Habitat loss is a primary threat to biodiversity across the planet, yet contentious debate has ensued on the importance of habitat fragmentation ‘per se’ (i.e., altered spatial configuration of habitat for a given amount of habitat loss). Based on a review of landscape-scale investigations, Fahrig (2017; Ecological responses to habitat fragmentation per se. Annual Review of Ecology, Evolution, and Systematics 48:1-23) reports that biodiversity responses to habitat fragmentation ‘per se’ are more often positive rather than negative and concludes that the widespread belief in negative fragmentation effects is a ‘zombie idea’. We show that Fahrig's conclusions are drawn from a narrow and potentially biased subset of available evidence, which ignore much of the observational, experimental and theoretical evidence for negative effects of altered habitat configuration. We therefore argue that Fahrig's conclusions should be interpreted cautiously as they could be misconstrued by policy makers and managers, and we provide six arguments why they should not be applied in conservation decision-making. Reconciling the scientific disagreement, and informing conservation more effectively, will require research that goes beyond statistical and correlative approaches. This includes a more prudent use of data and conceptual models that appropriately partition direct vs indirect influences of habitat loss and altered spatial configuration, and more clearly discriminate the mechanisms underpinning any changes. Incorporating these issues will deliver greater mechanistic understanding and more predictive power to address the conservation issues arising from habitat loss and fragmentation.
Titre de la review
La fragmentation des habitats est elle positive pour la biodiversité ?
La fragmentation des habitats est elle positive pour la biodiversité ?
Résumé de la review
Les auteurs discutent dans cette revue d’un papier de Fahrig (2017). Cette dernière, à la suite d’une revue des résultats de différentes études, conclut que lorsque la fragmentation à un effet significatif sur la biodiversité, celui-ci est positif. De plus, Fahrig trouve également que l’effet de la quantité d’habitat est largement supérieur à celui de la fragmentation. Le but de cette revue est donc de discuter des méthodes utilisées par Fahrig pouvant biaiser ses conclusions, et de souligner des aires de consensus dans le débat sur les effets de la fragmentation.
La première critique pouvant être émise à l’encontre de Fahrig est sa méthode de sélection d’articles, jugée incomplète et ne fournissant pas suffisamment de preuves pouvant réfuter les effets négatifs de la fragmentation. En effet, cette dernière utilise plusieurs critères réduisant fortement le nombre d’articles inclus dans sa revue, mais traitant pourtant de la fragmentation dans la littérature. La sélection concerne seulement les articles comprenant le mot « fragmentation » dans leurs titres ou mots clé, traitant la fragmentation à l’échelle du paysage et comme effet indépendant de la perte d’habitat. Les effets de la fragmentation à l’échelle de la parcelle (changement de configuration ou éventuels changements de dynamique entre les organismes) ne sont pas pris en compte. De plus, les effets sont simples (négatifs / positifS) ou neutres, aucun modèle plus complexe n’est inclus.
Un autre point critiqué par les auteurs est la méthode, biaisée, de comptage des effets significatifs de la fragmentation :
De plus, les effets temporels de la fragmentation ne sont jamais mesurés, cette dernière pourrait avoir un effet bénéfique sur le court terme, mais négatif sur le plus long terme. Les auteurs mettent en évidence de nombreuses études menées sur des métapopulations montrant des effets négatifs de la fragmentation (augmentation des taux d’extinctions, baisse de la colonisation, etc.). L’étude de la fragmentation ne devrait donc pas se limiter à l’échelle d’une communauté ou d’une population sur le temps court.
Cette revue mène donc les auteurs à conclure que les résultats de Fahrig ne devraient pas être utilisés pour guider la gestion et la conservation de la biodiversité pour plusieurs raisons (les changements de quantité d’habitats et configuration de l’espace sont colinéaires et ne peuvent pas être traités indépendamment résultats se concentrant sur la richesse d’espèces, or la composition faunique peut être importante pour la conservation ; etc.)
Plusieurs zones de consensus sont tout de même soulignées : de petites parcelles peuvent avoir de la valeur pour la conservation de la biodiversité, et la fragmentation peut mener à une réponse positive. Cependant, Fahrig fournit des preuves insuffisantes pour conclure que les effets de la fragmentation sont largement positifs. Les auteurs préconisent une meilleure discrimination des mécanismes impactant la biodiversité, et d’inclure des modèles mécanistiques dans les futures études pour mieux comprendre les effets de la fragmentation.
