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Titre de l'article

Résistance à l'invasion dans des communautés issues de prairies expérimentales : richesse spécifique ou identité spécifique ?

Introduction à l'article

Cet article cherche à déterminer si la résistance à l'invasion d'une communauté dépend plutôt de sa richesse spécifique, ou de l'identité des espèces la composant. Il est habituellement considéré qu'une communauté constituée de nombreuses espèces était moins facile à envahir ; toutefois, les rares expériences sur le sujet ont montré que le nombre d'espèces importait peu. L'introduction définit deux cas de figure extrêmes : un environnement de petite taille avec un grand apport en ressources sera majoritairement exploité par une seule espèce, et donc régi par l'identité de celle-ci, tandis qu'un grand environnement ayant moins de ressources dépendra de sa richesse spécifique. La question de l'article est de comprendre, dans un environnement réel (donc n'étant ni le premier extrême, ni le second), de quels paramètres dépendent l'identité, le nombre et le succès des espèces invasives. Dans le cadre de cette controverse, l'identité se rapporte à la richesse fonctionnelle.

Expériences de l'article

L'expérimentation porte sur 6 blocs de 20m sur 20m, chacun divisé en 3 bandes de 5m sur 18m, chacune divisée en 12 carrés de 3m sur 3m de terrain cultivé. Par bloc, sur chaque bande, sont appliqués 3 traitements à la chaux différents (2 traitements et un contrôle). Par carré, dans chaque bande, 12 types de graines différents sont semés : 4 carrés contiennent des plantes pérennes en monoculture ; 6 carrés, un mélange de 2 espèces ; 1 carré, un mélange de 4 espèces ; 1 carré, un mélange de 80 espèces herbacées. Ainsi, 4 niveaux de richesse spécifique initiale sont représentés. L'expérience est conduite pendant 8 ans ; chaque année (sauf une), une récolte suivie d'une mesure de biomasse sont effectués. A la fin de l'expérience, un relevé de richesse spécifique est effectué.

Résultats de l'article

Les 4 carrés semés en monoculture sont envahis par au moins deux autres espèces. Les 6 carrés contenant un mélange de 2 espèces et le carré contenant un mélange de 4 espèces montrent la dominance d'une espèce sur les autres. Le carré contenant un mélange de 80 espèces herbacées montre une dominance des annuelles la première année, puis une dominance des pérennes les autres années, la dominance suivant le même patron que dans les 7 carrés sus-cités. Le traitement à la chaux entraîne plus d'invasions, tandis que la présence de l'espèce dominante fait diminuer le nombre d'invasions. Ainsi, dans ce cas de figure, la richesse fonctionnelle est plus importante que la richesse spécifique pour déterminer des patrons d'invasion.

Rigueur de l'article

Les expérimentations sont satisfaisantes du point de vue de la répétabilité et des contrôles. Toutefois, la distance entre les différents carrés pourrait laisser penser à une "invasion" (au sens utilisé dans l'article, donc "présence d'une espèce non-semée au départ") facilitée d'un carré à l'autre. L'hypothèse nulle "l'invasion sur un carré est affectée par le traitement des carrés voisins" a été testée, mais les résultats obtenus ne sont pas statistiquement significatifs. Il aurait été intéressant d'avoir les résultats du test de l'hypothèse nulle "l'invasion sur un carré n'est pas affectée par le traitement des carrés voisins". La formulation de l'hypothèse nulle laisse supposer un a priori sur les résultats du test, donc un biais.

Ce que cet article apporte au débat

Cet article apporte une réponse claire au débat. Dans le cas où les invasions sur un terrain semé d'herbacées et de plantes pérennes doivent être régulées (que ce soit pour augmenter leur nombre ou le diminuer, ou pour modifier la nature des espèces invasives), la richesse fonctionnelle est un paramètre plus impactant que la richesse spécifique. Dans le cadre de cette controverse, l'expérience pourrait être replacée dans un contexte de conservation : la richesse fonctionnelle pourrait donc être plus utilisée que la richesse spécifique dans certains cas de régulation.

Remarques sur l'article

Cet article date de 1999 ; il est donc possible que certains résultats aient pu être réactualisés.

Publiée il y a plus de 8 ans par A. Orsoni et L. Clavareau.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Article : Invasion-resistance in experimental grassland communities: species richness or species identity?
  • 2
  • Auteurs
    Michael J. Crawley, Susan L. Brown, Matt S. Heard, and Grant R. Edwards
  • Année de publication
    1999
  • Journal
    Ecology Letters
  • Abstract (dans sa langue originale)

    The question as to why some communities are more invasible than others has profound implications for conservation biology and land management. The theoretical issues involved go right to the heart of our understanding of species coexistence and community assembly. The experiment reported here indicates that for productive, small-scale grassland plots, species identity matters more than species richness in determining both the number of invading species and the total biomass of invasives.

  • Identifiant unique
    10.1046/j.1461-0248.1999.00056.x
  • Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    Richesse spécifique ou richesse fonctionnelle, quel est le meilleur plan d'attaque en conservation ?
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