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Titre de la review

Les approches modernes pour le contrôle biologique des vertébrés nuisibles : La perspective Australienne

Résumé de la review

Dans cette review, les auteurs font un état des méthodes de biocontrôle disponibles dans la lutte contre les espèces de vertébrés nuisibles (souvent invasives) responsables de la destruction de la biodiversité endémique en Australie. Ils présentent le cas de trois espèces considérées comme nuisibles en Australie (: une espèce de lapin, une espèce de crapaud et une espèce de carpe) et les méthodes de biocontrôle potentiellement applicable à ces cas.
Cependant, de nombreuses limites empêchent le développement de ces techniques. Bien que les méthodes de biocontrôle liées à l'utilisation de pathogènes aient souvent été proposées et testées, elles ont démontré peu de résultats concluants à l'exception de trois cas notables.
Pour la gestion des lapins en Australie, deux virus ont été utilisés. Le premier, le virus myxoma relaché dans les années 1950 a montré un réel succès avec une diminution conséquente de l'abondance des lapins. La maladie hémorragique virale du lapin relâchée accidentellement en 1995 a eu également un effet important sur les populations de lapins. Cependant, les dégâts infligés à l'environnement restent très importants. C'est pourquoi, il est nécessaire d'utiliser d'autres agents pathogènes dans le futur (différents virus, organismes génétiquement modifiés..) pour la gestion de ces lapins. Un problème important se pose alors. En effet, outre les limites technologiques, il est impossible de prédire les effets de l'interaction entre les différents pathogènes à l"heure actuelle.
Les auteurs présentent (parmi d'autres méthodes de biocontrôle) le "koi herpesvirus" (KHV) comme un bon candidat dans la lutte contre les carpes communes. Cela est lié à son hôte-spécificité très importante et son effet drastique même à faible dose. Il est néanmoins nécessaire de conduire les recherches en laboratoire avec une grande prudence pour éviter de transmettre le virus à d'autres espèces endémiques d'Australie à l'avenir.
Le troisième cas concerne une espèce de crapaud invasive et toxique. L'utilisation d'un virus génétiquement modifié qui altère le processus de métamorphose a été proposé et testé. Cependant, cette méthode a donné très peu de résultats. De plus ce virus pourrait se répandre à d'autres espèces de crapaud en Indonésie par exemple, provoquant des effets irréversibles sur la biodiversité.
Finalement, cette review présente de nouvelles approches de biocontrôle chez les vertébrés. Par exemple, l'insertion d'un gène stérilisant chez les lapins dans le génome du virus myxoma permettrait d'améliorer son potentiel en tant qu'agent de biocontrôle (BCA). Si les résultats obtenus en laboratoire sont encourageants, il n'ont pas permis une application sur le terrain à cause de nombreux problèmes.

Il y a un intérêt manifeste dans le développement de méthodes de biocontrôle dans la lutte biologique. Cependant, il existe de nombreuses contraintes sociales, politiques, technologiques qui limitent ce développement. Finalement, le contrôle biologique n'est pas la solution finale dans la lutte biologique contre les vertébrés nuisibles et doit être associé à d'autres méthodes de contrôle plus conventionnelles.

Rigueur de la review

Cette review est principalement centrée sur l'utilisation de pathogènes comme agents de contrôle (BCA) sur des espèces de vertébrés nuisibles. Or, les vertébrés représentent seulement une petite partie de la diversité de taxons nuisibles.
De plus, elle se limite à trois exemples de taxons nuisibles et invasifs qui posent problème dans un seul pays, l'Australie. Bien souvent, les solutions de contrôle liées à des pathogènes proposées sont bancales et ne résolvent pas ou peu le problème même si certains pathogènes semblent prometteurs en laboratoire.
Les auteurs évoquent au final très peu d'actions qui peuvent être mises en oeuvre à l'heure actuelle, les méthodes décrites pourront être testées et éventuellement mises en pratique dans le milieu naturel dans le futur.

Ce que cette review apporte au débat

Cette review illustre le fait que les méthodes de biocontrôle basées sur l'utilisation de pathogènes peuvent bien être appliquées à certains vertébrés. Cependant, très peu de cas testés ont démontré leur efficacité. Seuls trois pathogènes ont été utilisés et contrôlés avec succès. Certains pathogènes potentiellement utilisables comme BCA pourraient se transmettre à d'autres espèces non ciblées et ainsi causer un désastre écologique. De plus, les technologies actuelles ne permettent pas de prédire le comportements de plusieurs pathogènes en interaction dans le milieu naturel.
Il est ainsi très difficile de contrôler efficacement les pathogènes dans la lutte biologique chez les vertébrés à l'heure actuelle. Une meilleure compréhension des interactions entres les pathogènes et leurs milieux sera nécessaire pour développer cette approche dans le futur.

Publiée il y a plus de 10 ans par S.Sweydan.
Dernière modification il y a plus de 10 ans.
Review : Modern approaches for the biological control of vertebrate pests: An Australian perspective
  • 1 1
  • Auteurs
    Glen Saunders, Brian Cooke, Ken McColl, Richard Shine, Tony Peacock
  • Année de publication
    2010
  • Journal
    Biological Control
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Vertebrate pests cost Australia at least $1 billion annually in lost agricultural production and environmental
    damage. The spectacular success of myxomatosis in the 1950s and more recently, rabbit hemorrhagic
    disease, in the biological control of European rabbits has led to ongoing research into similar
    solutions for other vertebrate pests. There are significant barriers to the successful employment of biological
    control options including the obvious technological ones, such as host-specificity, as well as the
    investment required, public concerns and regulatory requirements. The role of biological control in vertebrate
    pest management and the attempts to develop such strategies in Australia is reviewed with
    emphasis on species specific case studies for rabbits, cane toads and carp, and the generic approaches
    of immunocontraception and daughterless genes.

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