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Titre de l'article

Protection juridique insuffisante : Les prairies de Posidonia oceanica des zones marines protégées de la Méditerranée ne sont pas en meilleure santé que celles non protégées

Introduction à l'article

Cet article qualifie rapidement les aires protégées et les réserves naturelles comme des outils clefs contre la perte de biodiversité terrestre ou aquatique.
Cette étude porte sur les aires de protection jouant un rôle sur la préservation de Posidonia oceanica. Cette plante méditerranéenne forme des prairies sous-marines jusqu’à environ 40m de profondeur, près des zones côtières, zones souvent sujettes à un développement urbain, industriel et un tourisme important. Meinesz et al. (1991) rapportent ainsi que cette espèce se retrouve impactée à cause de dommages directs, mais aussi de dommages indirects liés majoritairement à la qualité de l’eau et la dynamique des sédiments, comme l’ajoute Duarte (2002). Cet article a ainsi examiné 15 prairies de Posidonia oceanica de différentes zones, posant l’hypothèse que les prairies d’aires protégées montraient un meilleur état de santé que les populations hors aires protégées.

Expériences de l'article

Quinze prairies de différentes zones ont été choisies. Les zones ont été caractérisées par leur degré d’anthropisation (gradient de naturalisation et d'urbanisation), en prenant en compte que les moins anthropisées étaient des aires protégées et les plus anthropisées étaient des aires urbanisées. Cinq prairies ont été choisies pour chacun de ces types de zones : les zones urbanisées avec peu de nature saine, les zones touristiques moins urbanisées avec beaucoup de flux touristique, les zones protégées avec une nature saine et peu urbanisées.
Les prairies ont été étudiées entre 2002 et 2007 par plongée sous-marine. Chaque zone a été divisée en deux : peu profond (la profondeur minimum à 12m) et profond (de 12m à la profondeur maximale). Le pourcentage de couverture moyen de P. oceanica vivante (P) et morte (D) a été estimée le long de 208 transects. L’indice de conservation (CI) a été calculé avec la formule suivante : CI = P / [P+D]. Un ANOVA ainsi qu'un test Fisher et Tukey-Kramer ont été réalisés.

Résultats de l'article

Les 15 prairies ont présenté des CI très variés. L’analyse des variances a montré que le degré d’anthropisation affecte significativement l’état de santé d’une prairie selon la profondeur. En effet, dans les zones peu profondes, l’état de santé était lié au degré d’anthropisation du littoral. Les valeurs de CI moyen les plus grandes ont été trouvées pour des prairies en aire protégée. A l’inverse, les CI les plus faibles ont été trouvés dans deux zones très anthropisées.
Les études statistiques des moyennes ont ensuite montré qu’il y avait des différences significatives entre les zones urbanisées et les aires protégées, ainsi qu’entre les zones urbaines et touristiques. En eau peu profonde, il n’a pas été trouvé de différence entre les aires protégées et les zones touristiques. En eau profonde finalement, il n’y avait de différence significative entre les zones suivantes : urbaines-touristiques, urbaines-protégées et touristiques-protégées.

Rigueur de l'article

La caractérisation des prairies faite à l’œil nu pourrait être critiquée par le fait que ce soit peu reproductible car la vision est différente en fonction de chaque observateur. Cependant, ils se sont focalisés sur les prairies mortes et les prairies encore vivantes, ce qui doit être relativement facilement déterminable à l’œil nu pour des observateurs compétents. Les degrés d’anthropisation ont été déterminés sur deux aspects : un gradient de « naturalisation » basé sur les signes d’altérations causés par l’Homme, et un gradient de présence humaine. Cela semble peu précis car construit sous forme de gradients jugés par observation seulement.

Ce que cet article apporte au débat

Les auteurs ont montré une relation entre le degré d'anthropisation des eaux peu profondes et la santé des prairies de P.oceanica. A contrario, les eaux profondes montraient généralement un état de santé faible, qu'importe les mesures de gestion de la zone ou le degré d'anthropisation. De plus, les activités humaines au niveau des côtes seraient les principales causes de l'état de santé de ces prairies sous-marines.

Figure
Légende :

Valeurs moyennes de l'indice de conservation (IC) dans les zones peu profondes et profondes des 15 herbiers de Posidonia oceanica étudiés, regroupés dans les trois catégories : zone marine protégée (MPA), touristique et urbaine. Les prairies individuelles sont indiquées par leur code.
Legal protection is not enough: Posidonia oceanica meadows in marine protected areas are not healthier than those in unprotected areas of the northwest Mediterranean Sea

Publiée il y a plus de 5 ans par C. Rosa et M. Champagne.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Article : Legal protection is not enough: Posidonia oceanica meadows in marine protected areas are not healthier than those in unprotected areas of the northwest Mediterranean Sea
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  • Auteurs
    Monica Montefalcone, Giancarlo Albertelli, Carla Morri, Valeriano Parravicini, Carlo NikeBianchi
  • Année de publication
    2009
  • Journal
    Science
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Using the Conservation Index, which measures the proportional amount of dead matte relative to live Posidonia oceanica, we assessed the health of 15 P. oceanica meadows at a regional scale along the coast of Liguria (NW Mediterranean). These areas were characterized by different degrees of anthropization, from highly urbanized sites to marine protected areas. Two different scenarios were identified according to depth: in shallow zones, the health of P. oceanica meadows was related to the degree of anthropization along the coastline. In contrast, in deep zones, most meadows exhibited poor health, independent of both the degree of disturbance and the legal measures protecting the area. Working synergistically with the regional impact of increased water turbidity, local impacts from the coast were recognized as the main causes of the severe regression of most Ligurian P. oceanica meadows. We conclude that marine protected areas alone are not sufficient to guarantee the protection of P. oceanica meadows. We emphasize the need for a management network involving the Sites of Community Interest (SCIs) containing P. oceanica meadows.

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    Les aires protégées permettent-elles la conservation de la biodiversité ?
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