The Otago Peninsula, South Island, New Zealand offers tourists opportunities for unregulated access to breeding sites of the yellow-eyed penguin (Megadyptes antipodes). The presence of people on beaches delays post-foraging landing by penguins, which in turn may affect the amount of food delivered by parents to their chicks, with consequences for chick growth and fledging mass. This study explored the relationship between human disturbance and yellow-eyed penguin chick fledging weight and survival by comparing five yellow-eyed penguin breeding areas with different levels of visitor frequency. We investigated whether chick fledging weights vary between breeding areas, and whether fledging weight is a predictor of juvenile survival. In 2002, chicks at Sandfly Bay, an area with high numbers of tourists, had significantly lower fledging weights than chicks at Highcliff, an area with no tourist visitors. An analysis of sightings of 2125 yellow-eyed penguin chicks banded between 1981 and 2000 indicated probability of survival was positively associated with mass at fledging. Thus lower fledging weights may have long-term population consequences. Fledging weight is influenced by many factors, however the results suggest the possibility of an effect of tourist numbers on chick fledging weight. This is noteworthy, especially in light of the rapid rate at which wildlife tourism is increasing in coastal areas of southern New Zealand.
Titre de l'article
Les impacts de l'écotourisme sur les manchots antipodes (Megadyptes antipodes) : est ce qu'un accès non régulé des visiteurs impacte la masse et la survie des juvéniles ?
Les impacts de l'écotourisme sur les manchots antipodes (Megadyptes antipodes) : est ce qu'un accès non régulé des visiteurs impacte la masse et la survie des juvéniles ?
Introduction à l'article
Le manchot antipode (Megadyptes antipodes) est une espèce endémique et iconique de la Nouvelle-Zélande. Cependant, elle a connu un grand déclin démographique ces dernières années avec moins de 2000 couples en 2000.
Cette espèce est une source d'attraction pour les touristes : on compte plus de 80 à 200 touristes par jour sur certains sites pour voir de près les populations. Le manchot antipode niche sur la côte, et durant le jour, collecte une grande quantité de nourriture qu'il rapporte ensuite à sa progéniture. Lorsqu'un grand nombre de touristes est présent sur un site de niche, les manchots antipodes adultes retournent moins fréquemment sur la côte pour nourrir leurs petits. Ainsi, les juvéniles situés sur les sites à très forte présence touristique souffriraient d'une moins grande disponibilité de nourriture.
Cette étude vise à répondre à la question suivante : est-ce que la présence touristique entraîne une baisse de la masse et de la survie des juvéniles de manchot antipode ?
Le manchot antipode (Megadyptes antipodes) est une espèce endémique et iconique de la Nouvelle-Zélande. Cependant, elle a connu un grand déclin démographique ces dernières années avec moins de 2000 couples en 2000.
Cette espèce est une source d'attraction pour les touristes : on compte plus de 80 à 200 touristes par jour sur certains sites pour voir de près les populations. Le manchot antipode niche sur la côte, et durant le jour, collecte une grande quantité de nourriture qu'il rapporte ensuite à sa progéniture. Lorsqu'un grand nombre de touristes est présent sur un site de niche, les manchots antipodes adultes retournent moins fréquemment sur la côte pour nourrir leurs petits. Ainsi, les juvéniles situés sur les sites à très forte présence touristique souffriraient d'une moins grande disponibilité de nourriture.
Cette étude vise à répondre à la question suivante : est-ce que la présence touristique entraîne une baisse de la masse et de la survie des juvéniles de manchot antipode ?
Expériences de l'article
L'étude a été menée dans la péninsule d'Otago, au Sud de la Nouvelle-Zélande. 5 sites de niche ont été identifiés, correspondant à trois niveaux de perturbations touristiques : un site pour une perturbation forte (80-200 touristes par jour), 3 sites d'une perturbation moyenne (10-20 touristes par jour) et un site de perturbation faible (moins d'un touriste par jour).
Sur chaque site, il a été mesuré sur 2185 juvéniles, leur masse 4 semaines avant leur entrée en mer (les juvéniles restent sur la côté nourris par leurs parents, avant de partir en mer à l'âge de 3-4 mois). Ces données ont été corrigées par l'année de reproduction, l'âge des parents et la taille de la couvée.
Les juvéniles ont été suivis pendant plusieurs années pour déterminer leurs taux de survie.
