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Écologie de l’invasion : origine et effets sur la biodiversité
Écologie de l’invasion : origine et effets sur la biodiversité
Résumé de la review
L’objectif de cette review est d’évoquer l’origine et les effets des invasions sur la biodiversité. La motivation principale semble être de dénoncer une idée reçue concernant les effets des invasions qui seraient nécessairement négatifs. Ce point de vue témoigne d’un certain manque d’objectivité de beaucoup de préjugés venant de xénophobie émotionnelle (écho à Brown et Sax). John Briggs raconte ici que Charles Elton, fondateur de la biologie de l’invasion, s’est vu demander de régler des problèmes de prolifération de ravageurs de cultures en Angleterre durant la seconde guerre mondiale. À l’époque, l’écologie de la succession, c’est-à-dire l’étude des changements de compositions d’espèces dans les communautés, était le principale cadre pour étudier les phénomènes de colonisation de nouvelles régions par des espèces allochtones. La peur de l’invasion allemande et les problèmes de famines liées aux ravageurs de cultures ont alors modifié la perception qu’Elton se faisait des phénomènes de colonisations. C’est ainsi qu’est apparue, quelques années après la guerre et comme discipline à part entière, la biologie de l’invasion.
Dans le milieu marin, la plupart des invasions ayant un effet sur la biodiversité sont connues pour affecter l’abondance et le changement d’habitats des espèces natives. Cette compression de niche met en évidence la compétition présente entre les espèces natives et les espèces envahissante mais l’exclusion compétitive, c’est-à-dire l’extinction locale d’une espèce native par une espèce envahissante plus compétitive, est assez rare. Ainsi, l’huître creuse du Pacifique (Crassostrea gigas), considérée comme envahissante, augmente la densité des populations d’espèces de l’épifaune et le taux de nourrissage d’espèces d’oiseaux. Dans la mer Wadden au Nord de l’Allemagne, le genre Crassostrea a partiellement remplacé le genre natif Mytulis et la nouvelle communauté montre une abondance, une richesse spécifique et une biomasse plus importante qu’auparavant. En milieu terrestre, la colonisation des moyennes et hautes latitudes par les angiospermes il y 140 millions d’années est un très bon exemple d’invasion ayant augmenté la diversité et la richesse spécifique. En dehors des îles, les extinctions dues à des invasions biologiques sont faibles ou inexistantes et semblent être prioritairement dues à de la prédation plutôt qu’à de la compétition.
De manière plus générale, les espèces envahissantes viennent de régions riches en espèces et envahissent des régions faibles en espèces. Cette asymétrie pourrait venir du fait que les régions à faible diversité possèdent encore des niches vacantes que des espèces originaires de milieux riches peuvent plus facilement exploiter du fait de la forte compétition présente dans leur région d’origine. Les espèces envahissantes subissent aussi des spéciations qui augmentent la diversité globale. La vision finaliste de l’invasion comme source d’extinction n’est finalement pas aussi évidente. Justement, l’auteur reprend les propos de Richardson et al. 2000 qui stipule que la facilitation de nombreuses espèces natives est souvent nécessaires aux invasions. L’accommodation correspond à la partie de la niche laissée par une espèce native et nouvellement occupée par une espèce étrangère. Cette notion inclut ainsi les concepts de facilitation et de compétition et fait directement écho au concept d’invasibilité d’une communauté évoqué dans Richardson et Pysek (2006). L’auteur évoque ainsi le fait qu’une invasion mène généralement à l’accommodation des espèces natives et à plus de spéciation, notamment des espèces envahissantes. Le processus d’accommodation augmente ainsi la diversité, la productivité et la résistance aux invasions de la communauté. Finalement, les invasions sont susceptibles d’être aussi importantes sur le développement à long terme des communautés et des écosystèmes que ne l’est la mutation vis-à-vis de l’évolution à long terme des populations et des espèces.
