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Titre de l'article

Intégrer les connaissances ethnobiologiques dans la conservation de la biodiversité dans l'Himalaya oriental

Introduction à l'article

Les communautés autochtones possèdent des riches connaissances sur la biodiversité qui font parti intégrante de leurs traditions de gestion des écosystèmes. La conservation de la biodiversité devrait maintenir une diversité biologique mais également une diversité culturelle importante. C'est ce que l'on appelle les approches bioculturelles de la conservation. Ce mode de conservation a été mise en place par les communautés de l'Himalaya orientale, situées au niveau du mont Khangchendzonga ( MK ) qui est reconnu comme un hotspot bioculturel. Le MK comprend diverses communautés ethniques y compris des indigènes comme au Sekkim et Darjeeling en Inde. Le gouvernement de Sikkim, où une grande partie de son territoire englobe des terres protégées du MK , s'est particulièrement mobilisé pour la conservation des espèces. À travers cette publication, nous étudions l'application des connaissances ethnobiologiques sur la conservation de l'environnement.

Expériences de l'article

Les politiques de conservation de la biodiversité à Sikkim sont soutenues par les connaissances traditionnelles des différentes communautés. Ainsi, la combinaison des connaissances des différentes communautés humaines ont favorisé ce riche patrimoine bioculturel qui est Sikkim. Les auteurs ont réalisé une étude bibliographique collectant précisément les données bio-physiques des lieux, les communautés autochtones et locales ainsi que la diversité des espèces. Parallèlement, ils ont étudié les fréquences de citation relatives à chaque espèce, la conservation des espèces menacées, la situation culturelle ainsi que le gouvernement de Sikkim.

Résultats de l'article

Grâce à cette étude, nous savons que Sikkim possède de riches connaissances sur plus de 1100 espèces végétales et animales. Les communautés connaissent non seulement les propriétés utiles des espèces, mais également l'écologie des espèces et leur histoire. Ces savoirs ethnobiologiques influencent significativement la gestion des écosystèmes et la planification de la conservation par le gouvernement de Sikkim. Par exemple, le gouvernement a recruté des personnes indigènes afin d'étudier les populations d'espèces d'oiseaux. Ainsi, la communauté indigène leur a transmis des informations cruciales pour la gestion de ces populations. Les connaissances bioculturelles sont une façon d'intégrer les communautés locales dans la conservation de la biodiversité de l'Himalaya orientale.
Ceci dit, les auteurs pointent le doigt sur un changement de contexte socio-écologique. En effet, les nouvelles générations migrent vers les zones urbaines où elles ne sont plus exposés aux traditions locales.

Ce que cet article apporte au débat

Le développement culturel apporte des bénéfices importants à la biodiversité. Mais, sans la diversité écologique et biologique, le développement culturel ne pourrait pas subsister. Ainsi il existe une co-adaptation entre la diversité culturelle et la diversité biologique. Il est indispensable de maintenir une diversité culturelle et biologique importante pour la conservation des communautés locales et autochtones et les écosystèmes dans lesquels, elles habitent. Ainsi, la perte de biodiversité s'accompagne de la perte des communautés locales. Il est donc indispensable de réaliser des efforts dans la conservation de la biodiversité en incluant les connaissances bioculturelles des habitants proches des écosystèmes menacés.

Publiée il y a plus de 8 ans par N. Civil.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Article : Integrating ethnobiological knowledge into biodiversity conservation in the Eastern Himalayas
  • 1 1
  • Auteurs
    Alexander R. O'Neill , Hemant K. Badola , Pitamber P. Dhyani , i Santosh K. Rana
  • Année de publication
    2017
  • Journal
    Journal of Ethnobiology and Ethnomedicine
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Biocultural knowledge provides valuable insight into ecological processes, and can guide conservation practitioners in local contexts. In many regions, however, such knowledge is underutilized due to its often-fragmented record in disparate sources. In this article, we review and apply ethnobiological knowledge to biodiversity conservation in the Eastern Himalayas. Using Sikkim, India as a case study, we: (i) traced the history and trends of ethnobiological documentation; (ii) identified priority species and habitat types; and, (iii) analyzed within and among community differences pertaining to species use and management. Our results revealed that Sikkim is a biocultural hotspot, where six ethnic communities and 1128 species engage in biocultural relationships. Since the mid-1800s, the number of ethnobiological publications from Sikkim has exponentially increased; however, our results also indicate that much of this knowledge is both unwritten and partitioned within an aging, gendered, and caste or ethnic group-specific stratum of society. Reviewed species were primarily wild or wild cultivated, native to subtropical and temperate forests, and pend IUCN Red List of Threatened Species assessment. Our results demonstrate the value of engaging local knowledge holders as active participants in conservation, and suggest the need for further ethnobiological research in the Eastern Himalayas. Our interdisciplinary approach, which included rank indices and geospatial modelling, can help integrate diverse datasets into evidence-based policy.

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