L'étude a été menée dans la péninsule d'Otago, au Sud de la Nouvelle-Zélande. 5 sites de niche ont été identifiés, correspondant à trois niveaux de perturbations touristiques : un site pour une perturbation forte (80-200 touristes par jour), 3 sites d'une perturbation moyenne (10-20 touristes par jour) et un site de perturbation faible (moins d'un touriste par jour).
Sur chaque site, il a été mesuré sur 2185 juvéniles, leur masse 4 semaines avant leur entrée en mer (les juvéniles restent sur la côté nourris par leurs parents, avant de partir en mer à l'âge de 3-4 mois). Ces données ont été corrigées par l'année de reproduction, l'âge des parents et la taille de la couvée.
Les juvéniles ont été suivis pendant plusieurs années pour déterminer leurs taux de survie.
Résultats de l'article
La masse des juvéniles était significativement différente entre sites soumis à des niveaux de tourisme différents : toutefois cette différence est très faible. Par paire de comparaison entre chacun des 5 sites, seule la différence de masse des juvéniles entre le site à forte perturbation touristique, et à faible perturbation touristique est significative : les juvéniles de ce dernier pesaient 0.76 kg de plus en moyenne que les juvéniles du premier site. Aucune différence significative de masse entre les sites à moyenne perturbation et à forte perturbation et entre les sites à moyenne perturbation et à faible perturbation n'a été détecté.
De plus, la probabilité de survie est corrélée à la masse au stade juvénile, selon une fonction exponentielle. Ainsi la différence de probabilité de survie entre le site à forte perturbation touristique et faible perturbation touristique serait égale approximativement à 10-15%.
La masse des juvéniles était significativement différente entre sites soumis à des niveaux de tourisme différents : toutefois cette différence est très faible. Par paire de comparaison entre chacun des 5 sites, seule la différence de masse des juvéniles entre le site à forte perturbation touristique, et à faible perturbation touristique est significative : les juvéniles de ce dernier pesaient 0.76 kg de plus en moyenne que les juvéniles du premier site. Aucune différence significative de masse entre les sites à moyenne perturbation et à forte perturbation et entre les sites à moyenne perturbation et à faible perturbation n'a été détecté.
De plus, la probabilité de survie est corrélée à la masse au stade juvénile, selon une fonction exponentielle. Ainsi la différence de probabilité de survie entre le site à forte perturbation touristique et faible perturbation touristique serait égale approximativement à 10-15%.
Rigueur de l'article
Cet article propose une étude sur plus de 2185 individus ce qui lui confère une bonne puissance statistique. Toutefois, le nombre de sites est assez faible (5) et il n'y a pas de réplications pour les niveaux de perturbations touristiques très élevés et très faibles.
Cet article propose une étude sur plus de 2185 individus ce qui lui confère une bonne puissance statistique. Toutefois, le nombre de sites est assez faible (5) et il n'y a pas de réplications pour les niveaux de perturbations touristiques très élevés et très faibles.
Ce que cet article apporte au débat
Cet article met en évidence la possibilité qu'une importance perturbation touristique puisse être la source de changements de comportements des parents. Ces comportements pourraient engendrer une moins grande contribution des parents aux soins de leur progéniture, et in fine à une plus grande probabilité de mortalité de ces derniers.
Toutefois, l'article ne permet pas de dire si les différences de masse sont dues à la présence des touristes ou aux caractéristiques des sites de ponte. En effet, les sites avec le moins de touristes sont les sites les moins attirants pour ces derniers. Ils sont caractérisés par d'importants buissons rasants, qui confèrent aux manchots une plus grande protection aux prédateurs mais aussi une moins bonne visibilité pour les touristes.
Ainsi, cette étude ne peut pas clairement discriminer l'effet des touristes sur le différentiel de survie chez les manchots antipodes.
Cet article met en évidence la possibilité qu'une importance perturbation touristique puisse être la source de changements de comportements des parents. Ces comportements pourraient engendrer une moins grande contribution des parents aux soins de leur progéniture, et in fine à une plus grande probabilité de mortalité de ces derniers.
Toutefois, l'article ne permet pas de dire si les différences de masse sont dues à la présence des touristes ou aux caractéristiques des sites de ponte. En effet, les sites avec le moins de touristes sont les sites les moins attirants pour ces derniers. Ils sont caractérisés par d'importants buissons rasants, qui confèrent aux manchots une plus grande protection aux prédateurs mais aussi une moins bonne visibilité pour les touristes.
Ainsi, cette étude ne peut pas clairement discriminer l'effet des touristes sur le différentiel de survie chez les manchots antipodes.
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