HIV-1, the cause of AIDS, is composed of four phylogenetic lineages, groups M, N, O, and P, each of which resulted from an independent
cross-species transmission event of simian immunodeficiency viruses (SIVs) infecting African apes. Although groups M and N have been traced to geographically distinct chimpanzee communities in southern Cameroon, the reservoirs of groups O and P remain unknown. Here, we screened fecal samples from western lowland (n = 2,611), eastern lowland (n = 103), and mountain (n = 218) gorillas for gorilla SIV (SIVgor) antibodies and nucleic acids. Despite testing wild troops throughout southern Cameroon (n = 14), northern Gabon (n = 16), the Democratic Republic of Congo (n = 2), and Uganda (n = 1), SIVgor was identified at only four sites in southern Cameroon, with prevalences ranging from 0.8–22%. Amplification of partial and full-length SIVgor sequences revealed extensive genetic diversity, but all SIVgor strains were derived from a single lineage within the chimpanzee SIV (SIVcpz) radiation. Two fully sequenced gorilla viruses from southwestern Cameroon were very closely related to, and likely represent the source population of, HIV-1 group P. Most of the genome of a third SIVgor strain, from central Cameroon, was very closely related to HIV-1 group O, again pointing to gorillas as the immediate source. Functional analyses identified the cytidine deaminase APOBEC3G as a barrier for chimpanzee-to-gorilla, but not gorilla-to-human, virus transmission. These data indicate that HIV-1 group O, which spreads epidemically in west central Africa and is estimated to
have infected around 100,000 people, originated by cross-species transmission from western lowland gorillas.
Titre de l'article
Origin of the HIV-1 group O epidemic in western lowland gorillas
Origin of the HIV-1 group O epidemic in western lowland gorillas
Introduction à l'article
Les différentes souches du virus HIV-1 peuvent être divisées en quatre groupes principaux : M, N, O et P. Bien que l'origine des groupes M et N ait déjà été identifiée (franchissement de la barrière inter-espèce de SIVcpz depuis différentes communautés de Chimpanzés du sud du Cameroun vers l'Homme), l'origine des groupes O et P reste encore mal connue. Différentes publications indiquent comme origine possible une transmission de SIVgor depuis le Gorille à l'Homme mais les événements de transmission et leur localisation n'ont jamais été précisément déterminés. Les auteurs s'intéressent donc ici à l'épidémiologie de SIVgor en étudiant sa répartition parmi trois des 4 sous-espèces de gorilles (le Gorille des plaines de l'est, le Gorille des plaines de l'ouest et le Gorille des montagnes), au Cameroun et au Gabon. Par ailleurs, les auteurs s'intéressent au rôle d'un facteur de restriction, APOBEC3G, dans la transmission de SIV entre Chimpanzé et Gorille.
Les différentes souches du virus HIV-1 peuvent être divisées en quatre groupes principaux : M, N, O et P. Bien que l'origine des groupes M et N ait déjà été identifiée (franchissement de la barrière inter-espèce de SIVcpz depuis différentes communautés de Chimpanzés du sud du Cameroun vers l'Homme), l'origine des groupes O et P reste encore mal connue. Différentes publications indiquent comme origine possible une transmission de SIVgor depuis le Gorille à l'Homme mais les événements de transmission et leur localisation n'ont jamais été précisément déterminés. Les auteurs s'intéressent donc ici à l'épidémiologie de SIVgor en étudiant sa répartition parmi trois des 4 sous-espèces de gorilles (le Gorille des plaines de l'est, le Gorille des plaines de l'ouest et le Gorille des montagnes), au Cameroun et au Gabon. Par ailleurs, les auteurs s'intéressent au rôle d'un facteur de restriction, APOBEC3G, dans la transmission de SIV entre Chimpanzé et Gorille.
Expériences de l'article
Les auteurs ont réalisé plusieurs prélèvements de matières fécales de plusieurs populations de gorilles au Cameroun et au Gabon, puis les ont testé pour la présence de SIVgor, afin d'étudier sa prévalence dans les populations et la distribution des individus séropositifs.
