The latest in a series of transformative studies of DNA from prehistoric Europeans focuses on mitochondrial DNA, bringing fresh surprises and filling in important details of the early stages of a European ancestry stretching back more than 40,000 years.
Titre de la review
Paléogénomique : mitogénomes et migrations dans le passé de l'Europe
Paléogénomique : mitogénomes et migrations dans le passé de l'Europe
Résumé de la review
Les auteurs nous proposent un commentaire de la dernière étude de Posth et collaborateurs sur l’ADN mitochondrial des Européens préhistoriques.
Les nouvelles découvertes sont replacées dans le contexte par le rappel des grandes questions posées dans cette controverse. De nombreuses autres études sont intégrées à cette analyse, proposant au lecteur une revue des connaissances actuelles sur un large cadre temporel : de la sortie d’Afrique des premiers hommes modernes jusqu’à la transition vers l’agriculture il y a 8000 ans.
Les résultats de l’étude de Posth montrent la présence d’une nouvelle branche de l’haplotype M (noté ici M0) chez 3 individus au Paléolithique supérieur d’Europe.
Deux hypothèses pour M et N :
1. M et N apparaissent et se dispersent ensemble (Mellars et al., 2013)
2. M apparait plus tard et n’est pas présent lors de la première dispersion
(basée sur une estimation d’âge pour N et R qui seraient plus vieux que M et sur le fait que N et R sont distribués globalement hors d’Afrique alors que M est presque absent d’Europe (Richards et al., 2000)).
Posth et ses collègues montrent que M et N ont le même âge (environ 50 000 ans) par la découverte de M0 en Europe. Ce qui sous-entend une dispersion à la fois dans l'Eurasie de l'Ouest et de l'Est au même moment, après environ 55 mille ans (1).
Cette découverte s’accorde avec la distribution d’une autre branche de M, M1 uniquement présente en Afrique du Nord et de l’Est (Olivieri et al., 2006) dont l’ancêtre eurasiatique pourrait être M0 (35-27 milles ans).
M1 et M0 sont les seuls représentants de M dans leur contexte géographique, on en retrouve beaucoup plus en Inde (Mellars et al., 2013). Cela suggère, en plus de l’hypothèse 1, une dispersion de M0 d'Asie occidentale, en parallèle avec M1 (Figure 1) et, plus tard, une propagation de M0 (avec l'haplogroupe U5) en Europe et M1 (avec l'haplogroupe U6) en Afrique du Nord (Figure 1).
En résumé, les résultats de Posth et de ses collaborateurs apportent un solide soutien au modèle d'une expansion rapide unique hors d'Afrique après environ 60 mille ans.
De plus, les haplogroupes U2 et U8 sont bien représentées longtemps après le dernier maximum glaciaire (19-15 mille ans), mais après 15 milles ans on observe une expansion majeure de U5 à partir de refuges glaciaires sud-européen (Brandt et al., 2014) et U8 et U2 deviennent beaucoup moins fréquents.
Les nouvelles données remettent en question le fait que les populations européennes de chasseurs-cueilleurs étaient génétiquement uniformes avant la propagation de l'agriculture (8000 ans), mais s’accordent avec la supposition que toutes les populations européennes pré-néolithiques (avant 9000) différaient génétiquement des agriculteurs qui se sont ensuite dispersés du sud vers le nord.
Cependant il existe des différences marquées entre les anatoliens néolithiques échantillonnés à ce jour et les premiers Européens (Mathieson et al., 2015) et il existe encore un gap important dans le registre fossile mésolithique de l'ADN pour l'Europe méditerranéenne.
Les auteurs nous proposent un commentaire de la dernière étude de Posth et collaborateurs sur l’ADN mitochondrial des Européens préhistoriques.
Les nouvelles découvertes sont replacées dans le contexte par le rappel des grandes questions posées dans cette controverse. De nombreuses autres études sont intégrées à cette analyse, proposant au lecteur une revue des connaissances actuelles sur un large cadre temporel : de la sortie d’Afrique des premiers hommes modernes jusqu’à la transition vers l’agriculture il y a 8000 ans.
Les résultats de l’étude de Posth montrent la présence d’une nouvelle branche de l’haplotype M (noté ici M0) chez 3 individus au Paléolithique supérieur d’Europe.
Deux hypothèses pour M et N :
1. M et N apparaissent et se dispersent ensemble (Mellars et al., 2013)
2. M apparait plus tard et n’est pas présent lors de la première dispersion
(basée sur une estimation d’âge pour N et R qui seraient plus vieux que M et sur le fait que N et R sont distribués globalement hors d’Afrique alors que M est presque absent d’Europe (Richards et al., 2000)).
