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Titre de l'article

L'utilisation des terres est un meilleur prédicteur de l'état des herbiers tropicaux que la protection marine

Introduction à l'article

Les plantes marines côtières fournissent des services écosystémiques importants : la séquestration du carbone, l'atténuation des vagues ou encore l'apport d'habitats à diverses espèces (e.g. poissons, invertébrés) ayant notamment un intérêt économique. De plus, les herbiers marins sont de bons indicateurs de santé des environnements marins, de pollution ainsi que de dépôt des sédiments. Cependant, ces populations sont en déclin suite aux fortes pressions exercées par les activités anthropiques.
Cette étude mesure l'importance de la protection marine par rapport à l'utilisation des terres pour préserver des communautés d'herbiers tropicaux. Les auteurs évaluent les effets indépendants et synergiques de la protection marine par rapport à l'utilisation des terres, les conditions environnementales de l'écosystème des herbiers marins, ainsi que les effets qui en résultent sur une série d'indices abiotiques et biotiques de l'état des herbiers.

Résultats de l'article

Cette étude a pour but de mesurer l'importance de l'utilisation des terres relativement à la protection marine. Trois constats sont mis en évidence : 1) les influences terrestres ont l'effet le plus important sur l'abondance et la richesse des herbiers, 2) de faibles superficies de terres agricoles sont associées à la richesse spécifique des hautes herbes marines (i.e.diversités d'herbiers ), et 3) les zones présentant un faible développement humain et les terres agricoles sont associées à une forte abondance d'herbiers.
Il y a une grande richesse en herbes marines dans les prairies où la visibilité est meilleure, une faible concentration en matière organique dans les sédiments ainsi qu'une plus grande abondance d'herbiers dans les prés où les sédiments sont composés de grains moyens .
En revanche, la protection marine a peu d'impact sur l'état des herbiers marins : il n'y a aucune différence significative.

Ce que cet article apporte au débat

Les causes humaines de perte des herbiers peuvent résulter d'activités marines directes (dragage, développement côtier et marin, perturbation de la pêche, mouillage, ancrage et aquaculture) ainsi que d'activités terrestres indirectes (charge de nutriments et de sédiments provenant de l'urbanisation terrestre, développement de l'agriculture, déforestation) Par conséquent, il est important d'envisager des stratégies à la fois marines et terrestres pour atténuer les déclins de l'état des herbiers.

  • Cet article sous-tend qu'une stratégie de conservation des terres est plus importante que la protection marine pour maintenir l'abondance des herbiers tropicaux et la richesse des espèces.
Remarques sur l'article

Selon le modèle que propose l'article :

  • si on intéresse à la richesse spécifique des herbiers, les auteurs préconisent la protection des plus grands bassins versants parce que la taille du bassin versant des herbiers marins aurait apparemment un effet plus important sur la richesse spécifique des herbiers. *
  • Si on s'intéresse à l'abondance des herbiers, ils préconisent de petites zones de développement humain et de terres agricoles, indépendamment de la taille des bassins versants.
Publiée il y a plus de 8 ans par Z. Regragui et L. Heitzmann.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Article : Land use is a better predictor of tropical seagrass condition than marine protection
  • 1
  • Auteurs
    T.E. Angela L.Quiros Don Croll Bernie Tershy Miguel D.Fortes Peter Raimondi
  • Année de publication
    2017
  • Journal
    Biological Conservation Volume 209, May 2017, Pages 454-463
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Effective coastal conservation requires a better understanding of how human activities on land may directly and indirectly affect adjacent marine communities. However, the relationship between terrestrial and marine systems has rarely been considered in terrestrial and marine reserve design. Seagrasses are affected by land-based activities due to their proximity to terrestrial systems and sensitivity to fluxes of terrestrially-derived organic and inorganic material. Our study examines how land use patterns adjacent to seagrass meadows influence the ecological integrity of seagrass using a suite of seagrass condition metrics on a landscape level across the Philippine archipelago. Using canonical correlation analysis, we measured the association between environmental variables (land use and seagrass abiotic conditions) with biotic variables (seagrass species richness and abundance). Terrestrial protection adjacent to seagrass meadows, defined as the absence of various anthropogenic land use perturbations, had significant positive effects on seagrass condition. The watershed area, and area of farmland and human development, had the most negative effect on seagrass condition. Using analysis of covariance and regression, we examined how marine protected area (MPA) establishment, size, and age, affected seagrass biotic conditions while holding environmental conditions constant. The relationship between biological and environmental canonical factors did not vary as a function of an MPA. This study provides evidence that land use is more important than marine protection for tropical seagrass condition. Our results demonstrate the complementary connection between land and sea, justifying the ‘ridge-to-reef’ approach in coastal conservation. Proper management of seagrasses should account for stewardship of the adjacent watersheds.

  • Identifiant unique
    https://doi.org/10.1016/j.biocon.2017.03.011
  • Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    Les aires marines protégées sont-elles efficaces ?
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