbation des complexes de gènes co-adaptés.
Finalement, cette étude remet en question l'utilisation de l'hybridation dans le but de sauver les populations en danger. En effet, l'hybridation représente une menace concernant la tolérance aux maladies infectieuses. Cette stratégie devrait donc être réévaluer tout en prenant en considération les résultats de cette étude.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.