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De nouveaux gènes continuent d’accroître la croissance d'une population de vipères (Vipera berus)
De nouveaux gènes continuent d’accroître la croissance d'une population de vipères (Vipera berus)
Introduction à l'article
Les populations naturelles sont de plus en plus menacées par les activités humaines. La fragmentation des habitats et la réduction de la taille des populations entraînent alors une perte de la diversité génétique.
Le sauvetage génétique permettrait d'endiguer la dépression de consanguinité et de restaurer la variabilité génétique au sein des populations menacées. Cependant, cette stratégie est complexe et doit prendre en compte divers facteurs. Dans ce contexte, un rapport a été publié en 1999 dans le but de montrer comment l'introduction de 20 mâles génétiquement divergents avait permis de sauver une population de vipères péliades (Vipera berus) fortement menacée. Cet article fait suite à ce rapport et constitue un suivi à long terme de la population. Pour cela, cette étude présente les données démographiques recueillies entre 1981 et 2003. Le but est donc d'observer si, a posteriori, le sauvetage génétique de la population de vipère a été un succès sur le long terme.
Les populations naturelles sont de plus en plus menacées par les activités humaines. La fragmentation des habitats et la réduction de la taille des populations entraînent alors une perte de la diversité génétique.
Le sauvetage génétique permettrait d'endiguer la dépression de consanguinité et de restaurer la variabilité génétique au sein des populations menacées. Cependant, cette stratégie est complexe et doit prendre en compte divers facteurs. Dans ce contexte, un rapport a été publié en 1999 dans le but de montrer comment l'introduction de 20 mâles génétiquement divergents avait permis de sauver une population de vipères péliades (Vipera berus) fortement menacée. Cet article fait suite à ce rapport et constitue un suivi à long terme de la population. Pour cela, cette étude présente les données démographiques recueillies entre 1981 et 2003. Le but est donc d'observer si, a posteriori, le sauvetage génétique de la population de vipère a été un succès sur le long terme.
Expériences de l'article
Le site d'étude se situe à Smygehuk, à 50 km au sud de Lund, où la population de vipères est confinée sur une bande de prairie étroite le long de la côte sud suédoise. Cette région est bordée par la mer, un port, un village et par des terres arables. La population de vipères la plus proche se situe au nord sur 20 km de terres agricoles, induisant un isolement géographique important et empêchant le flux de gènes entre les populations. L'espace ouvert et géographiquement restreint du site d'étude a permis de capturer tous les adultes mâles à chaque printemps et ainsi d'avoir une estimation fiable de la taille de la population.
Au printemps 1992, 20 vipères adultes mâles ont été prélevées dans deux grandes populations génétiquement divergentes et ont été introduites dans la population cible. Au bout de 4 saisons de reproduction, 8 individus ont été recapturés et réintroduits dans leur habitat d'origine. La taille de la population a été estimée tous les ans jusqu'en 2003.
Le site d'étude se situe à Smygehuk, à 50 km au sud de Lund, où la population de vipères est confinée sur une bande de prairie étroite le long de la côte sud suédoise. Cette région est bordée par la mer, un port, un village et par des terres arables. La population de vipères la plus proche se situe au nord sur 20 km de terres agricoles, induisant un isolement géographique important et empêchant le flux de gènes entre les populations. L'espace ouvert et géographiquement restreint du site d'étude a permis de capturer tous les adultes mâles à chaque printemps et ainsi d'avoir une estimation fiable de la taille de la population.
Au printemps 1992, 20 vipères adultes mâles ont été prélevées dans deux grandes populations génétiquement divergentes et ont été introduites dans la population cible. Au bout de 4 saisons de reproduction, 8 individus ont été recapturés et réintroduits dans leur habitat d'origine. La taille de la population a été estimée tous les ans jusqu'en 2003.
Résultats de l'article
Dès la première saison de reproduction, les observations montrent que les mâles introduits se sont rapidement installés et accouplés avec toutes les femelles reproductrices de la population. Chez les vipères péliades (Vipera berus), la maturité sexuelle des mâles est atteinte à l'âge de 4 ans. Au printemps 1996, les auteurs observent donc 5 nouveaux adultes et les analyses génétiques de ces individus ont montré qu'ils ont tous comme ascendance les mâles introduits en 1992. Depuis 1996, et jusqu'au printemps 2003, le nombre d'individus mâles n'a cessé d'augmenter, passant de 4 adultes mâles au printemps 1995 à 39 au printemps 2003. Ces résultats témoignent donc de l'importance cruciale de la variabilité génétique dans le maintien de petites populations.
Dès la première saison de reproduction, les observations montrent que les mâles introduits se sont rapidement installés et accouplés avec toutes les femelles reproductrices de la population. Chez les vipères péliades (Vipera berus), la maturité sexuelle des mâles est atteinte à l'âge de 4 ans. Au printemps 1996, les auteurs observent donc 5 nouveaux adultes et les analyses génétiques de ces individus ont montré qu'ils ont tous comme ascendance les mâles introduits en 1992. Depuis 1996, et jusqu'au printemps 2003, le nombre d'individus mâles n'a cessé d'augmenter, passant de 4 adultes mâles au printemps 1995 à 39 au printemps 2003. Ces résultats témoignent donc de l'importance cruciale de la variabilité génétique dans le maintien de petites populations.