L’objectif de cette review est d’évoquer l’origine et les effets des invasions sur la biodiversité. La motivation principale semble être de dénoncer une idée reçue concernant les effets des invasions qui seraient nécessairement négatifs. Ce point de vue témoigne d’un certain manque d’objectivité de beaucoup de préjugés venant de xénophobie émotionnelle (écho à Brown et Sax). John Briggs raconte ici que Charles Elton, fondateur de la biologie de l’invasion, s’est vu demander de régler des problèmes de prolifération de ravageurs de cultures en Angleterre durant la seconde guerre mondiale. À l’époque, l’écologie de la succession, c’est-à-dire l’étude des changements de compositions d’espèces dans les communautés, était le principale cadre pour étudier les phénomènes de colonisation de nouvelles régions par des espèces allochtones. La peur de l’invasion allemande et les problèmes de famines liées aux ravageurs de cultures ont alors modifié la perception qu’Elton se faisait des phénomènes de colonisations. C’est ainsi qu’est apparue, quelques années après la guerre et comme discipline à part entière, la biologie de l’invasion.
Dans le milieu marin, la plupart des invasions ayant un effet sur la biodiversité sont connues pour affecter l’abondance et le changement d’habitats des espèces natives. Cette compression de niche met en évidence la compétition présente entre les espèces natives et les espèces envahissante mais l’exclusion compétitive, c’est-à-dire l’extinction locale d’une espèce native par une espèce envahissante plus compétitive, est assez rare. Ainsi, l’huître creuse du Pacifique (Crassostrea gigas), considérée comme envahissante, augmente la densité des populations d’espèces de l’épifaune et le taux de nourrissage d’espèces d’oiseaux. Dans la mer Wadden au Nord de l’Allemagne, le genre Crassostrea a partiellement remplacé le genre natif Mytulis et la nouvelle communauté montre une abondance, une richesse spécifique et une biomasse plus importante qu’auparavant. En milieu terrestre, la colonisation des moyennes et hautes latitudes par les angiospermes il y 140 millions d’années est un très bon exemple d’invasion ayant augmenté la diversité et la richesse spécifique. En dehors des îles, les extinctions dues à des invasions biologiques sont faibles ou inexistantes et semblent être prioritairement dues à de la prédation plutôt qu’à de la compétition.
De manière plus générale, les espèces envahissantes viennent de régions riches en espèces et envahissent des régions faibles en espèces. Cette asymétrie pourrait venir du fait que les régions à faible diversité possèdent encore des niches vacantes que des espèces originaires de milieux riches peuvent plus facilement exploiter du fait de la forte compétition présente dans leur région d’origine. Les espèces envahissantes subissent aussi des spéciations qui augmentent la diversité globale. La vision finaliste de l’invasion comme source d’extinction n’est finalement pas aussi évidente. Justement, l’auteur reprend les propos de Richardson et al. 2000 qui stipule que la facilitation de nombreuses espèces natives est souvent nécessaires aux invasions. L’accommodation correspond à la partie de la niche laissée par une espèce native et nouvellement occupée par une espèce étrangère. Cette notion inclut ainsi les concepts de facilitation et de compétition et fait directement écho au concept d’invasibilité d’une communauté évoqué dans Richardson et Pysek (2006). L’auteur évoque ainsi le fait qu’une invasion mène généralement à l’accommodation des espèces natives et à plus de spéciation, notamment des espèces envahissantes. Le processus d’accommodation augmente ainsi la diversité, la productivité et la résistance aux invasions de la communauté. Finalement, les invasions sont susceptibles d’être aussi importantes sur le développement à long terme des communautés et des écosystèmes que ne l’est la mutation vis-à-vis de l’évolution à long terme des populations et des espèces.
Rigueur de la review
Cette étude est plutôt claire et explique bien les différents concepts auxquels elle fait appel pour développer son propos. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une méta-analyse qui fournirait des arguments quantitatifs, les exemples cités sont nombreux et permettent de revenir sur des concepts clés de la biologie de l’invasion.
