Simian immunodeficiency viruses (SIVs) are primate lentiviruses that are morphologically similar and biologically related to human immunodeficiency viruses (HIVs)1-4. SIVs naturally infect some nonhuman primate species, such as African green monkeys and sooty mangabey monkeys, without causing immunodeficiency. In contrast, experimental SIV infection of other susceptible primate species, such as macaques, can cause chronic wasting syndromes and a disease similar to the human acquired immunodeficiency syndrome (AIDS)5-10. Because of the similarities between the human and nonhuman lentiviruses, SIV and its susceptible primate host have become the principal model for studying the pathogenesis of AIDS and developing an HIV vaccine. The SIVs from mangabeys and captive macaques (SIVMAC) are genetically and antigenically related most closely to HIV type 2 (HIV-2), with substantial serologic cross-reactivity11. Recent molecular evidence suggests that HIV-2 and SIVMAC may be even more closely related to each other than was previously thought12,13. However, infection of a human with SIV has not been documented.
We recently described a laboratory worker in whom antibodies cross-reactive to HIV-2 and SIV developed after percutaneous exposure to blood from a macaque experimentally infected with SIV14. SIV was never detected by sensitive molecular and virologic tests, and antibodies to HIV-2 and SIV decreased steadily over the next two years, suggesting that this person did not become persistently infected with SIV. The appearance of this first case led us to test 60 serum samples in April 1992 that had been collected from workers in two SIV research facilities. We found a second researcher in a different U.S. laboratory who had antibodies to HIV-2 and SIV. We present evidence from the investigation of this second case that confirms SIV infection of a human, and we report the isolation of SIV from a human (SIVHU).
Titre de l'article
Infection d'un chercheur par le virus de l'immunodéficience simienne (SIV)
Infection d'un chercheur par le virus de l'immunodéficience simienne (SIV)
Introduction à l'article
Les virus de l'immunodéficience simienne (SIVs) sont des lentivirus morphologiquement similaires et proches biologiquement des virus de l'immunodéficience humaine (HIVs). S'ils infectent naturellement certaines espèces de primates (sooty mangabey, singe vert d'Afrique) sans provoquer d'immunodéficience, ils engendrent en revanche des symptômes proches de ceux causés chez l'homme par le syndrome d'immunodéficience acquise (SIDA) lorsqu'ils sont inoculés expérimentalement à d'autres espèces de primates (macaques). De plus, les SIV issus de mangabeys sauvages et de macaques captifs (SIVMAC) sont particulièrement proches génétiquement du HIV-2.
Ainsi, pour la deuxième fois, un cas d'infection au SIV chez l'homme a été détecté en 1992 chez un chercheur américain présentant des anticorps spécifiques de diverses protéines de SIV et de HIV-2. Cette fois-ci, un SIV humain (SIVHU) a été isolé, confirmant l'infection d'un humain par le SIV.
Les virus de l'immunodéficience simienne (SIVs) sont des lentivirus morphologiquement similaires et proches biologiquement des virus de l'immunodéficience humaine (HIVs). S'ils infectent naturellement certaines espèces de primates (sooty mangabey, singe vert d'Afrique) sans provoquer d'immunodéficience, ils engendrent en revanche des symptômes proches de ceux causés chez l'homme par le syndrome d'immunodéficience acquise (SIDA) lorsqu'ils sont inoculés expérimentalement à d'autres espèces de primates (macaques). De plus, les SIV issus de mangabeys sauvages et de macaques captifs (SIVMAC) sont particulièrement proches génétiquement du HIV-2.
Ainsi, pour la deuxième fois, un cas d'infection au SIV chez l'homme a été détecté en 1992 chez un chercheur américain présentant des anticorps spécifiques de diverses protéines de SIV et de HIV-2. Cette fois-ci, un SIV humain (SIVHU) a été isolé, confirmant l'infection d'un humain par le SIV.
Expériences de l'article
Entre 1988 et 1992, l'équipe a collecté 20 échantillons de sérum prélevés chez un chercheur américain ayant préalablement été déclaré séropositif pour HIV-2 et SIV. Ils ont été analysés par ELISA spécifiques d'anticorps dirigés contre HIV-1, HIV-2 et SIV, et ont mesuré les titres sériques en anticorps pour étudier leur variation. Des Western Blot révélant des anticorps spécifiques de protéines virales (gp120, gp105, p34) ont également été réalisés.
Puis des échantillons de sang ont été prélevés au chercheur infecté. Les PBMC ont été isolés et mis en culture, et une partie d'entre eux a été déplétée des LT CD8+. La multiplication de SIV dans ces cultures a été évaluée par mesures des concentrations de l'antigène viral p27 gag et d'une reverse transcriptase virale dans le surnageant.
Enfin, des PCR ont été réalisées pour détecter SIVHU, et le séquençage de la région env de SIVHU a permis de la comparer à celle de diverses souches représentatives de SIV et HIV.
Entre 1988 et 1992, l'équipe a collecté 20 échantillons de sérum prélevés chez un chercheur américain ayant préalablement été déclaré séropositif pour HIV-2 et SIV. Ils ont été analysés par ELISA spécifiques d'anticorps dirigés contre HIV-1, HIV-2 et SIV, et ont mesuré les titres sériques en anticorps pour étudier leur variation. Des Western Blot révélant des anticorps spécifiques de protéines virales (gp120, gp105, p34) ont également été réalisés.
Puis des échantillons de sang ont été prélevés au chercheur infecté. Les PBMC ont été isolés et mis en culture, et une partie d'entre eux a été déplétée des LT CD8+. La multiplication de SIV dans ces cultures a été évaluée par mesures des concentrations de l'antigène viral p27 gag et d'une reverse transcriptase virale dans le surnageant.
