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Titre de la review

La gestion conservatoire des écosystèmes herbacés par le pâturage extensif : une contribution importante au maintien de la diversité fongique fimicole.

Résumé de la review

Dans la plupart des écosystèmes terrestres naturels, des grands herbivores sont présents et assurent un rôle décisif. Ils contribuent à ralentir la dynamique de la végétation allant même jusqu’à contrer le processus de boisement et de fermeture du milieu, notamment par leur activité lignivore. Mais en Europe, où ces grands herbivores (tels que le bison européen, l'élan ou encore le cerf élaphe) ont été chassés par l’Homme, leur action a été perdue empêchant ainsi la mise en place d’écosystèmes complexes et instables comprenant simultanément des stades ouverts et fermés. Les milieux se ferment et la figure d’une forêt dense et stable devient le nouveau symbole de la nature sauvage, oubliant ainsi que ce climax n’est que le résultat de l’évolution d’un système déréglé. Ainsi, le rôle des herbivores a été oublié peu à peu et les stades ouverts ont été associés à un état plus artificiel que les stades fermés, alors que ces milieux maintenus ouverts par un pâturage extensif sont probablement les plus proches des milieux naturels d’origine. Or, cet oubli du rôle des herbivores pousse à laisser à l'abandon ou à reboiser les terrains où l’agriculture n’est pas possible, et lorsque que cette dernière est possible, les terrains sont surexploités et donc détruits. Les milieux ouverts naturels ou quasi naturels auxquels sont associés une grande diversité et importance fonctionnelle sont menacés. Mais grâce aux nouvelles mesures de gestion conservatoire prises sur les trente dernières années, le rôle des herbivores est finalement revalorisé et les milieux ouverts sont maintenus en état grâce à leurs actions. Effectivement, ces mesures de gestion s’appuient soit sur des élevages spécifiques utilisant une faible pression de pâturage et des cheptels constitués d’espèces rustiques et mixtes soit en réintroduisant directement des herbivores adaptés aux conditions du milieu.
Différents niveaux de biodiversité sont associés aux grands herbivores avec une dépendance plus ou moins forte. La figure 1 représente ces différents niveaux de biodiversité en les classant en 7 catégories de dépendance décroissante : (1) Guilde des herbivores, (2) Endocénose symbiotique, (3) Parasites, (4) Synusies, (5) Prédateurs, (6) Mécronoses d’induction indirectes, (7) Biocénoses associées aux micros biotopes créées par l’herbivore. Les catégories 3, 4, 6 et 7 impliquent la participation des Mycètes. La figure 2 permet d’apporter le détail de la dépendance des synusies (catégorie 4) aux herbivores. Cette figure montre que les synusies coprophiles sont associées aux restitutions quotidiennes des herbivores (fèces) alors que les synusies nécrophiles sont associées aux restitutions finales (cadavres). Parmi les synusies coprophiles attirées par la ressource que constituent les fèces, il y a un certain nombre de Mycètes spécifiques appelées espèces fimicoles (associées au fumier) dont la conservation est souvent négligée par les gestionnaires lors de la protection des milieux. Pourtant, les champignons fimicoles représentent une communauté très diversifiée qui est spécifique aux herbivores. Ainsi la présence de pâturages extensifs de cheptels d’herbivores diversifiés permet d’obtenir une diversité fongique très importante et donc une très large gamme de recycleurs permettant à l'écosystème d’être totalement fonctionnel.
Gérer les milieux grâce au pâturage extensif permet donc de conserver des milieux ouverts, reconstituant ainsi la diversité naturelle des paysages et préservant la diversité associée aux grands herbivores. Les herbivores s’avèrent être l’outil le plus naturel et efficace à la disposition des gestionnaires pour maintenir les écosystèmes à leur plus haut niveau de diversité.

Rigueur de la review

Les conséquences du pâturage extensif sont seulement mis en valeur sur la diversité des espèces fimicoles et non pas sur les espèces des autres catégories associées positivement ou négativement aux grands herbivores.

Ce que cette review apporte au débat

Cet article montre que le maintien des milieux ouverts par les gestionnaires est devenu nécessaire dès lors que les grands herbivores ont été éliminés des écosystèmes et sont donc absents pour assurer leur rôle. Ainsi, cet article permet de rappeler que le stade climacique n’est qu’un artefact et qu’il n’est en rien l’expression d’un grand niveau de naturalité. La gestion des milieux par l’utilisation du pâturage extensif est en réalité bien plus proche de l’état naturel des écosystèmes et elle permet d’assurer leur bon fonctionnement ainsi qu’un haut niveau de diversité.

Publiée il y a plus de 5 ans par N. Gil.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Review : La gestion conservatoire des écosystèmes herbacés par le pâturage extensif : une contribution importante au maintien de la diversité fongique fimicole
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  • Auteurs
    Thierry LECOMPTE
  • Année de publication
    2008
  • Journal
    Bulletin mycologique et botanique Dauphiné-Savoie
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Les champignons fimicoles, plus encore que les autres groupes de Mycota sont relativement négligés et de ce fait ne bénéficient pas d’attention particulière dans la plupart des plans de gestion des espaces protégés dédiés pourtant à la conservation de la biodiversité.
    Ils représentent cependant un nombre importants d’espèces y compris à valeur patrimoniale et apportent aux écosystèmes qu’ils fréquentent une plus value fonctionnelle. Ils sont liés aux fèces d’animaux, en particulier ceux des grands herbivores de diverses espèces, utilisés par les gestionnaires d’espaces protégés comme facteur écologique antagoniste de la dynamique de végétation afin de conserver des mosaïques de milieux ouverts et semi-ouverts favorables à des pans entiers de biodiversité dont les Mycota en général et les espèces fimicoles en particulier constituent une des expressions.
    La gestion pratiquée par le pâturage sur deux espaces protégés du Marais Vernier (Haute-Normandie, Eure) constitue un exemple de prise en compte de ce groupe.
    Des modes de gestion mécanique comme la fauche, parfois préconisée pour des segments étroits mais plus spectaculaires de biodiversité (c’est-à-dire qui attirent le plus souvent l’attention par leur taille, leurs couleurs ou leur formes), leur sont fortement défavorables.

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    La gestion conservatoire des milieux : un acte contre-nature face aux changements globaux ?
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