Cette étude est plutôt claire et explique bien les différents concepts auxquels elle fait appel pour développer son propos. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une méta-analyse qui fournirait des arguments quantitatifs, les exemples cités sont nombreux et permettent de revenir sur des concepts clés de la biologie de l’invasion.
Ce que cette review apporte au débat
Cette étude fournit des éléments pertinents vis-à-vis de l’origine et des effets d’une invasion biologique en critiquant l’idée reçue selon laquelle une espèce envahissante est néfaste pour les écosystèmes. Cette idée est répandue dans la littérature et dans l’esprit du grand public et certaines définitions de ce qu’est une espèce envahissante se basent sur cet impact. John Briggs cite ici des études qui ont montré que les espèces envahissantes enrichissent et stabilisent les communautés en occupant les niches vacantes.
Évoquer le contexte historique de la création de l’écologie de l’invasion permet de replacer cette discipline vis-à-vis des autres champs disciplinaires de l’écologie et notamment sa filiation avec l’écologie de la succession. Il est alors plus facile de comprendre l’origine des critiques sur l’indépendance de cette discipline et sur la notion d’espèce envahissante, notion centrale à l’écologie de l’invasion.
Cette étude fournit des éléments pertinents vis-à-vis de l’origine et des effets d’une invasion biologique en critiquant l’idée reçue selon laquelle une espèce envahissante est néfaste pour les écosystèmes. Cette idée est répandue dans la littérature et dans l’esprit du grand public et certaines définitions de ce qu’est une espèce envahissante se basent sur cet impact. John Briggs cite ici des études qui ont montré que les espèces envahissantes enrichissent et stabilisent les communautés en occupant les niches vacantes.
Évoquer le contexte historique de la création de l’écologie de l’invasion permet de replacer cette discipline vis-à-vis des autres champs disciplinaires de l’écologie et notamment sa filiation avec l’écologie de la succession. Il est alors plus facile de comprendre l’origine des critiques sur l’indépendance de cette discipline et sur la notion d’espèce envahissante, notion centrale à l’écologie de l’invasion.
Publiée il y a plus de 7 ans
par
N. Mazet.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Review : Invasion ecology: Origin and biodiversity effects
Titre de la review
Écologie de l’invasion : origine et effets sur la biodiversité
Écologie de l’invasion : origine et effets sur la biodiversité
Résumé de la review
L’objectif de cette review est d’évoquer l’origine et les effets des invasions sur la biodiversité. La motivation principale semble être de dénoncer une idée reçue concernant les effets des invasions qui seraient nécessairement négatifs. Ce point de vue témoigne d’un certain manque d’objectivité de beaucoup de préjugés venant de xénophobie émotionnelle (écho à Brown et Sax). John Briggs raconte ici que Charles Elton, fondateur de la biologie de l’invasion, s’est vu demander de régler des problèmes de prolifération de ravageurs de cultures en Angleterre durant la seconde guerre mondiale. À l’époque, l’écologie de la succession, c’est-à-dire l’étude des changements de compositions d’espèces dans les communautés, était le principale cadre pour étudier les phénomènes de colonisation de nouvelles régions par des espèces allochtones. La peur de l’invasion allemande et les problèmes de famines liées aux ravageurs de cultures ont alors modifié la perception qu’Elton se faisait des phénomènes de colonisations. C’est ainsi qu’est apparue, quelques années après la guerre et comme discipline à part entière, la biologie de l’invasion.
Dans le milieu marin, la plupart des invasions ayant un effet sur la biodiversité sont connues pour affecter l’abondance et le changement d’habitats des espèces natives. Cette compression de niche met en évidence la compétition présente entre les espèces natives et les espèces envahissante mais l’exclusion compétitive, c’est-à-dire l’extinction locale d’une espèce native par une espèce envahissante plus compétitive, est assez rare. Ainsi, l’huître creuse du Pacifique (Crassostrea gigas), considérée comme envahissante, augmente la densité des populations d’espèces de l’épifaune et le taux de nourrissage d’espèces d’oiseaux. Dans la mer Wadden au Nord de l’Allemagne, le genre Crassostrea a partiellement remplacé le genre natif Mytulis et la nouvelle communauté montre une abondance, une richesse spécifique et une biomasse plus importante qu’auparavant. En milieu terrestre, la colonisation des moyennes et hautes latitudes par les angiospermes il y 140 millions d’années est un très bon exemple d’invasion ayant augmenté la diversité et la richesse spécifique. En dehors des îles, les extinctions dues à des invasions biologiques sont faibles ou inexistantes et semblent être prioritairement dues à de la prédation plutôt qu’à de la compétition.