Enfin, des PCR ont été réalisées pour détecter SIVHU, et le séquençage de la région env de SIVHU a permis de la comparer à celle de diverses souches représentatives de SIV et HIV.
Résultats de l'article
Le chercheur testé était séronégatif pour HIV-1 à chaque test, et à partir d'avril 1990, séropositif pour HIV-2 et SIV à chaque test ELISA et Western Blot. L'apparition des anticorps se fait graduellement sur le Western Blot, dénotant une séroconversion. Globalement, le titre sérique en anticorps est passé de 1:400 à 1:3200 en deux ans.
Puis, une culture primaire de PBMCs déplétée en CD8+ a été déclarée positive pour SIV, avec [p27 gag] passant de 0 à 0,9ng/mL en 28 jours de culture. SIVHU a été isolé et inoculé à des PBMCs normaux où il s'est développé aussi, avec des résultats similaires.
Ensuite, la PCR a détecté SIVHU et a montré que son LTR est délété de 40bp, comme chez des SIV conventionnels, ce qui les différencie des HIV.
Enfin, la chaîne env de SIVHU séquencée est particulièrement proche de celle de la souche sur laquelle le chercheur travaillait (SIVB670) avec 90% d'homologie, et moins proche de celles d'autres souches de SIV (76% d'homologie).
Le chercheur testé était séronégatif pour HIV-1 à chaque test, et à partir d'avril 1990, séropositif pour HIV-2 et SIV à chaque test ELISA et Western Blot. L'apparition des anticorps se fait graduellement sur le Western Blot, dénotant une séroconversion. Globalement, le titre sérique en anticorps est passé de 1:400 à 1:3200 en deux ans.
Puis, une culture primaire de PBMCs déplétée en CD8+ a été déclarée positive pour SIV, avec [p27 gag] passant de 0 à 0,9ng/mL en 28 jours de culture. SIVHU a été isolé et inoculé à des PBMCs normaux où il s'est développé aussi, avec des résultats similaires.
Ensuite, la PCR a détecté SIVHU et a montré que son LTR est délété de 40bp, comme chez des SIV conventionnels, ce qui les différencie des HIV.
Enfin, la chaîne env de SIVHU séquencée est particulièrement proche de celle de la souche sur laquelle le chercheur travaillait (SIVB670) avec 90% d'homologie, et moins proche de celles d'autres souches de SIV (76% d'homologie).
Rigueur de l'article
Les ELISA ont été effectués uniquement avec un peptide antigénique de HIV-2, et pas avec un peptide de SIV. Même si les anticorps anti-HIV-2 sont cross-réactifs avec SIV d'après les auteurs, il aurait été intéressant de le vérifier.
De plus, le premier Western Blot fait intervenir des échantillons protéiques vieux de trois ans. Des détails sur la conservation des échantillons auraient été souhaitables car il y a une forte probabilité de dégradation des protéines testées au cours d'un laps de temps aussi long.
Enfin, il est également regrettable de ne pas avoir plus de données sur les aspects cliniques de cette infection (SIV chez l'homme). Les auteurs supposent que les symptômes seraient proches de ceux du SIDA causé par HIV-2 chez l'homme. C'est bien sûr cohérent mais on ne peut pas exclure le fait qu'aucune immunodéficience ne se déclare chez l'homme, ce qui serait intéressant. De plus, des hypothèses concrètes sur la façon dont SIV a été inoculé auraient été les bienvenues.
Les ELISA ont été effectués uniquement avec un peptide antigénique de HIV-2, et pas avec un peptide de SIV. Même si les anticorps anti-HIV-2 sont cross-réactifs avec SIV d'après les auteurs, il aurait été intéressant de le vérifier.
De plus, le premier Western Blot fait intervenir des échantillons protéiques vieux de trois ans. Des détails sur la conservation des échantillons auraient été souhaitables car il y a une forte probabilité de dégradation des protéines testées au cours d'un laps de temps aussi long.
Enfin, il est également regrettable de ne pas avoir plus de données sur les aspects cliniques de cette infection (SIV chez l'homme). Les auteurs supposent que les symptômes seraient proches de ceux du SIDA causé par HIV-2 chez l'homme. C'est bien sûr cohérent mais on ne peut pas exclure le fait qu'aucune immunodéficience ne se déclare chez l'homme, ce qui serait intéressant. De plus, des hypothèses concrètes sur la façon dont SIV a été inoculé auraient été les bienvenues.
Ce que cet article apporte au débat
Cet article apporte la preuve qu'une infection au SIV du singe à l'homme est possible, que SIV est capable de se multiplier au sein de cellules humaines, et que ce virus peut être isolé des cellules après infection. Reste cependant à savoir si l'infection est stable (les auteurs mentionnent un précédent cas d'infection au SIV où elle ne l'était pas, les taux de SIV présent chutant sans arrêt) et si elle est pathogénique, ce qui rendrait ces données particulièrement pertinentes par rapport à l'épidémie de HIV.
Cet article apporte la preuve qu'une infection au SIV du singe à l'homme est possible, que SIV est capable de se multiplier au sein de cellules humaines, et que ce virus peut être isolé des cellules après infection. Reste cependant à savoir si l'infection est stable (les auteurs mentionnent un précédent cas d'infection au SIV où elle ne l'était pas, les taux de SIV présent chutant sans arrêt) et si elle est pathogénique, ce qui rendrait ces données particulièrement pertinentes par rapport à l'épidémie de HIV.
Dernière modification il y a plus de 10 ans.