Posth et ses collègues montrent que M et N ont le même âge (environ 50 000 ans) par la découverte de M0 en Europe. Ce qui sous-entend une dispersion à la fois dans l'Eurasie de l'Ouest et de l'Est au même moment, après environ 55 mille ans (1).
Cette découverte s’accorde avec la distribution d’une autre branche de M, M1 uniquement présente en Afrique du Nord et de l’Est (Olivieri et al., 2006) dont l’ancêtre eurasiatique pourrait être M0 (35-27 milles ans).
M1 et M0 sont les seuls représentants de M dans leur contexte géographique, on en retrouve beaucoup plus en Inde (Mellars et al., 2013). Cela suggère, en plus de l’hypothèse 1, une dispersion de M0 d'Asie occidentale, en parallèle avec M1 (Figure 1) et, plus tard, une propagation de M0 (avec l'haplogroupe U5) en Europe et M1 (avec l'haplogroupe U6) en Afrique du Nord (Figure 1).
En résumé, les résultats de Posth et de ses collaborateurs apportent un solide soutien au modèle d'une expansion rapide unique hors d'Afrique après environ 60 mille ans.
De plus, les haplogroupes U2 et U8 sont bien représentées longtemps après le dernier maximum glaciaire (19-15 mille ans), mais après 15 milles ans on observe une expansion majeure de U5 à partir de refuges glaciaires sud-européen (Brandt et al., 2014) et U8 et U2 deviennent beaucoup moins fréquents.
Les nouvelles données remettent en question le fait que les populations européennes de chasseurs-cueilleurs étaient génétiquement uniformes avant la propagation de l'agriculture (8000 ans), mais s’accordent avec la supposition que toutes les populations européennes pré-néolithiques (avant 9000) différaient génétiquement des agriculteurs qui se sont ensuite dispersés du sud vers le nord.
Cependant il existe des différences marquées entre les anatoliens néolithiques échantillonnés à ce jour et les premiers Européens (Mathieson et al., 2015) et il existe encore un gap important dans le registre fossile mésolithique de l'ADN pour l'Europe méditerranéenne.
Ce que cette review apporte au débat
Cette review permet une compréhension plus globale des évènements de dispersions et des mouvements de populations sur un cadre temporelle plus large.
De plus, elle semble soutenir les résultats de l'étude de Posth et collaborateur sur une dispersion unique d'Homo sapiens hors d'Afrique, tout en intégrant de nombreuses autres études dont les résultats semblent cohérents avec cette hypothèse.
Cette review permet une compréhension plus globale des évènements de dispersions et des mouvements de populations sur un cadre temporelle plus large.
De plus, elle semble soutenir les résultats de l'étude de Posth et collaborateur sur une dispersion unique d'Homo sapiens hors d'Afrique, tout en intégrant de nombreuses autres études dont les résultats semblent cohérents avec cette hypothèse.
Remarques sur la review
Il semble que les études sur les mitogénomes modernes suggèrent en fait une image plus complexe, avec des dispersions mésolithiques tardi-glaciaire du Proche-Orient en Europe avant de nouvelles vagues de migration avec le début de l'agriculture (Olivieri et al., 2013) .
Il semble que les études sur les mitogénomes modernes suggèrent en fait une image plus complexe, avec des dispersions mésolithiques tardi-glaciaire du Proche-Orient en Europe avant de nouvelles vagues de migration avec le début de l'agriculture (Olivieri et al., 2013) .
Figure
Sortie hors d’Afrique et événements subséquents du point de vue de l'ADN mitochondrial :
Le scénario illustré résume les preuves de mitogénomes modernes et anciens actuellement disponibles, reliant la nouvelle détection de M0 en Europe (Posth et al., 2016) avec des résultats antérieurs. Il montre une dispersion de l'Afrique de l'haplogroupe L3 de l'ADNmt africain, suivie par l'émergence des principaux haplogroupes M et N hors d'Afrique (et des descendants de N, R et U). De là, d'autres dispersions sont montrées : vers l'est en Asie du Sud et vers le nord-ouest dans le Croissant fertile, en Europe et en Afrique du Nord (Richards et al., 2016).
Sortie hors d’Afrique et événements subséquents du point de vue de l'ADN mitochondrial :
Le scénario illustré résume les preuves de mitogénomes modernes et anciens actuellement disponibles, reliant la nouvelle détection de M0 en Europe (Posth et al., 2016) avec des résultats antérieurs. Il montre une dispersion de l'Afrique de l'haplogroupe L3 de l'ADNmt africain, suivie par l'émergence des principaux haplogroupes M et N hors d'Afrique (et des descendants de N, R et U). De là, d'autres dispersions sont montrées : vers l'est en Asie du Sud et vers le nord-ouest dans le Croissant fertile, en Europe et en Afrique du Nord (Richards et al., 2016).
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