Les auteurs discutent dans cette revue d’un papier de Fahrig (2017). Cette dernière, à la suite d’une revue des résultats de différentes études, conclut que lorsque la fragmentation à un effet significatif sur la biodiversité, celui-ci est positif. De plus, Fahrig trouve également que l’effet de la quantité d’habitat est largement supérieur à celui de la fragmentation. Le but de cette revue est donc de discuter des méthodes utilisées par Fahrig pouvant biaiser ses conclusions, et de souligner des aires de consensus dans le débat sur les effets de la fragmentation.
La première critique pouvant être émise à l’encontre de Fahrig est sa méthode de sélection d’articles, jugée incomplète et ne fournissant pas suffisamment de preuves pouvant réfuter les effets négatifs de la fragmentation. En effet, cette dernière utilise plusieurs critères réduisant fortement le nombre d’articles inclus dans sa revue, mais traitant pourtant de la fragmentation dans la littérature. La sélection concerne seulement les articles comprenant le mot « fragmentation » dans leurs titres ou mots clé, traitant la fragmentation à l’échelle du paysage et comme effet indépendant de la perte d’habitat. Les effets de la fragmentation à l’échelle de la parcelle (changement de configuration ou éventuels changements de dynamique entre les organismes) ne sont pas pris en compte. De plus, les effets sont simples (négatifs / positifS) ou neutres, aucun modèle plus complexe n’est inclus.
Un autre point critiqué par les auteurs est la méthode, biaisée, de comptage des effets significatifs de la fragmentation :
De plus, les effets temporels de la fragmentation ne sont jamais mesurés, cette dernière pourrait avoir un effet bénéfique sur le court terme, mais négatif sur le plus long terme. Les auteurs mettent en évidence de nombreuses études menées sur des métapopulations montrant des effets négatifs de la fragmentation (augmentation des taux d’extinctions, baisse de la colonisation, etc.). L’étude de la fragmentation ne devrait donc pas se limiter à l’échelle d’une communauté ou d’une population sur le temps court.
Cette revue mène donc les auteurs à conclure que les résultats de Fahrig ne devraient pas être utilisés pour guider la gestion et la conservation de la biodiversité pour plusieurs raisons (les changements de quantité d’habitats et configuration de l’espace sont colinéaires et ne peuvent pas être traités indépendamment résultats se concentrant sur la richesse d’espèces, or la composition faunique peut être importante pour la conservation ; etc.)
Plusieurs zones de consensus sont tout de même soulignées : de petites parcelles peuvent avoir de la valeur pour la conservation de la biodiversité, et la fragmentation peut mener à une réponse positive. Cependant, Fahrig fournit des preuves insuffisantes pour conclure que les effets de la fragmentation sont largement positifs. Les auteurs préconisent une meilleure discrimination des mécanismes impactant la biodiversité, et d’inclure des modèles mécanistiques dans les futures études pour mieux comprendre les effets de la fragmentation.
Rigueur de la review
La majorité de la bibliographie utilisée dans cette revue pour appuyer les problèmes soulevés dans l'analyse de Fahrig sont des études menées par les auteurs de la revue. Un biais d'objectivité quant à certaines critiques émises peut donc être souligné.
La majorité de la bibliographie utilisée dans cette revue pour appuyer les problèmes soulevés dans l'analyse de Fahrig sont des études menées par les auteurs de la revue. Un biais d'objectivité quant à certaines critiques émises peut donc être souligné.
Ce que cette review apporte au débat
Cette revue tente d'apporter une zone de consensus concernant la question des effets de la fragmentation sur la biodiversité, et propose des perspectives d'études pour comprendre pourquoi et quand la fragmentation des habitats a lieu, comment elle interagit avec les autres changements induits par l'activité anthropique, et dans quelle situation ses effets peuvent être positifs. Répondre à ces questions est essentiel pour améliorer la gestion et la conservation de la biodiversité.
Cette revue tente d'apporter une zone de consensus concernant la question des effets de la fragmentation sur la biodiversité, et propose des perspectives d'études pour comprendre pourquoi et quand la fragmentation des habitats a lieu, comment elle interagit avec les autres changements induits par l'activité anthropique, et dans quelle situation ses effets peuvent être positifs. Répondre à ces questions est essentiel pour améliorer la gestion et la conservation de la biodiversité.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.