Ils ont ensuite séquencé les gènes viraux isolés et ont replacé les différentes séquences de SIVgor dans une phylogénie en relation avec des séquences déjà connues de SIVcpz et des différents groupes de HIV-1.
Par ailleurs, afin d'étudier la transmission de SIVcpz du Chimpanzé vers le Gorille, les auteurs ont étudié in vitro la dégradation du facteur de restriction APOBEC3G par la protéine virale Vif de SIVcpz (ou de SIVgor). En effet la dégradation de ce facteur de restriction par la protéine Vif de SIV est nécessaire à la permissivité des cellules de l'hôte à l'infection par SIV.
Les auteurs ont réalisé plusieurs prélèvements de matières fécales de plusieurs populations de gorilles au Cameroun et au Gabon, puis les ont testé pour la présence de SIVgor, afin d'étudier sa prévalence dans les populations et la distribution des individus séropositifs.
Ils ont ensuite séquencé les gènes viraux isolés et ont replacé les différentes séquences de SIVgor dans une phylogénie en relation avec des séquences déjà connues de SIVcpz et des différents groupes de HIV-1.
Par ailleurs, afin d'étudier la transmission de SIVcpz du Chimpanzé vers le Gorille, les auteurs ont étudié in vitro la dégradation du facteur de restriction APOBEC3G par la protéine virale Vif de SIVcpz (ou de SIVgor). En effet la dégradation de ce facteur de restriction par la protéine Vif de SIV est nécessaire à la permissivité des cellules de l'hôte à l'infection par SIV.
Résultats de l'article
Rigueur de l'article
La zone où SIVgor est détecté dans cette étude est très étroite et se restreint à quelques communautés de gorilles. Cependant, depuis plusieurs décennies, la population de gorilles est en déclin (chasse, perte d’habitat, épidémies d’Ebola, pathogénicité possible de SIVgor chez le Gorille) On pourrait donc envisager que SIVgor était auparavant présent dans une zone géographique beaucoup plus étendue (dans les mêmes communautés ou dans d’autres communautés de gorilles qui se sont éteintes). Une transmission inter-espèce vers l’homme a donc pu avoir lieu en dehors de la zone actuelle de répartition de SIVgor.
La zone où SIVgor est détecté dans cette étude est très étroite et se restreint à quelques communautés de gorilles. Cependant, depuis plusieurs décennies, la population de gorilles est en déclin (chasse, perte d’habitat, épidémies d’Ebola, pathogénicité possible de SIVgor chez le Gorille) On pourrait donc envisager que SIVgor était auparavant présent dans une zone géographique beaucoup plus étendue (dans les mêmes communautés ou dans d’autres communautés de gorilles qui se sont éteintes). Une transmission inter-espèce vers l’homme a donc pu avoir lieu en dehors de la zone actuelle de répartition de SIVgor.
Ce que cet article apporte au débat
L'article apporte des données précises sur la localisation du ou des événements de transmission de SIVgor du Gorille vers l'Homme à l'origine de l'apparition des groupes P et O de HIV-1. Ces données peuvent désormais être confrontées aux différentes hypothèses de transmission de SIV (SIVgor ici) du singe (ici Gorille) vers l'Homme : transmission "naturelle" par contact entre Homme et Gorille (chasse...), transmission suite à des campagnes de vaccination, transmission dans le cadre d'expériences de transmission de plasmodiums simiens à l'Homme etc.
L'article apporte des données précises sur la localisation du ou des événements de transmission de SIVgor du Gorille vers l'Homme à l'origine de l'apparition des groupes P et O de HIV-1. Ces données peuvent désormais être confrontées aux différentes hypothèses de transmission de SIV (SIVgor ici) du singe (ici Gorille) vers l'Homme : transmission "naturelle" par contact entre Homme et Gorille (chasse...), transmission suite à des campagnes de vaccination, transmission dans le cadre d'expériences de transmission de plasmodiums simiens à l'Homme etc.
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