De manière plus générale, les espèces envahissantes viennent de régions riches en espèces et envahissent des régions faibles en espèces. Cette asymétrie pourrait venir du fait que les régions à faible diversité possèdent encore des niches vacantes que des espèces originaires de milieux riches peuvent plus facilement exploiter du fait de la forte compétition présente dans leur région d’origine. Les espèces envahissantes subissent aussi des spéciations qui augmentent la diversité globale. La vision finaliste de l’invasion comme source d’extinction n’est finalement pas aussi évidente. Justement, l’auteur reprend les propos de Richardson et al. 2000 qui stipule que la facilitation de nombreuses espèces natives est souvent nécessaires aux invasions. L’accommodation correspond à la partie de la niche laissée par une espèce native et nouvellement occupée par une espèce étrangère. Cette notion inclut ainsi les concepts de facilitation et de compétition et fait directement écho au concept d’invasibilité d’une communauté évoqué dans Richardson et Pysek (2006). L’auteur évoque ainsi le fait qu’une invasion mène généralement à l’accommodation des espèces natives et à plus de spéciation, notamment des espèces envahissantes. Le processus d’accommodation augmente ainsi la diversité, la productivité et la résistance aux invasions de la communauté. Finalement, les invasions sont susceptibles d’être aussi importantes sur le développement à long terme des communautés et des écosystèmes que ne l’est la mutation vis-à-vis de l’évolution à long terme des populations et des espèces.
L’objectif de cette review est d’évoquer l’origine et les effets des invasions sur la biodiversité. La motivation principale semble être de dénoncer une idée reçue concernant les effets des invasions qui seraient nécessairement négatifs. Ce point de vue témoigne d’un certain manque d’objectivité de beaucoup de préjugés venant de xénophobie émotionnelle (écho à Brown et Sax). John Briggs raconte ici que Charles Elton, fondateur de la biologie de l’invasion, s’est vu demander de régler des problèmes de prolifération de ravageurs de cultures en Angleterre durant la seconde guerre mondiale. À l’époque, l’écologie de la succession, c’est-à-dire l’étude des changements de compositions d’espèces dans les communautés, était le principale cadre pour étudier les phénomènes de colonisation de nouvelles régions par des espèces allochtones. La peur de l’invasion allemande et les problèmes de famines liées aux ravageurs de cultures ont alors modifié la perception qu’Elton se faisait des phénomènes de colonisations. C’est ainsi qu’est apparue, quelques années après la guerre et comme discipline à part entière, la biologie de l’invasion.
Dans le milieu marin, la plupart des invasions ayant un effet sur la biodiversité sont connues pour affecter l’abondance et le changement d’habitats des espèces natives. Cette compression de niche met en évidence la compétition présente entre les espèces natives et les espèces envahissante mais l’exclusion compétitive, c’est-à-dire l’extinction locale d’une espèce native par une espèce envahissante plus compétitive, est assez rare. Ainsi, l’huître creuse du Pacifique (Crassostrea gigas), considérée comme envahissante, augmente la densité des populations d’espèces de l’épifaune et le taux de nourrissage d’espèces d’oiseaux. Dans la mer Wadden au Nord de l’Allemagne, le genre Crassostrea a partiellement remplacé le genre natif Mytulis et la nouvelle communauté montre une abondance, une richesse spécifique et une biomasse plus importante qu’auparavant. En milieu terrestre, la colonisation des moyennes et hautes latitudes par les angiospermes il y 140 millions d’années est un très bon exemple d’invasion ayant augmenté la diversité et la richesse spécifique. En dehors des îles, les extinctions dues à des invasions biologiques sont faibles ou inexistantes et semblent être prioritairement dues à de la prédation plutôt qu’à de la compétition.
