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Titre de l'article

La reproduction extérieure à long terme : élimine expérimentalement les malformations et augmente le taux d'éclosion d'une population de lézards des sables sur une île.

Introduction à l'article

La consanguinité est connue pour être néfaste de manière générale. Les effets négatifs peuvent être observés sur le taux de naissances, la survie ou sur les malformations d’une espèce. Ainsi, la dépression de consanguinité peut conduire à la disparition d’une espèce par le principe de « vortex d’extinction ».
Dans cette étude les auteurs ont étudié les effets de « Outbreeding », le contraire de la consanguinité qui consiste à accoupler deux populations d'origines différentes, appartenant à la même espèce. Ce phénomène a des effets sur la population et sur la reproduction mais cela dépend de l’espèce et de ses traits d’histoires. Cette étude nous présente une reproduction extérieure entre deux populations de lézards des sables (Lacerta agilis). Ces deux populations sont donc croisées entre elles, puis la descendance sera relâchée sur une île sans lézards. On se pose la question si cette descendance aura un meilleur taux d’éclosion, moins de malformation et une meilleure fertilité.

Expériences de l'article

L’espèce de lézard étudiée provient de Suède et présente une baisse de la variation génétique en comparaison avec les populations d’Europe centrale. Les 2 populations étudiées proviennent d’une île (57°22 N, 11°59′ E) et du sud de la Suède. Elles sont séparées de 200 km. La capture d'individus a été réalisée entre 1999 et 2000. Le degré de distance génétique entre les deux populations était très élevé. Les mâles et femelles des deux populations sont croisés en laboratoire et 454 descendants sont obtenus. Ils sont placés sur une île de 360x270 mètres (île de Stora Keholmen). En 2017, les femelles sont collectées, afin de mesurer le taux d’éclosion, le taux d’embryons morts nés et les malformations. Enfin une analyse moléculaire est réalisée en extrayant l’ADN de 112 individus de l’île Stora Keholmen et 91 pour la population du sud de la Suède. Le séquençage est réalisé par Illumina. Les variations sont relevées avec HaplotypeCaller et l’hétérogénéité est obtenue avec Vctool.

Résultats de l'article

Entre 1998 et 2008, 367 femelles du continent sont capturées et pondent 4277 œufs en laboratoire. En 2017, 24 femelles de l’île sont récupérées et pondent 166 œufs.
Des différences sont relevées au niveau du succès d’éclosion (99,3 % pour la population de l’île et 86,4 % pour le continent). Les embryons du continent meurent avant leur développement (8,76%) et après le développement (2,25%). Seul un embryon de la population de l’île meure avant le développement (0,02%)
Des malformations sont relevées chez la population du continent (21 % des individus) et aucune pour les lézards de l'île.
Aucune différence au niveau du sexe-ratio n’est relevée entre les deux populations (1:1).
Enfin, les analyses génomiques et bio-informatiques nous montrent des différences génétiques importantes et que les descendants de l’île possèdent plus d’hétérogénéité au niveau de leur génome que la population du continent.

Rigueur de l'article

Nous avons remarqué une grosse différence entre le nombre d’individus prélevés sur l’île (24 femelles) et le nombre d’individus prélevés sur le continent (367 femelles). Cela peut causer des biais sur les analyses de fertilités, de mortalité des embryons car le nombre d’œufs récoltés est aussi très différents entre les deux populations. Enfin, seules les malformations extérieures sont relevées dans cette étude et il aurait été intéressant de se pencher sur les malformations internes. De plus, Il aurait été utile d’étudier la viabilité de la population de l’île à long terme pour voir si elle est quand même vouée à disparaître et pour combien de temps.

Ce que cet article apporte au débat

Cet article apporte au débat que la diversité génique est bénéfique, surtout concernant les populations animales isolées sur des îles et qui sont vouées à disparaître au fil du temps. La reproduction entre individus de la même population est donc délétère pour la population au fil des années et il est nécessaire de prendre cela en compte dans les programmes de sauvetage des organismes sur les îles et sauvegarder ces espèces. Cette méthode porte le nom de secours génétique.

Remarques sur l'article

Au niveau des éventuels biais et défauts de l’article, la compréhension de la provenance des populations de lézards n’est pas facile à comprendre et une carte aurait été utile pour visualiser leurs origines. Hormis ce détail, l'article est facile à lire et à comprendre et apporte un plus dans les programmes de conservation des espèces isolées et menacées de disparition.

Publiée il y a plus de 5 ans par F. Rachenne et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Article : Long term effects of outbreeding: experimental founding of island population eliminates malformations and improves hatching success in sand lizards