Rigueur de l'article
Cependant, on a ici peu d'informations concernant le choix des individus introduits, notamment concernant leur niveau de divergence génétique par rapport à la population cible. De plus, cette étude s'intéresse seulement aux individus mâles, il aurait donc été intéressant d'observer également le nombre de femelles.
Cependant, on a ici peu d'informations concernant le choix des individus introduits, notamment concernant leur niveau de divergence génétique par rapport à la population cible. De plus, cette étude s'intéresse seulement aux individus mâles, il aurait donc été intéressant d'observer également le nombre de femelles.
Ce que cet article apporte au débat
Depuis la précédente étude de 1999, la population de vipères péliades a donc continué d'augmenter. Ces résultats confirment l'importance de la restauration de la variabilité génétique via l'hybridation afin de maintenir le potentiel évolutif et d'améliorer la viabilité des petites populations consanguines.
L'article est clair, court, concis et témoigne du succès du sauvetage génétique sur une période de 10 ans ayant ainsi permis le rétablissement d'une population menacée de vipères au bord de la disparition. Dans le cadre de la controverse, cette étude permet donc de mettre en avant le potentiel du sauvetage génétique dans la conservation des populations aussi bien sur le court terme que sur le long terme.
Depuis la précédente étude de 1999, la population de vipères péliades a donc continué d'augmenter. Ces résultats confirment l'importance de la restauration de la variabilité génétique via l'hybridation afin de maintenir le potentiel évolutif et d'améliorer la viabilité des petites populations consanguines.
L'article est clair, court, concis et témoigne du succès du sauvetage génétique sur une période de 10 ans ayant ainsi permis le rétablissement d'une population menacée de vipères au bord de la disparition. Dans le cadre de la controverse, cette étude permet donc de mettre en avant le potentiel du sauvetage génétique dans la conservation des populations aussi bien sur le court terme que sur le long terme.
Figure
Légende :
Nombre total et nombre de mâles reproducteurs capturés à Smygehuk de 1981 à 2003. Les mâles introduits ne sont pas inclus dans la figure. (Madsen et al. 2004)
Légende :
Nombre total et nombre de mâles reproducteurs capturés à Smygehuk de 1981 à 2003. Les mâles introduits ne sont pas inclus dans la figure. (Madsen et al. 2004)
Titre de l'article
De nouveaux gènes continuent d’accroître la croissance d'une population de vipères (Vipera berus)
De nouveaux gènes continuent d’accroître la croissance d'une population de vipères (Vipera berus)
Introduction à l'article
Les populations naturelles sont de plus en plus menacées par les activités humaines. La fragmentation des habitats et la réduction de la taille des populations entraînent alors une perte de la diversité génétique.
Le sauvetage génétique permettrait d'endiguer la dépression de consanguinité et de restaurer la variabilité génétique au sein des populations menacées. Cependant, cette stratégie est complexe et doit prendre en compte divers facteurs. Dans ce contexte, un rapport a été publié en 1999 dans le but de montrer comment l'introduction de 20 mâles génétiquement divergents avait permis de sauver une population de vipères péliades (Vipera berus) fortement menacée. Cet article fait suite à ce rapport et constitue un suivi à long terme de la population. Pour cela, cette étude présente les données démographiques recueillies entre 1981 et 2003. Le but est donc d'observer si, a posteriori, le sauvetage génétique de la population de vipère a été un succès sur le long terme.
Les populations naturelles sont de plus en plus menacées par les activités humaines. La fragmentation des habitats et la réduction de la taille des populations entraînent alors une perte de la diversité génétique.
Le sauvetage génétique permettrait d'endiguer la dépression de consanguinité et de restaurer la variabilité génétique au sein des populations menacées. Cependant, cette stratégie est complexe et doit prendre en compte divers facteurs. Dans ce contexte, un rapport a été publié en 1999 dans le but de montrer comment l'introduction de 20 mâles génétiquement divergents avait permis de sauver une population de vipères péliades (Vipera berus) fortement menacée. Cet article fait suite à ce rapport et constitue un suivi à long terme de la population. Pour cela, cette étude présente les données démographiques recueillies entre 1981 et 2003. Le but est donc d'observer si, a posteriori, le sauvetage génétique de la population de vipère a été un succès sur le long terme.
Expériences de l'article
Le site d'étude se situe à Smygehuk, à 50 km au sud de Lund, où la population de vipères est confinée sur une bande de prairie étroite le long de la côte sud suédoise. Cette région est bordée par la mer, un port, un village et par des terres arables. La population de vipères la plus proche se situe au nord sur 20 km de terres agricoles, induisant un isolement géographique important et empêchant le flux de gènes entre les populations. L'espace ouvert et géographiquement restreint du site d'étude a permis de capturer tous les adultes mâles à chaque printemps et ainsi d'avoir une estimation fiable de la taille de la population.