De manière plus générale, les espèces envahissantes viennent de régions riches en espèces et envahissent des régions faibles en espèces. Cette asymétrie pourrait venir du fait que les régions à faible diversité possèdent encore des niches vacantes que des espèces originaires de milieux riches peuvent plus facilement exploiter du fait de la forte compétition présente dans leur région d’origine. Les espèces envahissantes subissent aussi des spéciations qui augmentent la diversité globale. La vision finaliste de l’invasion comme source d’extinction n’est finalement pas aussi évidente. Justement, l’auteur reprend les propos de Richardson et al. 2000 qui stipule que la facilitation de nombreuses espèces natives est souvent nécessaires aux invasions. L’accommodation correspond à la partie de la niche laissée par une espèce native et nouvellement occupée par une espèce étrangère. Cette notion inclut ainsi les concepts de facilitation et de compétition et fait directement écho au concept d’invasibilité d’une communauté évoqué dans Richardson et Pysek (2006). L’auteur évoque ainsi le fait qu’une invasion mène généralement à l’accommodation des espèces natives et à plus de spéciation, notamment des espèces envahissantes. Le processus d’accommodation augmente ainsi la diversité, la productivité et la résistance aux invasions de la communauté. Finalement, les invasions sont susceptibles d’être aussi importantes sur le développement à long terme des communautés et des écosystèmes que ne l’est la mutation vis-à-vis de l’évolution à long terme des populations et des espèces.
Rigueur de la review
Cette étude est plutôt claire et explique bien les différents concepts auxquels elle fait appel pour développer son propos. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une méta-analyse qui fournirait des arguments quantitatifs, les exemples cités sont nombreux et permettent de revenir sur des concepts clés de la biologie de l’invasion.
Cette étude est plutôt claire et explique bien les différents concepts auxquels elle fait appel pour développer son propos. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une méta-analyse qui fournirait des arguments quantitatifs, les exemples cités sont nombreux et permettent de revenir sur des concepts clés de la biologie de l’invasion.
Ce que cette review apporte au débat
Cette étude fournit des éléments pertinents vis-à-vis de l’origine et des effets d’une invasion biologique en critiquant l’idée reçue selon laquelle une espèce envahissante est néfaste pour les écosystèmes. Cette idée est répandue dans la littérature et dans l’esprit du grand public et certaines définitions de ce qu’est une espèce envahissante se basent sur cet impact. John Briggs cite ici des études qui ont montré que les espèces envahissantes enrichissent et stabilisent les communautés en occupant les niches vacantes.
Évoquer le contexte historique de la création de l’écologie de l’invasion permet de replacer cette discipline vis-à-vis des autres champs disciplinaires de l’écologie et notamment sa filiation avec l’écologie de la succession. Il est alors plus facile de comprendre l’origine des critiques sur l’indépendance de cette discipline et sur la notion d’espèce envahissante, notion centrale à l’écologie de l’invasion.
Cette étude fournit des éléments pertinents vis-à-vis de l’origine et des effets d’une invasion biologique en critiquant l’idée reçue selon laquelle une espèce envahissante est néfaste pour les écosystèmes. Cette idée est répandue dans la littérature et dans l’esprit du grand public et certaines définitions de ce qu’est une espèce envahissante se basent sur cet impact. John Briggs cite ici des études qui ont montré que les espèces envahissantes enrichissent et stabilisent les communautés en occupant les niches vacantes.
Évoquer le contexte historique de la création de l’écologie de l’invasion permet de replacer cette discipline vis-à-vis des autres champs disciplinaires de l’écologie et notamment sa filiation avec l’écologie de la succession. Il est alors plus facile de comprendre l’origine des critiques sur l’indépendance de cette discipline et sur la notion d’espèce envahissante, notion centrale à l’écologie de l’invasion.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.