Les animaux ne sont pas condamnés à une routine des usages. Les plus complexes d'entre eux sont dotés d'une capacité à innover
cognitivement, c'est à dire à acquérir une ou plusieurs procédures cognitives inédites par rapport aux collectifs dans lesquels ils
évoluent. L'article discute les travaux récents, naturalistes ou expérimentaux qui décrivent des changements cognitifs chez
l'animal ou qui essaient d'en rendre compte. Les études sur les capacités linguistiques des grands singes ou sur l'usage d'outils chez l'animal sont particulièrement intéressants dans cette perspective. Ces travaux conduisent à s'interroger sur le rôle de
certaines communautés particulières de partage de sens, d'intérêts et d'affects dans l'écologie cognitive de l'animal, et sur la possibilité d'élaborer une histoire naturelle de la culture d'un point de vue cognitif.
Titre de la review
L'innovation cognitive dans des communautés hybrides homme/animal de partage de sens, d'intérêts et d'affects
L'innovation cognitive dans des communautés hybrides homme/animal de partage de sens, d'intérêts et d'affects
Résumé de la review
L'auteur de cette review, Dominique Lestel, est un philosophe et ethnologue Français, et c'est avec ce regard qu'il donne ici son point de vue, tout en se basant sur des articles scientifiques, sur la question de la culture animale.
Son analyse porte sur la culture animale au sens large pour des communautés vivants dans des milieux hybrides Hommes/animaux (ex : zoos), mais je vais me centrer sur la partie dans laquelle il discute du langage.
Les transformations cognitives des primates dans les zoos constituent une première occurrence d'innovation cognitive interspécifique dans laquelle l'humain joue un rôle essentiel. Aucune étude systématique n'en a pourtant été faite, même si les anecdotes rapportées abondent. H. Kummer (1993) en rapporte certaines (ex: comportements lesbiens, gestes d'affections comme l'enroulement des queus non observés à l'état naturel, jeux même adulte...) qu'il explique par** l'influence de milieux artificiels plus stimulants que les environnements naturels, par une nourriture assurée et une crainte inexistante des prédateurs.**
D. Lestel rapporte également les travaux de plusieurs scientifiques (Hockett (1958), Hockett et Altmann (1968), David Premack (1970)...) qui essayèrent d'enseigner un langage "Humain" à des singes. Mais ces tests se trouvent peu concluants. Quelques unes de ses difficultés proviennent du décalage qui existe entre ses aspirations rigoristes et la volonté du chimpanzé de s'engager au contraire dans des comportements plus communautaires et affectifs.
D'après D. Lestel, les primates sont des systèmes cognitifs ouverts susceptibles de se modifier considérablement dans les interactions
sociales ou matérielles, et qui en montrent le désir. Ceci les rend particulièrement aptes à être des partenaires fonctionnels pour l'humain. De manière générale, les relations Homme / animal deviennent rapidement personnalisées. Dans un premier temps, l'Homme et l'animal apprennent à se tolèrer. Le point important de cette relation est sa dimension temporelle, qui se développe autour d'une histoire partagée qui prime sur la cognition individuelle de ceux qui y sont engagés. En d'autres termes, la communication requiert une familiarisation commune.
Enfin, il conclu par la phrase suivante : Plus concisément, le comportement culturel de l'animal se transforme dans ses relations avec l'humain. A travers ce dernier, les animaux accèdent à l'histoire.
L'auteur de cette review, Dominique Lestel, est un philosophe et ethnologue Français, et c'est avec ce regard qu'il donne ici son point de vue, tout en se basant sur des articles scientifiques, sur la question de la culture animale.
Son analyse porte sur la culture animale au sens large pour des communautés vivants dans des milieux hybrides Hommes/animaux (ex : zoos), mais je vais me centrer sur la partie dans laquelle il discute du langage.
Les transformations cognitives des primates dans les zoos constituent une première occurrence d'innovation cognitive interspécifique dans laquelle l'humain joue un rôle essentiel. Aucune étude systématique n'en a pourtant été faite, même si les anecdotes rapportées abondent. H. Kummer (1993) en rapporte certaines (ex: comportements lesbiens, gestes d'affections comme l'enroulement des queus non observés à l'état naturel, jeux même adulte...) qu'il explique par** l'influence de milieux artificiels plus stimulants que les environnements naturels, par une nourriture assurée et une crainte inexistante des prédateurs.**
D. Lestel rapporte également les travaux de plusieurs scientifiques (Hockett (1958), Hockett et Altmann (1968), David Premack (1970)...) qui essayèrent d'enseigner un langage "Humain" à des singes. Mais ces tests se trouvent peu concluants. Quelques unes de ses difficultés proviennent du décalage qui existe entre ses aspirations rigoristes et la volonté du chimpanzé de s'engager au contraire dans des comportements plus communautaires et affectifs.
D'après D. Lestel, les primates sont des systèmes cognitifs ouverts susceptibles de se modifier considérablement dans les interactions
sociales ou matérielles, et qui en montrent le désir. Ceci les rend particulièrement aptes à être des partenaires fonctionnels pour l'humain. De manière générale, les relations Homme / animal deviennent rapidement personnalisées. Dans un premier temps, l'Homme et l'animal apprennent à se tolèrer. Le point important de cette relation est sa dimension temporelle, qui se développe autour d'une histoire partagée qui prime sur la cognition individuelle de ceux qui y sont engagés. En d'autres termes, la communication requiert une familiarisation commune.
Enfin, il conclu par la phrase suivante : Plus concisément, le comportement culturel de l'animal se transforme dans ses relations avec l'humain. A travers ce dernier, les animaux accèdent à l'histoire.
Rigueur de la review
Dans cette review, l'auteur évoque semble avoir un parti pris dès le départ, ce qui peut diminuer l'objectivité de la review. Toutefois, il cite des auteurs de points de vue différents et s'arme d'arguments référencés.
Dans cette review, l'auteur évoque semble avoir un parti pris dès le départ, ce qui peut diminuer l'objectivité de la review. Toutefois, il cite des auteurs de points de vue différents et s'arme d'arguments référencés.
Ce que cette review apporte au débat
Cette review est intéressante car nous avons le point de vue d'un ethnologue / philosophe, qui apporte un nouveau regard à cette problématique. Il considère le langage corporel et la compréhension mutuelle (même sans son) comme une communication à part entière qu'il est nécessaire de prendre en compte.
Cette review est intéressante car nous avons le point de vue d'un ethnologue / philosophe, qui apporte un nouveau regard à cette problématique. Il considère le langage corporel et la compréhension mutuelle (même sans son) comme une communication à part entière qu'il est nécessaire de prendre en compte.
Dernière modification il y a plus de 10 ans.