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Titre de l'article

La nuisibilité directe des adventices en grandes cultures : Quelles réponses nous apportent les essais désherbage ?

Introduction à l'article

Les adventices sont les plantes qui se développent spontanément dans les milieux modifiés par l'Homme et qui de ce fait gênent les activités agricoles. Il existe trois types de nuisibilité : primaire directe, primaire indirecte et secondaire. L'article ne traite que de la nuisibilité primaire directe qui correspond à la compétition ou à la réduction par allélopathie de la croissance et du développement de la plante cultivée. Cette compétition pour les ressources dépend de la quantité de ressources disponibles, de la durée de co-occurrence des individus, du nombre et de la capacité des adventices à prélever ces ressources.
Si il existe des estimations de pertes de rendement pour le blé et d'autres céréales, il n'existe aucune étude globale sur le colza et le tournesol. L’objectif de ce travail a donc été d’étudier les différences de rendements entre des parcelles non désherbées et désherbées chimiquement et d’identifier des liens de causalités avec la flore adventice.

Expériences de l'article

Pour cette étude, 110 essais « désherbage » menés en France entre 1993 et 2015 ont été compilé (63 essais sur blé tendre d'hiver, 29 sur le colza et 18 sur le tournesol). Un essai « désherbage » consiste en une expérimentation testant sur 1 an différents programmes herbicides. Il se compose d'un ensemble de parcelles traitées (=T) et d'au moins une témoin non traité (TNT). L’abondance totale des adventices (nombre d’individus par m²) est quantifiée par dénombrement sur des échantillons de 4 à 8 blocs (0,25 m²) choisis aléatoirement. L'efficacité du désherbage (en %) est quantifié en comparant les rendements (en q/ha) des T aux TNT.
La différence de rendement entre les TNT et les T est calculée par bloc à partir d’un modèle linéaire prenant en compte l’effet bloc et l’effet traitement. Un effet global a également été approché pour l’ensemble des essais d’une même culture. L’interprétation se fait comme un test statistique classique au seuil de 5%. L'ensemble des données ont été traités sur R.

Résultats de l'article

92% des essais en blé tendre d’hiver (i.e. tous sauf 5) indiquent une perte de rendement lorsque la parcelle n’est pas traitée. La perte de rendement va de -0,8 q/ha à -64 q/ha avec une moyenne de -26 q/ha.
51% des essais en colza indiquent une perte de rendement lorsque la parcelle n’est pas traitée. La perte de rendement se situe entre -12,4 q/ha et 3,8 q/ha avec une moyenne de -3,5 q/ha.
61% des essais en tournesol indiquent une perte de rendement lorsque la parcelle n’est pas traitée. La perte de rendement se situe entre -14,5 q/ha et 0,04 q/ha avec une moyenne de 4,1 q/ha.
Globalement l’ensemble des essais mettent en évidence une perte de rendement.
Aucun essais ne présente de gain de rendement significatif, même si quelques parcelles traitées ont un rendement inférieur aux TNT. On observe toutefois une forte variabilité des valeurs estimées qui peut s'expliquer par la différence de gamme des traitements testés et de leur efficacité, des espèces présentes, leurs densités...

Rigueur de l'article

Auto-critique de l'article
Afin de s'approcher au maximum des cas réel, la flore adventice présente n’a pas été ni sélectionnée, ni semée,
contrairement à la majorité des études réalisées pour caractériser la compétition.
Cependant la densité totale de plantes adventices n‘est pas un bon indicateur de nuisibilité car elle ne donne pas d’information sur la période d’émergence de la flore et donc sur la période de co-occurrence avec la culture qui est identifiée comme primordiale. Même s’ils sont chronophage, la biomasse produite ou la surface foliaire relative ont été identifiées comme meilleur prédicteur de la nuisibilité que la densité car elles traduisent mieux le rapport de force entre la culture et la mauvaise herbe dans la capture et la transformation des ressources en biomasse.

Ce que cet article apporte au débat

L'article nous informe sur la perte des rendements des cultures à cause de la compétitions par les adventices. Il informe également sur les différents types de nuisibilité des adventices sur les cultures. A savoir la nuisibilité primaire directe (compétition et réduction par allélopathie de la croissance de la plante cultivée), la nuisibilité primaire indirecte (quand les plantes
adventices diminuent l’état sanitaire de la culture ou la qualité de la récolte ou augmentent le coût
des travaux culturaux…) et la nuisibilité secondaire (quand les plantes adventices grainent et
réalimentent le stock semencier du sol, pouvant conduire à amplifier la nuisibilité les années
suivantes).

Remarques sur l'article

L'article est centré sur l'agriculture et sur les rendements des récoltes, il ne rend donc pas compte de la totalités de ses effets sur l'agriculture.

Publiée il y a plus de 6 ans par F. Nesme.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Article : La nuisibilité directe des adventices en grandes cultures : quelles réponses nous apportent les essais désherbage ?
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  • Auteurs
    S. CORDEAU & al
  • Année de publication
    2016
  • Journal
    23eme conférence du COLUMA - Journées internationales sur la lutte contre les mauvaises herbes
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Les adventices des cultures sont des plantes qui se caractérisent par des contraintes (aspects négatifs) qui sont supérieures aux services (aspects bénéfiques) qu’elles peuvent produire dans l’agrosystème. Même si peu d’études contestent leur nuisibilité directe, les mauvaises herbes agissant comme un compétiteur pour les ressources, et ces ressources étant spatialement et temporellement dynamiques, il est difficile de généraliser tant la variabilité de la nuisibilité directe est grande. Cette étude a analysé 110 essais désherbage (témoins non traités vs. une large gamme de parcelles traitées), menés en France de 1993 à 2015 sur trois grandes cultures annuelles : blé tendre d’hiver, colza d’hiver et tournesol. En blé, 92% des essais montrent une perte significative de rendement (en moyenne -26 q/ha sur tous les essais), 51% en colza (en moyenne -3,5 q/ha sur tous les essais) et 61% en tournesol (en moyenne -4,1 q/ha sur tous les essais). Les pertes de rendements sur colza ont été étudiées en fonction de l’infestation initiale et de l’efficacité de désherbage. Les pertes non significatives sont majoritairement dues à une faible infestation, plus qu’à une mauvaise efficacité du désherbage.

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    Les mauvaises herbes sont-elles vraiment néfastes ?
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