Au printemps 1992, 20 vipères adultes mâles ont été prélevées dans deux grandes populations génétiquement divergentes et ont été introduites dans la population cible. Au bout de 4 saisons de reproduction, 8 individus ont été recapturés et réintroduits dans leur habitat d'origine. La taille de la population a été estimée tous les ans jusqu'en 2003.
Le site d'étude se situe à Smygehuk, à 50 km au sud de Lund, où la population de vipères est confinée sur une bande de prairie étroite le long de la côte sud suédoise. Cette région est bordée par la mer, un port, un village et par des terres arables. La population de vipères la plus proche se situe au nord sur 20 km de terres agricoles, induisant un isolement géographique important et empêchant le flux de gènes entre les populations. L'espace ouvert et géographiquement restreint du site d'étude a permis de capturer tous les adultes mâles à chaque printemps et ainsi d'avoir une estimation fiable de la taille de la population.
Au printemps 1992, 20 vipères adultes mâles ont été prélevées dans deux grandes populations génétiquement divergentes et ont été introduites dans la population cible. Au bout de 4 saisons de reproduction, 8 individus ont été recapturés et réintroduits dans leur habitat d'origine. La taille de la population a été estimée tous les ans jusqu'en 2003.
Résultats de l'article
Dès la première saison de reproduction, les observations montrent que les mâles introduits se sont rapidement installés et accouplés avec toutes les femelles reproductrices de la population. Chez les vipères péliades (Vipera berus), la maturité sexuelle des mâles est atteinte à l'âge de 4 ans. Au printemps 1996, les auteurs observent donc 5 nouveaux adultes et les analyses génétiques de ces individus ont montré qu'ils ont tous comme ascendance les mâles introduits en 1992. Depuis 1996, et jusqu'au printemps 2003, le nombre d'individus mâles n'a cessé d'augmenter, passant de 4 adultes mâles au printemps 1995 à 39 au printemps 2003. Ces résultats témoignent donc de l'importance cruciale de la variabilité génétique dans le maintien de petites populations.
Dès la première saison de reproduction, les observations montrent que les mâles introduits se sont rapidement installés et accouplés avec toutes les femelles reproductrices de la population. Chez les vipères péliades (Vipera berus), la maturité sexuelle des mâles est atteinte à l'âge de 4 ans. Au printemps 1996, les auteurs observent donc 5 nouveaux adultes et les analyses génétiques de ces individus ont montré qu'ils ont tous comme ascendance les mâles introduits en 1992. Depuis 1996, et jusqu'au printemps 2003, le nombre d'individus mâles n'a cessé d'augmenter, passant de 4 adultes mâles au printemps 1995 à 39 au printemps 2003. Ces résultats témoignent donc de l'importance cruciale de la variabilité génétique dans le maintien de petites populations.
Rigueur de l'article
Cependant, on a ici peu d'informations concernant le choix des individus introduits, notamment concernant leur niveau de divergence génétique par rapport à la population cible. De plus, cette étude s'intéresse seulement aux individus mâles, il aurait donc été intéressant d'observer également le nombre de femelles.
Cependant, on a ici peu d'informations concernant le choix des individus introduits, notamment concernant leur niveau de divergence génétique par rapport à la population cible. De plus, cette étude s'intéresse seulement aux individus mâles, il aurait donc été intéressant d'observer également le nombre de femelles.
Ce que cet article apporte au débat
Depuis la précédente étude de 1999, la population de vipères péliades a donc continué d'augmenter. Ces résultats confirment l'importance de la restauration de la variabilité génétique via l'hybridation afin de maintenir le potentiel évolutif et d'améliorer la viabilité des petites populations consanguines.
L'article est clair, court, concis et témoigne du succès du sauvetage génétique sur une période de 10 ans ayant ainsi permis le rétablissement d'une population menacée de vipères au bord de la disparition. Dans le cadre de la controverse, cette étude permet donc de mettre en avant le potentiel du sauvetage génétique dans la conservation des populations aussi bien sur le court terme que sur le long terme.
Depuis la précédente étude de 1999, la population de vipères péliades a donc continué d'augmenter. Ces résultats confirment l'importance de la restauration de la variabilité génétique via l'hybridation afin de maintenir le potentiel évolutif et d'améliorer la viabilité des petites populations consanguines.
L'article est clair, court, concis et témoigne du succès du sauvetage génétique sur une période de 10 ans ayant ainsi permis le rétablissement d'une population menacée de vipères au bord de la disparition. Dans le cadre de la controverse, cette étude permet donc de mettre en avant le potentiel du sauvetage génétique dans la conservation des populations aussi bien sur le court terme que sur le long terme.
Figure
Nombre total et nombre de mâles reproducteurs capturés à Smygehuk de 1981 à 2003. Les mâles introduits ne sont pas inclus dans la figure. (Madsen et al. 2004)
Nombre total et nombre de mâles reproducteurs capturés à Smygehuk de 1981 à 2003. Les mâles introduits ne sont pas inclus dans la figure. (Madsen et al. 2004)
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