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Titre de l'article

Rôle clé de l'énergie nucléaire dans la conservation de la diversité globale

Introduction à l'article

La consommation d’énergie a augmenté dans le dernier siècle et, actuellement, la majeure partie provenant des énergies fossiles (>80%). Cependant ces sources de production ne sont ni durables et produisent quantité de déchets atmosphériques ou terrestres, ce qui a des répercussions sur le climat, sur l’environnement et la biodiversité. Parmi les énergies non fossiles, les barrages électriques sont les plus répandus (15.8%), suivi des centrales nucléaires (11.7%), de l’éolien (2%) et d'autres types de productions (<3%). Aucune de ces manières de productions d’énergie n’est parfaite, cependant, il est possible de déterminer celle(s) qui présente(nt) les meilleurs compromis entre impact climatique (émission de gaz à effet de serre) et environnemental (pollution), occupation du sol (fragmentation de l'habitat, pollution), risques associés et efficacité (coût et quantité d’électricité produite).

Expériences de l'article

Les auteurs ont effectué une analyse de prise de décision multicritères (MCMD) des 7 sources majeures génératrices d’électricité (le charbon, le gaz, le nucléaire, l’énergie provenant de la biomasse, l’éolien, l’énergie photovoltaïque et l’énergie hydraulique). Les indicateurs utilisés étaient principalement d’ordres environnemental et économique. Des rangs aléatoires ont été attribués à ces différents facteurs (émissions de CO2, prix de maintenance, occupation du sol,…). Des ratios coût-bénéfice ont été calculés pour chaque type de production d’électricité et les types d’énergies présentant les meilleurs compromis entre les différents facteurs ont été déterminés.

Résultats de l'article

Il n’y a pas de source d’énergie optimale. Toutes les énergies fossiles sans exception présentent de très mauvais résultats en ce qui concerne les facteurs environnementaux (émissions de GAS, pollution,…). Parmi les énergies renouvelables, qui toutes émettent bien moins que les énergies fossiles, mais des problèmes d’occupation du sol se posent régulièrement. Les deux énergies possédant les ratios coût-bénéfice les plus intéressants sont l’éolien (rang de 2.3) et le nucléaire (rang de 1.0). Les auteurs se concentrent ensuite sur le nucléaire et expliquent en quoi la nouvelle génération (IV) de réacteurs pourrait résoudre des problèmes de sécurité, de traitement de déchets tout en conservant les avantages déjà existants : peu d’émissions de GAS, peu d’occupation du sol, très bon rendement et coût modéré. Ils mettent en avant le caractère exceptionnel des grandes catastrophes nucléaires telles Tchernobyl ou Fukushima en pointant du doigt l’ancienneté des réacteurs à l’origine de ces évènements.

Rigueur de l'article

Cet article, bien qu'argumenté et assez rigoureux dans la méthodologie, présente peu les résultats chiffrés de son analyse. De plus, comme le précisent les auteurs, il est centré sur l'énergie nucléaire, qui selon leurs conclusions, reste une solution en accord avec la conservation de la biodiversité. Cependant, comme ils le précisent eux-mêmes, l'éolien présente un ratio coût-bénéfice similaire à celui du nucléaire. Et très peu d'informations sont données sur ce point. Ce qui est dommage car une comparaison directe ente les deux aurait pu être très pertinente et éclairer un point qui semble omis de manière consciente pour "mettre en valeur" l'énergie nucléaire.

Ce que cet article apporte au débat

Ce qui est intéressant avec cet article, est le fait de comparer toutes les sources d'énergies utilisées à ce jour et d'essayer de faire un point sur leurs impact sur la biodiversité de la manière la plus objective que possible. Leur analyse révèle que l'éolien est bien considérée comme une énergie que l'on peut associer avec la préservation de biodiversité.

Remarques sur l'article

Cet article, comme précisé plus haut fait une apologie argumentée de l'énergie nucléaire. Cependant, elle soulève des points intéressants. A savoir, que la volonté de rejeter totalement le nucléaire et de développer des énergies "vertes" implique que, dans l'intervalle de temps nécessaire à ce que ces énergies puissent produire 100% de l'électricité utilisée dans une région du globe, un retour aux énergies fossiles est nécessaire. Ainsi, l'exclusion totale du nucléaire n'est pas judicieux d'un point de vu purement environnemental (pour les émissions de GAS, les pollutions relatives aux énergies fossiles,...).

Publiée il y a plus de 5 ans par I. Le gouëllec frohnmaier et Jérémy QD.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Article : Key role for nuclear energy in global biodiversity conservation